7. •■ ms ^ ^^ »'im^ t.^: ^^^. ^î^- ï--^^ 4i «^' ê^m %., %■ t^ ^Mtf::' '-;*^KB»». ^i^> -^y- jj, . » ..,-, ^- 7 22. (, m®i>j]¥}=j£ D©Ï1M0Î)« rupiD ^ ^©^s^^llJJ. ¥• M^ hn^Wi^im mf. ^ iW^ Pi^'-^' #W^ %^-^ ''mtÊi 'm^ :V.-^*;i^5^' D'ACTINOLOGIE ou DE ZOOPHYTHOLOGIE. STR.ASEOURG, tle rimprimerie de F. G. Levratjlt. MANUEL D ACTINOLOGIE ou DE s<î)(©a>iii¥^©a>©©ai2 CONTENANT 1.® Une histoire ahre'ge'e de celte partie de la zoologie, avec des considéra- lions générales sur l'anatomie, la physiologie, les moeurs, les habi- tudes et les usages des Actinozoaires; a.° Un système général d'Actinologie, tiré à la fois des animaux et de leurs parties solides ou polypiers; 3.*' Un catalogue des principaux auteurs qui ont écrit sur ce sujet. AVEC UN ATLAS DE lOO PLANCHES REPRESENTANT UNE ESPECE DE CHAQUE GENRE ET SOUS-GENRE. E A R H. M. D. DE BLAIi\ VILLE, 5IEMBRE EE t/aCAI)É!M1E DES SCIENCES DE l'iKSTITUT , DE LA. SGClÉxÉ ROYALE DE LONDRES 5 PROf ESSEUR-ADMIKISTRATEUR DU MUSEUM d'hISTOIRE NATURELLE , ETC. PARIS, Chez F. G. LEYRAULT, rue de la Harpe, n.» 8i ; STRASBOURG, même maison, rue des Juifs, n." 53. 1834. ^3^ ^' ^''''^' AVERTISSEMENT. J-j'ouvRAGE que je publie en ce moment n'est presque qu'un nouveau tirage du grand article sur les zoophyles que j'ai inséré dans l'avant-dernier volume du Diction- naire des sciences naturelles, et dans lequel j'avais eu principalement pour but de combler les lacunes néces- sairement existantes dans un ouvrage d'une aussi longue haleine, et commencé par un autre que par moi, en même temps que je me proposais de rectifier les prin- cipales erreurs qui m'étaient échappées. Pour y parvenir plus sûrement, j'avais, dans l'automne de 1829, visité la collection de Laraourdux, faisant actuellement partie de celle qu'a formée la ville de Caen; la collection de Leyde, si riche et dans un si bel état de conservation, et enfin celle de l'université de Bonn, renfermant les ob- jets qui oui servi de modèles pour les belles figures du grand ouvrage de M. le professeur Goldfuss. J'avais tout préparé pour que ce nouveau tirage parût beaucoup plus iôt^ ce qui sans doute aurait eu lieu, si les circonstances politiques n'étaient venues porter une commotion si ter- rible au calme dont les hommes voués à l'élude paisible des sciences ont un si grand besoin, ainsi qu'aux entre- prises du commerce, et surtout à celles de la librairie. Ce retard forcé n'aura cependant peut-être pas été sans quelque avantage pour mon ouvrage, parce que depuis sa première apparidon j'ai pu y faire plusieurs chan- gemensj plusieurs perfectionnemens; les uns tirés de mes propres observations, ayant eu depuis lors à mon entière disposition la riche colleclion du Muséum 5 ainsi que celle de M. de Lamarck, généreusement échangée par M. le Duc de Rivoli avec cet établissement; les autres fournis par M. EschschoKz, dans son très-excel- lent travail sur les Acalèplies, et par M. Goldfuss, dans une nouvelle livraison de son grand et bel ouvrage sur les fossiles de la collection de l'université de Bonn. Le plan que j'ai suivi est assez bien le même que j'avais adopté pour mon Manuel de Malacologie et d'Heiminthologie. J'ai commencé par exposer dans au- tant de chapitres distincts les généralités sur l'organisa- tion, la physiologie, l'histoire naturelle de tous les animaux confondus jusqu'ici sous la dénomination de Zoophytes, quoique, dans ma manière de voir, un assez grand nombre doivent être retranchés du type des Actinozoaires pour passer dans une autre division de la série animale. Cette première section est suivie par une exposition générale et méthodique des caractères des classes, ordres, familles, genres et soiis-genres, qui ont été successive- ment établis, ou que j'ai moi-même proposés parmi les véritables Actinozoaires, mais de plus que dans mon Manuel de Malacologie je cite la plus grande partie des espèces que les auteurs ont fait connaître jusqu'ici dans chaque genre, en y joignant la figure de celles qui lui servent de type, les unes originales, les autres repro- duites, ce dont j'ai eu soin d'avertir. Préalablement à ce Gênera des véritables Actino- zoaires, j'ai exécuté la même chose pour les animaux qui, suivant moi, ont été réunis à tort par d'autres zoo- logistes dans le dernier type du règne animal; mais j'ai commencé par les mettre hors de rang, après quoi j'en ai traité en en formant plusieurs familles distinctes, dont la place définitive ne pourra avoir lieu que dans le Système général de zoologie auquel je travaille de- puis long-temps. Enfin, j'ai terminé par un catalogue alphabétique des auteurs qui se sont plus spécialement occupés des ani- maux de ce type sous les difFérens rapports d'anafomie, de physiologie, d'histoire naturelle et de classification ou de distribution systématique. Ce catalogue formera nécessairement le développement des citations que j'au- rai rapportées en abrégé dans le corps de l'ouvrage. J'ai l'espoir que ce Manuel pourra être de quelque utilité non-seulement aux élèves qui suivent mon cours au Jardin des plantes, mais encore aux personnes qui font des collections, surtout dans un but d'appli- cation à la géologie. En effet, jusqu'ici le défaut d'ou- vrage systématique suffisamment étendu, et accompa- gné de figures des animaux et de leurs parties solides, a souvent empêché les amateurs de s'occuper d'une manière un peu suivie de cette partie de la palaeonto- logie. Quoique ma méthode de classification repose essentiellement, comme cela devait être, sur la consi- dération des animaux tout entiers, et non pas seulement sur leurs parties plus ou moins solides, qu'on désigne communément sous le nom à^ polypiers ; malgré que la caractéristique des genres soit, autant que je l'ai pu, prise des parties molles aussi bien que des parties so- lides, j'espère cependant que ce Manuel pourra servir aux géologues, aussi bien qu'aux zoologistes, par la manière dont j'ai exposé les caractères des polypiers ou des parties solides de cl:|aque division générique. Je dois ajouter que pour arriver plus sûrement au but que je me suis proposé, de continuer pour cette TllJ partie de la zoologie l'impulsion que M. de Lamarck avait commencé à lui donner avec tant de succès; j'ai déterminé l'éditeur à ajouter trente nouvelles planches à celles qui font partie de l'Atlas du Dictionnaire des sciences naturelles, afin que tous les sous-genres même soient représentés, comme cela a eu lieu pour le Manuel de Malacologie. Paris, le i/' Juin 1834. A^is important. L'impression de cet ouvrage, ayant été interrompue et reprise a plusieurs fois depuis l'année i83o, où elle a été commencée, jusqu'aujourd'hui i834, il en est résulté presque inévitablement plusieurs fautes assez graves, surtout dans la citation des figures. Nous prions donc le lecteur de les corriger préalablement en ayant recours à l'errata, M^uiiiEa. ®^A(S^aM©iL(©©aig ou DE ZOOPfSYTOLOGÏE. PREMIÈRE SECTION. CONSIDÉRATIONS GÊl\ÉRAl.ESt CHAPITRE PREMIER. Synonymie, JLje type d'animaux que nous désignons par la dénomination composée d^Actinozoaires, qui signifie des animaux radiaires ou rayonnes, c'est-à-dire dont les parties extérieures au moins sont disposées en forme de rayons divergens d'un centre, n'a été circonscrit d'une manière un peu certaine que dans ces derniers temps, en sorte qu'il n'a pu être désigné par une appellation commune et rationnelle que par les zoologistes les plus récens. Les auteurs anciens, qui ne connoissoient ,il est vrai, qu'un petit nombre d'actinozoaires, n'avoient pas de dénomination générale pour les désigner, autre que la périphrase d'aM/mauj; qui ont quelque chose des végétaux. Bien plus, le nom même de Zoophyton ou de zoophytes, qui contracte si bien cette péri- phrase, ne se trouve ni dans Aristote ni même dans Pline, quoique le premier eût fait la distinction de quelques ani- maux dont les caractères étoient pour ainsi dire intermé- diaires aux végétaux et aux animaux. Élien, Oppien et tous les auteurs qui ont écrit sur l'histoire naturelle chez les anciens depuis Pline, n'ont pas eu non plus de dénomination générale pour les animaux rayonnes, dont le nombre connu n'étoit sans doute guère augmenté à l'époque à laquelle ils écrivoient. Le nom de Zoopliytes nous semble avoir été introduit par Sextus Empiricus et par Isidore de Séville dans le sixième siècle; mais il est certain qu'il fut adopté par tous les zoolo- 1 2 gistes de la renaissance des lettres , comme on le voit dan» Gesner et dans Aldrovande ; quoique la circonscription des animaux qu'il devoit comprendre fût encore très-peu étendue et fort incomplète. Les précurseurs de Linnseus, et Linnreus lui-même, em- ployèrent ce nom de Zoophytes; mais, ou bien ils ne l'appli- quèrent qu'à une petite partie des animaux qui doivent cons- tituer ce type , ou , au contraire, ils retendirent ii beaucoup d'autres qui ne lui appartenoient pas. Ainsi Linné, dans la première édition du Systema naturœ . emploie ce mot pour dé- signer les Holothuries, les Oursins, les Astéries, les Méduses, les Actinies, et même les Pennatults ; mais il l'étend à tort à tous les animaux dont il a fait depuis ses Vermes mollusca, et il en retire au contraire tous les autres zoophytes solides, sous la dénomination de Lithophjta , pour les ranger dans le règne végétal. Les mêmes dénominations furent employées plus lard par Linné, mais moins heureusement appliquées, quoique les Lithophytes fussent rapportés dans le règne animal. En elTet, ses y. lUhophjta, et même une partie de ses V. mollusca, auroient dû être réunis à ses V. zoophj'ta, pour constituer notre type des Actinozoaires. Pallas , dans son célèbre traité des Zoophytes, publié sous le titre d''Eienclius zoophjtorum , n'appliquoit cependant ce nom qu'à une partie des animaux que l'on a réunis depuis sous ce nom; mais en même temps il proposoit celui de Centrinœ , pour en grouper une autre partie, sous la considération nou- velle de la disposition radiaire de leurs parties. M. de Lamarck nous paroît être le premier zoologiste qui ait adopté cette manière de voir; aussi donna-t-il le nom de lladiaires à une grande partie des animaux du type qui nous occupe; mais il rejeta entièrement la dénomination de Zoo- phytes, à laquelle il substitua d'abord celle de Polypes et même celle d'A. RAYONNES , introduite par M. Cuvier, ayant déjà plus d'égard à la forme de l'animal qu'à des rapports prétendus avec les végétaux, et plus tard celle d'A. apathiques , d'après des considérations presque psychologiques. M. Cuvier fit d'abord exactement le contraire de M. de La- marck , c'est-à-dire , qu'il étendit la dénomination de Zoophy tei 3 aux Centrinœâe Pallas, ou Radiaires de M. de Lamarck et à fous les Zoopliytes du premier; mais il y plaça, comme nous aUons le voir dans l'histoire de TActinologie , des animaux qui s'en éloignent sous le double rapport de n'avoir rien de végétyl ni rien de rayonné : c'est ce qu'a imité M. Duméril dans sa Zoologie analytique , comme MM. Schweiger et Gold- fuss ont suivi M. de Lamarck, en rejetant le nom de Zoo- pliytes, même comme appellation de classe ou d'ordre; celle de Radiaires a été limitée par eux aux Holothuries, Oursins, Astéries et Actinies. Ils ont en outre créé les noms de Proto- zoaires, de Phytozoaires et de Lithozoaires, pour les princi- pales divisions des Polypiers de M. de Lamarck. Cependant M. Cuvier ayant dans son dernier système com- pris tous les Zoophytes sous la dénomination secondaire d'Ani- maux rayonnes . nousVaxons adoptée ; mais comme nous l'avons considérée comme principale, nous en avons formé le nom d'Actinozoa, Actinozoaires , composé de deux mots grecs, qui signifient Pun Actinos , rayon, et l'autre Zoon, animal; ce qui veut dire, en effet, que les animaux de ce type ont leurs parties disposées en rayons. Cette dénomination , déduite d'une considération impor- tante, introduite par Pallas, nous paroît devoir être préférée à toute autre, d'abord dans notre système de classification et de nomenclature zoologiques, parce qu'elle est tirée d'un carac- tère extérieur, traduisant Pensemble de l'organisation, et en- suite parce qu'elle ne peut pas induire l'esprit en erreur, en faisant supposer qu'une holothurie ou un oursin ont réelle- ment dans leur nature quelque chose qui les rapproche des végétaux, quoiqu'ils jouissent des facultés essentiellement ani- males de la locomotilité et de la sensibilité. Cette dénomination d' Actinozoaires une fois admise pour désigner le dernier type de la série animale , il en résulte celle d'AcTiNOLOGiE pour la science qui s'en occupe; celle d'AcTi- NOLOGisTEs, pour Ics zoologistcs qui s'cu font une étude spéciale. C'est d'après cette considération que nous avons dû intituler cet ouvrage : Manuel d'actinologie, en sous-entendant le mot de Zoon^ comme nos prédécesseurs l'ont fait pour les noms d'Entomologie et de Mammalogie^ d'Entomologistes et de Mam" malosisles. 4 CHAPITRE SECOND. Définition, La définition donnée par les anciens du type des Aclino- zoaires, étoit appuyée sur la connoissance d'un trop petit nombre de ces animaux pour qu'elle pût avoir quelque im- portance, et, en effet, elle étoit comprise dans la périphrase d'animaux ayant quelque chose des végétaux, sous laquelle il les indiquoient et les réunissoient. Lorsque le nom de Zoophjtes fut substitué à cette péri- phrase, il n'en résulta rien de plus pour leur définition , dont on ne pouvoit, au reste, guère sentir l'importance. 11 n'en fut plus de même quand l'observation eut fait con- lîoitre un plus grand nombre de ces animaux, quoiqu'on ne les réunit pas d'abord sous la même dénomination. Aussi Lin- naeus définit : Ses ZooPHYTA, Vernies corpcris muscuîi ah una parte hasi cui- dam ajfixi, artuhus donata ; Ses LiTHOPHYTA, Vegetaîia , flores ahsconditi ; définitions qu'il changea successivement, comme cela de- voit être , à mesure qu'il connoissoit ou réunissoit de nouveaux genres dans chacune de ces grandes divisions, et qui se ré- duisirent dans la dernière édition du Sjstema naturœ à celle-ci : Animalia composiLa , vegetalium more ejjlorescentia , qu'il avoit prise dans Pailas. Linnaeus réunissoit, du reste, assez convenablement sous cette définition la très-grande partie des animaux actinomor- phes, si ce n'est lesinfusoîrcs, dont il faisoit, avec grande rai- son, un ordre tout-à-fait à part : Vermes infusoria. M. Cuvier, en formant pour la première fois des Actino- zoaires une seule division particulière, les définit anatomi- quement : Animaux sans vertèbres, sans nerfs, sans vaisseaux, sans tnemhres articulés : ce qu'imita M. Duméril; mais depuis son mémoire sur les embranchemens du règne animal, il les a définis d'une manière beaucoup plus convenable : des ani- maux dont les parties sont disposées autour d'un centre, qui n'ont aucun système nerveux distinct ni organe des sens par- lioiîîier, dont Thomogénéilé approche de celle des plantes, qui offrent à peine des vestiges de circulation, dont les or- ganes de la respiration sont presque toujours superficiels, et dont le canal intestinal est sans anus. M. de Lamarck scinda d'abord sa déiinition, puisqu'il ne formoit pas un seul groupe des Actinozoaires. Ses Radiaires étoient définis: corps libre, paroissant n'avoir d'autres or- ganes inférieurs que le canal intestinal, ayant dans le plus grand nombre, une forme radiaire et un anus distinct de la bouche; et ses Polypes : corps mou, le plus souvent fixe; un simple canal intestinal; bouche servant d'anus. Mais par la suite, lorsqu'il fut parvenu à sentir le lien qui devoit réunir ces deux classes en un groupe commun et plus élevé, qu'il désigna par la dénomination d'A. apathiques, il les définit : point déformes symétriques ; point de parties paires , lisériales , ou seulement sur deux côtés opposés; aucun sens parti- culier pour la sensation , ni moelle longitudinale, ni cerveau ; point de véritable squelette; définition qui , quoique autrement ex- primée, rentre presque entièrement dans celle qu'a donnée M. Cuvier dans ses derniers ouvrages. La définition que nous proposons peut être exprimée ainsi : Animaux ayant une forme déterminée et constamment ra- diaire ou rayonnée, c'est-à-dire , avec des parties externes ou internes disposées radiairement autour d'un centre ou d'un axej du reste? extrêmement diversiformes à l'extérieur comme à l'intérieur, mais toujours unisexuels et sans aucun organe sensorial spécial. La forme déterminée de ces animaux , considérés en eux- mêmes et non pas dans la masse commune qu'ils peuvent former par greffe plus ou moins profonde, différencie nette- ment ce type de celui que j'ai nommé Amorihozoaires {Amcj'- phozoa) , et qui comprend les êtres les plus évidemment voisiiis des végétaux parenchymateux, La forme déterminée et rayonnée , c'est-à-dire dan:i laquelle les organes de la locomotion au moins, et souvent d'autres parties, sont disposés autour d'un centre ou d'un axe qui tra- verse le corps, les éloigne de tous les animaux binaires, chez lesquels, au contraire, ces organes sont toujours ran^^és par paires de chaque côté de l'axe du corps. Quant au reste de l'organisation comprenant le système de locomotion générale ou partielle, ceux de la digestion, de la 6 respiration et de la circulation, et même l'appareil de la re- producliun et de l'innervation , les animaux de ce type offrent tant de variations sous ces différens rapports, qu'on ne peut en tirer aucun caractère positif, ni même négatif, qui puisse entrer dans la définition typique. CHAPITRE TROISIEME. De laplace que les Actinozoaires do'went occuper dans la série animale. En réduisant ou en limitant le type des Actinozoaires aux animaux auxquels seuls peut convenir la définition c.iracJé- ristique que nous venons de donner, il ne peut y avoir aucun doute que sa place nedoiveêtreàla fin ou au commencement de la série animale, suivant que l'on adoptera l'ordre d'organi- sation décroissante ou croissante, comme l'indiquoit du reste assez bien le nom de Zoophjtes , qu'on donne aussi à ce type , toutefois en reconnoissant que celui que nous avons désigné parla dénomination d^ Amorphozoaires , doit être encore après ou avant; aussi nous ne connoissons aucun auteur général de zoologie qui ait varié à ce sujet. En effet , sous quelque rapport qu'on les envisage , delocomotilifé, dcsensibilitéet mêmed'ap- pareilde digestion, de respiration , de circulation, de généra- tion, ils sont inférieurs aux Malacozoaires les plus inférieurs. Toutefois, pour que cette manière de voir soit tout-à-fait hors de doute, il faut préalablement retirer, comme nous l'avons fait, de ce type, non-seulement la très-grande partie des microzoairesou prétend usinfusoircs, qui sont évidemment des animaux articulés extérieurement, de classes beaucoup plus élevées, mais même les beroës, les diphydes et plusieurs autres genres, qui nous semblent appartenir au type des Ma- lacozoaires. CHAPITRE QUATRIÈME. De rimportance de l'étude et de la connaissance des Actinozoaires, Quoique cette partie de la zoologie soit évidemment la moins avancée sous tous les rapports d'organisation , de physio- logie, de mœurs, d'habitude et même de classification, ce qui lient sans don le à la dinicullé de se procurer ces ani- maux à l'état vivant, et même de les conservera l'état mort, de les transporter, elle n'en offre pas moins un très-grand intérêt sous plusieurs points de vue. Ce n'est cependant peut-être pas sous le rapport d'une uti- lité immédiate au mieux- être de l'espèce humaine que nous avons un grand intérêt à étudier les Actinozoaires ; en effet ils ne nous sont guère utiles pour notre nourriture ni pour nos arts, quoique l'homme puisse manger et mange en effet quelquefois des Holothuries, des Oursins et même des Actinies, et que la partie pierreuse des Madrépores et des Corallaires est souvent employée pour nos constructions ou pour quelques parties de notre parure. Cependant il est im- portant dans certaines parties de l'Océanie d'empêcher le dé- veloppement des Madrépores et des Coraux qui y sont ré- partis en si grande abondance, en troublant la tranquillité des animaux, qui les produisent. Sous ce rapport l'histoire naturelle des Actinozoaires devient plus intéressante pour l'espèce humaine ; mais c'est surtout dans les hautes questions de philosophie et de physiologie que son intérêt s'agrandit par les élémens nombreux qu'elle fournit dans la résolution de certains problèmes sur la production des êtres , sur la sen- sibilité, sur les facultés intellectuelles, et par suite sur la nature des animaux en géiiéral, comparée à celle des végétaux, sur celle de l'homme. Sans la connoissance un peu approfondie des Actinozoaires, il est impossible aux physiologistes de comprendre cette grande idée de l'échelle des êtres organisés , de cette dégradation dans l'organisation et dans ses actes, depuis l'espèce humaine, qui conçoit l'ensemble des êtres et des phénomènes, jusqu'à l'éponge, dont la sensibilité a paru à quelques philosophes être inférieure à celle de certaines plantes, telles que la sensitive et la dionée gobe-mouche. Le mystère de la génération a pu être entrevu d'après Irs curieuses expériences de rédintégration faites par Trembley sur les hydres, et par Dicquemare sur les actinies, et par l'observation de la singulière gemmation des premières. La théorie des sensations a pu être étendue par l'observa- tion de l'action si vive delà lumière sur tous les actinozoaires, et surtout sur les hydres et les actinies. 8 La thëorie delà digestion, c'est-à-dire de l'action de la surface de restomac sur les matières alimentaires, a été con- sidérablement éclaircie par la curieuse expérience de Trem- bley sur le retournement du corps de rh)^dre verte. Mais un point de vue sous lequel l'actinologie olTre un très- grand intérêt; est celui de son application à la géologie. Comme les Malacozoaires, un grand nombre d'Actinozoaires contien- nent dans leur organisation une très-grande quantité de ma- tière calcaire. Ces animaux, dans la succession des temps, ont donc pu laisser dans le sein de la terre, dans les cou- ches qui en constituent l'écorce , une grande quantité de débris qui ont, par leur nature, résisté à Taction des siècles, à la pression des masses superposées, à la réaction moléculaire de Télément inorganique qui les constitue ; aussi les oryctolo- gues, et surtout lesgéologistes, sont-ils extrêmement intéressés à étudier Ivs formes diverses sous lesquelles les actinozoaires disposent encore aujourd'hui le calcaire qui constitue des couches souvent fort puissantes. La rlépore, Ombellulaire, Cristatelle et Encrine, dont un très-petit nombre sont réellement nouveaux. Les deux derniers ordres, savoir- les Polypes rotifères et amorphes, renferment les infusoires de Muller, dont M. de Lamarck n'adopte cependant pas tous les genres. D'après cette analyse du Système de zoophytologie de M. de Lr.marck, on voit qu'adoptant à peu près la disposition systématique de Pallas, améliorée par M. Cuvier, il la per- fectionne encore en cela qu'il a nettement séparé les infu- soires, qu'il rejette à la fin du règne animal, et peut-être en établissant un plus grand nombre de coupes génériques dans les genres de Linné et de Pallas; mais on ne peut se cacher qu'il a commencé à en gâter la circonscription, en y introduisant les genres Physale, Thalie et Physsophore, qui ne sont point radiaires et qui, suivant nous, n'appartiennent en effet nullement à ce type. Malgré les importans perfectionnemens apportés à la clas- 36 sificatirn âts zoophytes par les deux zooiogisles dont nous venons d'analyser les systèmes, les naturalistes étrangers et même quelques françois ne crurent pas devoir abandonner le système linnéen, modifié par Bruguière; ainsi Blumenbach, dans les différentes éditions de son excellent Manuel d'his- toire naturelle, ne fit qu'un petit nombre de changemens à la méthode qu'il avoit adoptée dans les premières, et Bosc , dans son Histoire naturelle des Vers, faisant sui(e au Buflon de Déterville, suivit à peu près rigoureusement Bruguière. Il ajouta cependant quelques faits peu iniporfans ou assez mal observés à ce que l'on connoissoit sur quelques-uns des animaux encore rangés aujourd'hui parmi les zoophytes. Pendant le long espace de temps qui sépare la première édition des ouvrages de MM. Cuvier et de Lamarck de la se- conde, les observations particulières sur diiférens groupes de zoophytes vrais ou faux, s'accumulèrent en assez grande quan- tité , et durent fournir des élémens de perfectionnement à la connoissance et à la distribution systématique de ces ani- maux. La plupart n'éfoient pas encore publiées ou bien n'étoient pas parvenues à la connoissance de M. Duméril, lorsqu'en j8o6 il fit paroître sa Zoologie analytique : aussi se borna-t-il presque entièrement à adopter pour la classe des zoophytes la méthode de M. de Lamarck ; comme il en avertit lui-même. Seulement il ne les divise pas d'abord en radiaires et en po- lypes, mais de suite en cinq familles, i) les Échinodermes , 2) les Malacodermes, pour les radiaires mollasses de M. de Lamarck; 5) les Infusoires ou microscopiques, parmi lesquels il place cepcîdant les Hydres, 4) les Liîîiophytes ou Coralli- gènes, ^) les Cératophytes pour tons les polypiers flexibles, cornés ou calcaires, en y confondant les Sertulaires, les Flus- tres avec les Corollines, les Pennalulcs, les Ëi)onges , les Alcyons avec les Gorgones, absolument comme ]M. de La- marck; mais deux points sur lesqi.'CÎs M. Duméril diffère de ce dernier, c'est qu'il place à la tête des zoophytes les vers intestinaux en masse, et qu'il passe sous silence les genres de radiaires mollasses anomaux. Trois ans apiès, M. de Lamarck, chargé de professer au Muséum cette partie de la zoologie , fit éprouver quelques 37 changemcns à son système de zoophylologie ; mais ils étoient réellement assez peu importans. Le premier consiste en ce qu'il sépare encore plus nettement et avec juste raison les infusoires des radiaires et des polypes, en en formant une classe distincte, qfi'il partage en deux ordres, toujours d'après l'existence ou l'absence d'organes extérieurs. Il laisse cepen- dant dans sa classe des polypes, sous le nom de Polypes roti- fères, les Brachions et genres voisins, qui sont évidemment des animaux bilatéraux. Son second ordre des polypes, ou celui des polypes à po- lypiers , est partagé en quatre sections, encore d'après la considération de la nature du polypier et sans envisager le moins du monde les animaux. Dans la première, où il peut être membraneux ou flexible, sont les genres Cristatelle , Tubulaire, Sertulaire , Cellaire , Fiuslre, Cellépore et Botrylle , avec un genre nouveau, sous le nom de Plumatelle. Dans la seconde , où le polypier est composé d'un axe corné, revêtu d'un encroûtement, sont, comme dans le Système, les genres Coralline, Alcyon , Antipathe, Gorgone et Éponge, avec un nouveau genre, admis de Donati , celui des Acéta- hulcs, c'est-à-dire des êtres dans lesquels les animaux sont bien distincts et d'autres où certainement il n'y en a pas, et enfin quelques-uns qui n'appartiennent pas même au règne animal. La troisième division, dont le polypier est en partie ou tont-à-fait pierreux ou recouvert d'un encroûtement corlici- forme, ne contient que les genres Isis et Corail. Enfin la quatrième, où le polypier est tout-à-fait pierreux, sans encroûtement, répond à la première division du Système des animaux sans vertèbres; seulement elle contient comme nouveaux, les genres Lunulite, Ovuiite, Turbinolie, Ocel- laire, Da.tylopore et Virgulaire. Le troisième ordre est nouveau et ne comprend que Ips genres Encrine et Pennatule; celui-ci subdivisé en V'érétille, Funiculine et Ombelluiaire. Enfin le quatrième, celui des polypes nus, n'a éprouvé au- cun changement. La classe des radiaires n'en a pas non plus éprouvé de bien 38 considérables; cependant l'ordre des radiaires mollasses con- tient les nouveaux genres établis par Péron et Lesueur sous les noms de Stéphanornie , de Pyrosome etd'Équorée; celui-ci de la division des méduses. C'est dans l'intervalle qui sépare la publication de la Philo- sophie zoologique de celle de l'Extrait du cours de M. de La- marck, que la nombreuse collection d'objets recueillis dans leur voyage aux terres Australes par Péron et Lesueur, dé- termina encore de nouveaux changeniens dans le Système de zoophytologie de notre illustre prédécesseur. Ces naturalistes voyageurs publièrent en effet plusieurs mémoires sur quelques-uns des animaux qui nous occupent, et entre autres le Prodrome d'un grand travail sur les mé- duses, dans lequel ils se proposèrent de décrire et de figurer non-seulement toutes les espèces qu'ils avoient rencontrées pendant leur voyage, mais encore celles qui avoient été ob- servées dans nos mers par eux et par leurs prédécesseurs. Ils en firent une sorte de Synopsis rigoureiisement systématique, ce qui les a conduits à l'établissement d'un grand nombre de coupes génériques, dontla plupart n'ont pas encore été adoptées. Dans ce travail Péron et Lesueur établissent parmi les mé- dusaires, qu'ils ne définissent pas, deux premières coupes générales, suivant qu'elles sont en partie membraneuses ou entièrement gélatineuses. Dans la première sont les Porpites et les Vélelles; dans la seconde, partagée en méduses à côtes ciliées et en méduses sans côtes ciliées, sont les Béroës, qui ne sont très -probablcinent pas des animaux de ce type, et les méduses proprement dites. Celles-ci sont ensuite divisées d'une manière rigoureuse, d'après la considération de Texiitence ou de l'absence de Pes- tomac , du nombre des bouches dans les espèces qui en sont pourvues, et ensuite d'après Pexistence d'un pédoncule cen- tral, et d'appendices ou bras qui peuvent ou non l'accom- pag er; enfin, d'après Pexistence ou l'absence des cirrhes marginaux. Ainsi les méduses agastriques peuvent être sans pédoncules et sans tentacules, ou bien pourvues en même temps ou sé- parément de ces parties, ce qui les partage en Eudore , Bé- rénice, Orythie, Favonie, Lymnorée et Géryonic, 39 Les méduses gastriques à une seule ouverture ou bouche, peuvent être également dépourvues à la fois de pédoncules, de bras et de tentacules, ou manquer d'un seul de ces trois organes, ou les avoir tous : ce qui produit les genres Caryb- dée, Phorcynie, Eulimène, Équorée, Fovéolie, Pégasie, Cal- lirhoë, Mélitée, Évagore , Océanie , Pélagie, Aglaure et Mé- licerte. Enfin, les méduses gastriques polystomes, ou à plusieurs ouvertures buccales, sont également partagées d'après les mêmes considérations en Euryale, Ephyre, Obélie , Ocyroè", Cassiopéc, Aurellie, Céphée , Rhizostomc , Cyanée et Chry- saore. Quelque rigoureuse que soit cette distribution systématique des méduses, elle n'a pu être adoptée : d'abord parce qu'elle n'a été connue que par un Prodrome sans figures, les auteurs n'ayant publié depuis que des Considérations générales sur le genre Equorée, ce qui est fort à regretter, et ensuite parce qu'elle est évidemment tout-à-fait artificielle, et ne repose pas sur des assertions hors de doute. En effet, il me semble que les observations et les figures faites pendant le voyage des auteurs, sont bien loin d'être aussi satisfaisantes que celles qu'ils ont faites depuis sur les méduses vivantes de nos mers. Quoiqu'il en soit, M. de Lamarck trouva dans ces travaux, et surtout dans les richesses zoologiques rapportées par Péron et Lesueur, les matériaux de plusieurs mémoires insérés dans les Annales du Muséum, et qui entrèrent dans le Prodrome de la seconde édition de son Système des animaux sans ver- tèbres , qu'il publia alors sous le titre d'Extrait d'un cours sur ces animaux. Dans cet ouvrage les mêmes principes qui avoient dirigé M. de Lamarck dans ses deux premiers essais, sont encore admis, et la Méthode de distribution systématique des zoo- phytes est à peu près la même. Ainsi les animaux infusoire» de MuUer sont toujours partagés entre la première classe toute entière et le premier ordre de celle des polypes; seu- lement, s'en rapportant entièrement, à ce qu'il paroît, aux figures de Muller , il a cru devoir y établir un assez bon nombre de genres nouveaux. 40 L'ordre des polypes nus ne contient plus les actinies, qui ont été reportées plus haut auprès des holothuries. Celui des polypes à polypiers n"a éprouvé de modifications un peu importantes que dans l'addition de genres tout-à-fait nouveaux, ou démembrés de ceux précédemment connus. Ainsi dans la section des polypiers vaginiformes les sertu- laires ont été partagées en antcnnulaires, plumulaires, séria- laires, campanulaires et cornulaires ; et les cellaires en an- guinaires, dicholomaires et lichénulaires. Celle des polypiers à réseau contient les genres nouveaux Adéone et Frondiculine. Les Polypiers foraminés renferment les genres anciens Ovu- lite, Lunulite, Orbulite, Millépore, Favosite, Tubipore , avec les genres nouveaux Aspéropore, Echinopore et Distichopore. Tous les autres polypiers pierreux constituent la section des Poljpicrs lamellifères, ainsi nommés à cause des Limes qui garnissent les cellules des polypes; elle contient, outre les anciens, les genres nouveaux Styline ou Fasciculaire , Sarcinule, Monticulaire, Porite, Sériatopore et Oculine. Le genre Virgulaire en a été retranché avec raison. La cinquième section , sous le nom de Polypiers corticifères, réunit à peu près les seconde et troisième de la Philosophie zoologiquc, et renferme à la fois, d'une manière fort conve- nable, les genres Corail, Isis , Antipathe, Gorgone, ainsi que les genres nouveaux Cymosaire et Papillaire, qui en sont dé- membrés; mais bien à tort les corailines. La sixième , qui est nouvelle , et que M. de Lamarck désigne par le nom de Polypiers empâtés, contient, outre les genres Alcyon, Eponge, Pinceau, Flabellaire et Botrylie déjà éta- blis, les genres nouveaux Synoïque , Géodie, Téthie et Poly- phore, dont le premier est une Ascidie complexe. L'ordre des polypes floltans n'a éprouvé d'autres change- mens que de s'augmenter du genre Virgulaire , qui paroissoit n'être qu'une Pennatule, mais qui n'est en effet, comme nous nous en sommes assuré, qu'une Gorgone simple. La classe des Kadiaires a aussi éprouvé d'assez nombreuses augmentations, dues principalement aux travaux de Péron et Lesueur. Malheureusement Pordre des Radiaires mollasses, partagé 41 en deux sections, contient dans la première, très-justement nommée des Radiaires irrcguliers , des êtres extrêmement hé- téroclites, c'est-à-dire de véritables Actino/.oaires avec des animaux de toute autre famille, comme, par exemple, les Vélelles, les Pcrpites et les Lucernaires, avec les Béroes, Physale, Physsophore, Siéphanomic, Pyrosomc, Callianyre et Noctiluque. Quant aux Radiaires mollasses réguliers ou Méduses propre- ment dites, ils sont partagés en cinq ou six genres, d'après le Mémoire de Pérou et Lesueur. Les Radiaires échinodermes ont deux divisions génériques de plus dans la section des Stellérides, les genres Comatule et Eurj'ale, et dans les Fisîulides, les x^ctinies y ont été re- portées à tort en même temps que le genre Fislulaire a été établi parmi les Holothuries. Ainsi, dans cette nouvelle modification de son Système de zoophytologic, M. de Lamarck ne fit peut-être qu'augmenter les inconvéniens que nous avons fait ressortir dans la Philoso- phie zoologique; en efïet, M. de Lamarck l'établit encore plus rigoureusement sur la considération artificielle du poly- pier dans son ordre des Polypes, en même temps que, dans ses Radiaires , il voulut introduire les nouveaux genres dont la science avoit fait l'acquisition. En un mot, il ne fut pas assez guidé par l'organisation ni même par la forme des ani- maux , et n'en connut presque que la partie la moins im- portante. Entre l'Extrait du cours et la nouvelle édition des Animaux sans vertèbres , nous voyons encore quelques travaux spéciaux qui dévoient contribuer au perfectionnement de la zoophy- tologic. Je citerai d'abord le mémoire de M. Lesueur sur l'Orga- nisation des Pyrosomes, quoique ces animaux n'appartiennent nullement à ce type; mais parce que c'est le premier ou- vrage en France où l'on fit voir que plusieurs prétendus Al- cyons étoient de véritables malacozoaires agrégés, voisins ôes Ascidies et des Biphores. En eifct , le nîémoire de MM. Le- sueur et Desmarest sur FOrganisation du Butrylle étoile, et, par conséquent, le grand travail de M.Savigny sur ce genre, et sur tout ce qu'il a nommé , suivant nous à tort, des alcyons 42 a double ouverture, ne sont pour ainsi dire qu'une consé- quence du premier travail de M. Lesueur. Au reste, nous avons dit plus haut que dès 1790 Olivi , et depuis lors Re- nieri , avoient parfaitement mis hors de doute que les Bo- trylles et les Distonics de Gaertner sont de véritables Ascidies et non des Alcyons. Nous devons aussi noter un mémoire d'anatomie de M. Me- ckel , sur la Structure des Astéries, ;publié parKonrad, sous forme de dissertation académique. Mais un ouvrage qui a dû avoir une influence immédiate sur les progrès de la zoophytologie , est celui que Lamou- roux a publié sur les Polypiers flexibles. En effet, cet auteur ayant eu aussi à sa disposition nne bonne partie des récoltes faites par Pérou et I.esueur, dut nécessairement augmenter Leaucoup le nombre des espèces connues. C'est aussi sans doute'ce qui l'aura conduit à rétablissement de beaucoup de genres nouveaux , qui correspondent assez souvent à ceux que M. de Lamarck avoit proposés de son côté sous d'autres déno- minations. Je n'ose décider à qui est le tort, car c'en est un véritable que d'avoir ainsi employé deux noms pour le même genre ; il est certain que la première ébauche du travail de La- mouroux fut ;;résentée à l'Académie des sciences dès 1810, et que M. de Lamarck fut un des commissaires chargés de faire un rapport sur le mémoire. Mais je sais aussi que les noms de genres furent pour la plupart changés, lorsque l'extrait en fut imprimé dans le Bulletin de la Société philomatique en ï8i2. Or M. de Lamarck. dans la publication qu'il fit alors de l'Extrait de son cours, où sont indiqués ses nouveaux genres, ne citant pas ceux de Lamouroux , il est probable que les siens étoient élablis avant dans ses leçons. Quoi qu'il eu soit de cette présomption, il n'en reste pas moins une confusion de noms extrêmement nuisible à la science. Forcé de choisir cependant, nous avons pour la plupart du temps adopté les dénominations de i\L de Lamarck, comme plus en harmonie avec notre système de nomenclature. Mais donnons l'analjse du travail de Lamouroux. Cet auteur, ayant établi une première division artificielle comme limite de son ouvrage, les Polypiers flexibles, comme si cela se pouvoit dire du corail, et même de plusieurs gor- 43 gones et isis , a été nécessairement conduit à une distribution également artificielle de ses familles, qui ne sont en réalité que les genres de Pallas ; mais comme elles portent les noms de ces genres, on peut s'y reconnoître assez aisément. L'ordre dans lequel il les a rangées, n'est pas le même dans le corps de l'ouvrage et dans la table synoptique qui le précède; mais comme c'est le dernier qu'il paroît préférer, c'est celui que nous analyserons. Les familles sont distribuées en quatre sections : Polypiers celluliféres, calciféres, corticifères et carnoïdes. Dans la première sont les genres Cellépore , Flustre, Cel- laire, Sertulaire et Tubulaire; mais subdivisés, le troisième^ en Phéruse, Electre, Ekerine, Cabcrée , Canda, Acamarchis, Crisie, Ménipée, Eucratée et Aetée; le quatrième, en Pasy- thée, Amathie, Némertésie, Agîaophénie, Dynamène , Idie, Clytie, Laomédée, Thoa , Salacie et Cymodocée; enfin, à ces genres qui ne sont pour la plupart que des subdivisions de genres déjà connus d'après la disposition des cellules , se joignent, comme se rapprochant, suivant Lamouroux , des Tubulaircs, les genres Tibiane et Nais, qui sont nouveaux et fort siriguliers. La section des Polypiers calcifères contient, outre les genres nouveaux Télesto, Liagore et Néoméris , voisins des tubulaires, les Corallines , partagées en Acétabulaire, Polyphyse , Nésée, Galaxaure, Janie, Cymopolie, Amphiroë, Halimède , Udotée et Mélobésie. Les corticifères contiennent les genres Eponge, Gorgone, Antipathe , Corail et Isis : le premier subdivisé en Éponges proprement dites et en Ephydaties ou Éponges fluviatiles; le second, en Anadyomène, Plexaure , Eunicée et Primnoa-, et le quatrième, en ïsis, Mopsée et Mélitée. Le genre Adéone est entièrement nouveau , mais n'est nullement corticifère. Enfin , les carnoides ne contiennent que les Alcyons , com- posés des deux genres Alcyon et Palythoe. Ainsi Lamouroux, parti d'un point de départ artificiel, sans aucune considération des animaux, a été conduit à des rapprochemens souvent aussi artificiels, comme lorsqu'il a placé les Adéones, qui sont de véritables Eschares, avec les Isis, et les Palythoes, qui sont des Actinies, avec les Alcyons» 44 Avant de passer à l'examen des derniers changemens que les zoologistes François ont introduits dans la distribution sys- tématique des zoophytes, nous avons a parler du premier essai qui ait été fait en Allemagne, d'abandonner le système lin- néen pour la méthode dite naturelle. C'est ta M. Oken que nous le devons. Comme dans toutes les autres parties delà zoologie, Tordre que cet auteur suit dans le corps de son ouvrage, n'est pas le même que celui des tableaux analytiques qui le précédent. Dans le premier les zoophy tes sont répartis dans différentes classes, qui ne se suivent pas. En effet, aprrs criles des Infu- solres, des Coraux ou Polypiers, et des Méduses, vient celle des Vers intestinaux, et après fout le type des Malacozoaires arrivent les Oursins, les Astéries, les Actinies et les Holo- thuries; tandis que dans les lableaux cette confusion n"a plus lieu, et la disposition générale est, à très-peu près, sem- blable à celle de M. de Lamarck , commençant par les Infu- soires, et se terminant par les Échinodermes: mais le nombre des genres a été considérablement augmenté , en mCme temps que par un principe à priori ils sont groupés quatre à quatre. C'est surfout dans les premières divisions, ou dans celles des animaux infusoires par lesquels M. Oken commence le règne animal, qu'il a établi un plus grand nombre de genres, probablement d'après les (igui-es de Muller, comme avoit commencé aie faire M. de Lamarck , et comme l'a fait depuis, d'une manière bien plus étendue encore, M. Bory de Saint- A inccnt; du reste ne s'inquiét.int guère de ce que peuvent être des animaux infusoires, et en effet paroissant lui-même attacher si peu d'importance à ces genres, qu'il ne leur a donné que des noms alleajaud-;. Mais dans ce premier ordre, outre les animaux infusoires, (]\n constituent les trois premières familles, il place encore dans une cinquième les polypes nus de M. de Lamarck, et ses polypes ciliés, comprenant quelques divisions génériques nouvelles. Le second ordre, ou celui des Coraux, contient dans quatre divisions les Madrépores de Linné, avec ses Millépores, ses Eschares et même scsisis: mais partagés, surtout les premiers, 45 en un nombre encore plus considérable de genres que dans la méthode de M. de Lamarck. Le troisième réunit, dans le niénie nombre de familles, les Alcyons et les Eponges, les Sertulaires , Celiaires et Flustres, les Antipalhcs et les Gorgones, divisées en trois genres, et enfin les Penna taies avec les Encrines. La seconde ciasse , divisée toujours en quatre sections , con- tient, dans les deux premières, les Médusaires seulement, partagées comme par Pérou et Lesueur, les Porpites et les Vélelles , malheureusement avec les Lucernaires; dans la troisième, tous les Radiaires mollasses irréguîiers de M. de Lamarck, avec quelques nouvelles divisions génériques, éta- blies sur des espèces connues de Béroes; entin, dans la qua- trièine, également quadrifide, comme toutes les autres, les Actinies partagées enZoanthes, Ruches ( Cereus ) , Métridies et Actinies proprement dites; les Holothuries, les Oursins et les Astéries, tous trois partagés en quatre subdivisions gé- nériques, comme tontes les autres familles du système. Ainsi la distribution systématique des Zoophytes de M. Oken est dominée, comme celle de tout le règne animal, par ridée du type quaternaire , ce (}ui a porté le plus souvent ce naturaliste à l'établissement de ses divisions génériques; mais du reste elledifiere fort peu de celle de M. de Lamarck.: la plupart des rapprochemeus erronnés du zoologiste françois sont adoptés par le naturaliste allemand. Jv^ ne m'arrêterai donc pas plus long-temps à rénumératiun des genres qu'il a établis, parce qu'il me semble évident qu'il y a été conduit plutôt d'après un principe à priori , que par un examen ri- goureux dis choses. Il est cependant vrai qu'un assez grand nouibre de ces coupes génériques, ou bien avoient déjà été établies par MM. de Lamarck et Lamouroux, ou l'ont été de- puis par le premier dans la publication définitive de son Sys- tème des animaux sans vertèbres, qui eut lieu en France presque au moment où l'ouvrage de .M. Oken paroitsoit eu Allemagne. Dans le Système des animaux sans vertèbres { -j." édition), M. de Lamarck divise toujours les zoophytes en trois classes distinctes : les infusoires, les polypes et les radiaires ; ainsi le nom de zoophytes n'est pas mt^me employé par lui. 46 La classe des infusoires ne diffère pas de ce qu'elle étoit dans l'Extrait du cours. Celle des polypes est divisée en cinq ordres au lieu de quatre. Le premier, celui des polypes cillés, n'a subi aucun chan- gement. Le second , celui des polypes nus, contient de plus le genre Zoanthe , qui n'est véritablement qu'une actinie, tandis que ce genre d'animaux se trouve placé tout au commencement de la classe des radiaires. Le troisième s'est accru d'une section de plus, celle des polypes fluviatiles , pour des genres bien mal connus : Dilïlugie, Spongille, Alcyonelle et Cristalelle. La seconde section n'a éprouvé de modifications que dans la suppression des genres Cristatelle et Télesto, et dans l'établissement des genres Tuli- paire, Tibiane et Polyphyza, comme l'avoit fait Lamouroux. La troisième a perdu les frondiculines , et s'est accrue des genres Tubulipore et Discopore , fort peu importans. La qua- trième a perdu avec raison les genres Aspéropore ef Échlno- pore , qui ont passé dans la suivante, et a été augmentée d'un genre nouveau sons le nom de Caténipore. La cinquième sec- tion a reçu l'ancien genre Echinopore et les genres Explanaire et Pocillopore, nouvellement établis; et d'ailleurs les genres ont été distribués tout-à-fait arlificitllement; ainsi nous ne nous arrêterons pas à cette distribution. La sixième section contient encore à tort les corallines, qui ne sont certainement pas animales, et du reste on y trouve les mêmes genres que dans l'Extrait du cours; cependant pour celui que M. de La- marck avoit formé avec quelques gorgones, la dénomination de cyraosaire a été changée en celle de mélife, imaginée par Lamouroux. De la septième section ont été retranchés, avec raison, les genres Synoïque, Botrylle et Poîyphore, qui sont des ascidies agrégées ; mais elle contient toujours les genres Pinceau et Flabcllaire, qui ne sont que des corallines, tandis que celles-ci appartiennent à la section précédente. Le quatrième ordre, que M. de Lamarck nomme des Po- lypes tubifères, est entièrement nouveau, et le résultat des travaux de M.Savigny sur les alcyons de Linné : il comprend tous ceux qui portent des polypes distincts à huit tentacules ciliés, faisant partie d'une masse commune, vivante et fixée. 47 îî est parfaitement circonscrit et contient, avec Yalcyonium digitatum de I.inné, qui sert de type au genre Lobulaire, un assez petit nombre d'espèces constituant les genres Xénie , Anthélic, Ammothée, etc. Enfin, le sixième et dernier ordre, celui des Polypes flot- tans, est le même que dans l'Extrait du cours: mais il contient de plus le genre nouveau Rénille, divisé des Fennaîules : il renferme encore à tort les Encrines. La classe des radiaires est toujours divisée en deux ordres d'après la nature de la peau, les radiaires mollasses et les ra- diaires échinodermes, et le premier en deux sections, sui- vant que les animaux sont irréguliers ou réguliers. Des es- pèces irrégulières, le genre Pyrosome a été retranché pour passer dans les Malacozoaires, et les genres Geste et Rhizo- physe de Lesueur ont été admis. La seconde section ne com- prend toujours que les véritables méduses, avec la plupart des divisions génériques de Péron , autrement circonscrites cependant que dans l'Extrait du cours: mais les porpites et les vélelles sont encore dans la première section , malgré leur régularité parfaite, avec les lucernaires. L'ordre des Radiaires échinodermes est toujours divisé en trois sections : les stellérides , les échinides et les fistulides; les divisions génériques des échinides ont été augmentées des genres Scutelle, Fibulaire et Échinonée ; quant aux listulides , elles contiennent toujours les actinies, mais elles ont perdu les zoanthes , que nous avons vus parmi les polypes nus, en sorte que les actinies, les zoanthes et les lucernaires, qui ap- partiennent réellement au même genre envisagé à la manière de Linné, sont répartis dans des chisses différentes. C'est à cette époque que je fis connoitre, dans le Bulletin de la Société philomatiquc, les résultats auxquels j'étois alors parvenu sur lu classification générale des animaux, et quoi- que je n'eusse pas encore eu l'occasion de disséquer beau- coup d'espèces du type des zoophytes , je crus devoir les di- viser en deux sous-règnes : celui des aclinomorphes ou Actinies rayon^iés et celui des hétéromorphes. Dans le premier, sub- divisé en deux , je plaçois , dans les Actinies douteux , les sang- sues, les entozoaires et les annulaires , parce qu'ils terminoient aussi le type des entomozoaires, et je divisois les A. vrais en 48 ^inq classes ; i ."^ les échinodermaires, contenant les holothu- ries, les oursins et les stelîérides; 2." les arachnodernaires pour les médusaires; 3." les actiniaires pour les actinies; 4.** les polypiaires simples ou flgi'égés , contenant en autant d'or- dres, les Hydres, les Millépores, les Madrépores, les Piété- pores ou Eschares, les Cellépores ou Cellaires ; et enfin, 6.° les zoophytaires ou polypes vraiment composés, pour les tu- bulaires, les pcnnaiules et les corallaires. Dans le dernier sous-règne, je formois deux classes, les spongiaires et les in- iuî>oires , en ne comprenant sous ce nom que les espèces qui n'ont ni forme paire ni forme rayonnée, admettant que sous ce nom Muller a confondu des aiiimaux. de différens degrés d'organisation. Enfin, je piaçois les corallines hors du rang, n'admettant pas que ce soient des animaux. Mon Systèa:e (ie zoophytologie reposoit donc entièrement sur la considération des animaux, et d'une manière très-se- condaire sur celle de ce qu'on a nommé les polypiers. A peine le Système des animaux sans vertèbres étoit-il pu- blié, que parut le Régne animal de M. Cuvier, et dans le der- nier volume, la distribution systématique des animaux qui nous occupent sous la dénomination générale de zoophytes ou d'animaux rayonnes , formant le quatrième embranchement de tout le règne animal, et ayant pour caractère principal d'avoir au moins des traces d'une disposition radiaire. Cette grande division est ensuite partagée en cinq classes; les échinodermes , les intestinaux , les acaièphes, les polypes et les infusoires. La première est partagée en deux ordres, les Echinodermes pédicellés et les Echinodermes sans pieds. Le premier contient les oursins et les astéries divisés couime par M. de Lamarck, et de plus, avec raison, les encrines auprès des comatules; et le second : les Siponcles, les Priapules, les Molpadies et les Miniades, nouveaux genres dont le dernier est certainement établi sur une espèce d'actinie, comme l'a montré M. Lesueur. La seconde classe renferme les vers intestinaux, comme dans le Système de M. Duméril; mais ces animaux, au moins pour la très-grande partie, n'ont certainement rien de rayonné. (Voyez mon Manuel d'Helminthologie. ) 49 La troisième classe, sous le nom d'Acalèphe , tiré d'ArIstofe, est aussi parta^Lt en deux, comme chez les aucieris : !es Aca- lèphes fixes du orties de mer fixées, comprenant les Actinies, les Zoanthes, les Lucernaires, et les Acalèphes lihres pour les méduses, subdivisées encore autrement que par Péron et Le- sueur et uiêine que par ]\I. de Lamarck; les Béroës , les Cal- lianires , les Gestes, les Diphyes, genre nouveau qui n'a ab- solument rien de rayonné, les Porpites et les Vélelles, et en- fin , sous le nom d'Acalèphes hydrostatiques, les Physales, les Physsophores, les Rhizophyses etles Stéphanomies, genres qui n'ont également rien de rayonné, mais qui sont heureu- sement rapprochés. La quatrième classe est subdivisée en deux ordres sous le nom de Polypes. Le premier, ou celui des Polypes nus, est comme dans le système de M. de Lamarck. Le second, ou celui des Polypes à polypiers, est partagé en trois familles; a) celle des P. à tuyaux comprend, avec les tubipores, les tubulaires etles sertulaires; b) celle des P. à cellules pour les cellaires , dont M. Cuvier propose de séparer les C. salicornia , pour former un nouveau genre {Salicornia- ria) , lesFlustres, Cellcpores , Tubulipores, et , avec quelques doutes, les corallines, et tous les genres qui en ont été dé- membrés par MM. de Lamarck et Lamouroux; c) celle des P. corticaux, partagée en quatre tribus : i ." cératophytes, pour les Antipathes et les Gorgones ; 2." lithophytes, pour leslsis, le Gorail, les Madrépores, les Millépores, les Eschares, les Rétépores, les AHéones; 5.° polypiers nageurs, pour les Pen- natules , parmi lesquelles M. Cuvier propose encore deux genres nouveaux : Scirpéaire et Pavonaire; 4.** alcyons, con- tenant les espèces à polypes distincts, lesTéthyes etles Éponges. Enfin, la cinquième et dernière classe des zoophytes dans le Système de M. Guvier, est celle desinfusoires, partages en deux ordres : les Infusoires rotifères et les Infusoires homo- gènes, avec Pindication des genres de MuUer et de M. de Lamarck. Ainsi, dans cette distribution systématique des zoophytes, M . Cuvier n'a pas évité la plupart des rapprochemens erronnés qu'avoit faits M. de Lamarck , et il en a augmenté le nombre, 4 50 en y plaçant les vers in(esi;iiiaux en totalilé, ainsi que les dî- phjes. Sa division des Polypes à polypiers renferme égale- ment des rapprochemcns qui ne sont pas naturels : ainsi les Tubi])ores, dont les animaux ont huit tentacules pinnés, sont avec les Serîidaires; les Anîipathes et les Gorgones, dont les polypes sont fort analogues aux lenrs, eu sont au contraire très-loin, quoique séparés des Isis et du Corail, qui sont au contraire confondus dans la même tribu que les Madrépores. En général, dans cette classification M. Cuvier n'a pas eu beaucoup plus égard aux caractères qu'offrent les animaux que n'en avoit eu M. de Lamarck; aussi nous semble - 1- elle moins naturelle que celle qu'il avoit donnée dans son premier ouvrage. 1819. Pendant que les zoologistes François tâchoient ainsi de perfectionner la distribution systématique des zoophytes, un naturaliste allemand avoit entrepris un voyage sur les bords de la Méditerranée en France, en Italie et en Sicile, où il a malheureusement péri , dans le but d'éclairer plusieurs ques- tions ayant rapport à ces animaux ; je veux parler de Schweig- ger, qui a fait connoître le résultat de ses travaux dans un volume publié en 18 19. Cet ouvrage se borne à traiter, sous le nom de zoophytes, des animaux composantles deux classes des polypes et des infusoires de M. de Lamarck; mais en re- tranchant avec juste raison des êtres faussement regardés comme des zoophytes, d'abord les Botrylles, les Synoiques, qui sont des Ascidies agrégées, comme cela étoit déjà reconnu, et les Encrines, qui sont des comatules pédiculées; ensuite les Corallines et toutt^s les subdivisions qui y ont été établies, ainsi que les genres Cymopolie , Amphithoe, Pinceau, L/do- tée , Liagore, Spongodiuiu , Acetabnlum et Polyphyza, qui sont pour lui des végétaux ou des êtres d'une nature ambi- guë , comme nous Pavions admis quelques années auparavant. Quant aux zoophytes proprement dits, Schweigger les par- tage en deux grandes sections, qu'il nomme monohyles et hé- térohyles, daprès une nouvelle considération , suivant qu'ils sont formés d'une seule substance ou de plusieurs juxta-posées» La première est ensuite partagée en six familles, d'après différentes considérations empruntées à M. de Lamarck : 1.* infusoria; 2.^ inf. lasculosa; 3.° monohjla vibratoria (Polyp. vi- 51 bratiles de Lamarck) ; 4." M. rotatoria (P. rotiféres de La- ma rck) ; 5." M. hyàriformia (P. nus de Lam.); 6.° M. petalo- poda (P. tubifères de Lamarck). Les zoophytes hétérohyles sont subdivisés en dix familles, d'après la considération principale de la nature calcaire ou cornée du polypier, de l'absence ou de l'existence des polypes, et assez peu d'après celle des animaux en eux-mêmes. La première {Lithophjta nullipora) ne contient, en effet, que le genre Nullipore de M. de Lamarck. La seconde (L. porosa) réunit les genres Distichopore , Sé- riatopore, Madrépore, admettant seulement comme sous- genres les Pocillopores et Porites de M. de Lamarck, Millé- pore et Stylopore, nouveau genre établi sur un polypier fos- sile altéré. La troisième (L. lawellosa) correspond assez exactement à la division des polypiers lamellifères de M. de Lamarck, avec quelques modifications dans la circonscription des genres et l'établissement des nouvelles coupes génériques : Lithodendrorij Anthophjlluniy Strombodes et Acervularia, en général assez mal caractérisées. La quatrième [L. Jistulosa) contient les genres Caténipore, Tubipore et Favosile. La cinquième commence la série des cératophytes sous le nom de Ceratophjta spongiosa, et comprend les éponges et les alcyons sans animaux, avec les nouvelles divisions génériques AchiUeum, Manon, Tragos et Scjpliia. La sixième (C. alcyonea) renferme les genres Cristatelle, Alcyonelle et Lobulaire. La septième ( C. tuhulosa) est composée des genres Tubu- laire, Sertulaire et Cellaire de Linné, avec les duisions de MM. Lamouroux, de Lamarck et Cuvier, le plus ordinairement comme simples sous -genres, mais de plus, avec les genres Ovulite et Dactylopore de M. de Lamarck, considérés fort à tort, suivant nous, comme des articulations de cellaires gi- gantesques. La huitième {C. foliacea) est composée des genres Tubu- lipore, Cabérée, Canda, Elzérine , Phéruse, Flustre , Cellé- pore , Alvéolite, Ocellaire, Eschare, Rétépore, Adéone, Lu- nulite et Orbulite, en n'ayant égard qu'à la forme du polypier. 52 La neuvième (C. corticosa) est fort naturelle, et répond en effet aux polypes corticifères de M. de Lamarck; mais la dénomination de cératophytes ne convient guères au corail. La dixième (pennœ marïnœ) est égiilentent fort bonne, et correspond aux Polypes nageurs de W. de Lamarck, les En- crines exceptées, à l'imitation de M. Cuvier. D'après cette analyse du Système de zoopliytologie de vSchweigtier , on voit qu'il n'est véritableuient pas établi sur des principes convenables; ce qui a dû conduire son auteur à faire des rapprochemens souvent peu naturels. 1820. Il n'a pas été plus heureux dans son Manuel d'histoire naturelle des animaux invertébrés inarticulés qui fut publié l'année suivante, et où il a dû traiter de tous les animaux que nous comprenons en ce moment sous le nom de zooph)^^tes. II paroît d'abord qu'il n'adujettoit pas de grandes divisions typiques dans le Règne animal, ou qu'il reconnoissoit seule- ment celles tirées de la considération de l'existence ou de l'absence du squelette; quant aux animaux sans vertèbres, il les partage en classes, dont la première (zoophytes) , la troi- sième (méduses), la quaînème (échinodermes), appartiennent au sujet qui nous occupe en ce moment : entre la première et la troisième il intercale les vers intestinaux, comme dans le système de M. Cuvier, qu'il a à peu près suivi pour le reste. C'est ce qu'a fait également M. Goldfuss dans le Manuel d'histoire naturelle qu'il a publié dajis la même année 1820, avec cette différence, qu'il ne s'est pas borné à placer les vers intestinaux auprès des méduses, entre elles et les échi- nides, mais qu'il y a fait passer tous les animaux articulés dont nous avons composé nos classes des chélopodes et àc& apodes, «n sorte que les animaux inférieurs sont ainsi distri- bués en quatre classes : i."" Protozoa (dénomination substituée à celle de zoophytes). partagée en quatre ordres : a) infusoria; b) phytozoa;c) litlio- zoa; d) medusina , (on tenant les mêmes genres que dans le Système de Schweigger, et disposés à peu près de la même manière, à l'exception que les encrines forment une famille distincte de l'ordre des lithozoa , et que les corallines sont placées de nouveau parmi les animaux dans une famille dis- tincte qu'elles constituent avec les cellaires et les flustres. 53 2." Enthelwintica , ou vers intestinaux, dont nous ne nous occupons pas. 3.° AnnuLaria, corresponrîant à nos deux classes des ché(o- podes et des apodes, et dont nous ne parlerons que pour faire remarquer que M. Goldfuss a placé dans cette division les genres Siponcle, Priapule et Thalassème , ce que nous avons imité en les retirant des échinodermes , parmi lesquels MM. Cuvier et de Lamarck ont persisté à les placer. 4.° Radiaria^ divisée en quatre ordres d'une manière fort convenable, en supposant que les actinies doivent appartenir à cette classe. Ainsi l'on peut dire que M. Goldfuss , malgré un petit nombre d'innovations heureuses, non-seulement n'a pas introduit de nouveaux principes dans la distribution systématique des zoophytes , mais a augmenté la confusion en y plaçant des genres encore plus hétérogènes que ses prédécesseurs, de ma- nière à en rendre la caractéristique presque impossible. Lamouroux, dans le Gênera Polypiariorum , qu'il publia en 1821 pour un nouveau tirage des excll entes planches d'Ellis et Solander, a donné un tableau méthodique des genres, qu'il annonce lui-même être artificiel, et n'être qu'une com- binaison du Système de M. de I-amarck et de celui qu'il avoit suivi dans son histoire naturelle des polypiers flexibles. En effet, sa première distinction porte toujours sur la nature du polypier : a) flexible ou non entièrement pierreux; h) entièrement pierreux et non flexible; c) sarcoïde , plus ou moins irritable et sans axe central. La première division est composée de trois sections: a) les ccUulifères, divisés en cinq ordres : celléporées, flustrées , cellariées, sertulariécs et tubulariées : h) les calcifères, par- tagés en deux ordres: acétabulariées et corallinées; c) les cor- ticifères , formant trois ordres : spongiées, gorgoniées et isidées. La seconde division est partagée en trois sections, sous les mêmes dénominations que dans le Système de M. de Lamarck : a) les foraminés, partagés en eschariés et millépores; b) les lamellifères , en caryophyllaires , méandrinaires, astrées et madréporées; c) les tubulés pour les tubiporées. Enfin , la troisième division contient trois ordres : les al- cyonés, les polyclinés et les actiniaires. 54 Nous ne nous arrêterons pas à faire ressortir combien cette classification est artificielle , puisque l'auteur en prévient lui- inêaie. Nous nous bornerons à dire que Lamouroux a encore considérablement augmenté le nombre des genres, surtout parmi les polypiers pierreux, pour y placer un grand nombre de corps organisés fossiles, trouvés dans le calcaire à poly- piers de Caen , et que malheureusement la plupart de ces genres sont mal caractérisés, ce dont je me suis assuré direc- tement sur les objets mêmes qui ont servi à ses observations. Cet ouvrage n'a donc pas pu contribuer aux progrès réels de la zoophytologie; mais il a eu cependant quelque avantage en oryclologie , en faisant rechercher des corps fossiles jusque- là assez négligés. Le même inconvénient que nous avons signalé dans la mé- thode de M. Goldfuss, peut être reproché à celle de M. La-, treille, qui , adoptant quelque chose de toutes les méthodes, en a fait une qu'on pounoit nommer éclectique. Sa pre- mière division du Règne animal, portant sur la distinction plus ou moins tranchée de la tête ou sur son absence, et formant trois grandes séries : a) les animaux intelligens ou spini-cérébraux vertébrés; b) les animaux instinctifs ou cé- phalidiens; c) les automates ou acéphales, ne doit pas nous occuper en ce moment, puisque c'est dans la dernière divi- sion seulement que se trouvent nos zoophytes. La division des animaux acéphales est subdivisée en deux races, d'après la considération introduite par nous, du canal intestinal, en gastriques et agastriques. Les gastriques se partagent ensuite en trois branches; i ." les Entozoés, qui sont les vers intestinaux; 2.° les Actinozoés ou animaux rayonnes; et 3," les Phytodozoés ou animaux à forme végétale. Je n'ai rien à dire des Entozoés. Quant aux Actinozoés, ils sont composés de quatre classes: A) Les Tuniciers^ pour les ascidies simples ou composées, ainsi que pour les biphores simples ou composés, c'est-à-dire pourdesan imaux du type des malacozoairessous tous les rapports. B) Les Holothuridcs ^ partagés en apodes pour les genres Siponcle, Boneliie et Miniade; et en polypodes pour les vé- ritables Holothuries, 65 C) Les Echinodermes , contenant les éch Inides et les asté- rides de Bruguière, en y comprenant aussi les encrines. D) Les Hélianthoïdes, qui se composent des Actinies et des Zoanthes. Les Phytodozoés sont partagés en deux classes : A) Les Acaîèphes , partagés en deux ordres, les Pcecilo- morphes et les Çyclomorphes ^ absolument comme dans la mé- thode de M. Cuvier, mais avec de nouvelles dénominations. B) Les Polypes, formant aussi deux ordres, les Brachios- tomes et les Trichostomes. Le premier est subdivisé en quatre familles : a) les Cala- mides, pour les polypes flottans de M. de Lamarck; b) les Al- cyonés de Lamouroux ou P. tubifères de M. de Lamarck; c) les Alvéolaires , divisés en six tribus, lameîlifères, foraminés, corticifères, réticulaires , vaginiformes et spongites ; d) les Lymnopoiypes , pour les polypes d'eau douce de M. de La- marck. Enfin, le second ordre des polypes renferme en trois fa- milles: cancriformes , campanifomies et cuudes, une partie des infusoîres de Muller. Quant aux acéphales agastriques, ils sont parfagés en cryp- logènes pour les animalcules spermatiques, et eu gymnogènes pour les infusoires définis et distribués comme chez M. de Lamarck. D'après cette analyse il est aisé de voir que M. Latreille n'a introduit aucune considération nouvelle dans la classifi- cation des animaux inférieurs, et (ju'il l'a encore fortement embrouillée en intercalant de véritables malacozoaires , qui n'ont rien deradiaire, dans son ordre des actinoioés, et eu considérant d'une manière définitive comme des animaux, des êtres dont l'existence organique est fort douteuse; du reste ses divisions et subdivisions ne sont nouvelles que pour les dénominations, étant empruntées à MM. Cuvier, de La- marck et même à Lamouroux. Pendant ces différens essais, les observateurs directs ne cessoient cependant de fournir à la science des élémens plus solides, parce qu'ils étoient tirés de l'organisation et d'ob- servations sur le vivant. Ainsi M. Dclle Chiaje, dans ses pre- miers mémoires sur les Animaux invertébrés du royaume de 56 Naples, a donné des détails inîéressans sur les actinies et sur le Madrepora calvculaiis , confirmant ce que Cavolini avott dit sur la similitude d'organisation de ces animaux, et établis- sant la concomitance, chez eux, des ovaires et des testicules. Dans ses recherches intéressantes sur un nouvel appareil aquifère, il montre comment il existe dans les Holothuries , les Oursins, les Astéries, les Actinies et les Pennatulcs; enfin, sur VAlcycnium i^ermiculare àe Gmelin . qu'il démontre être un iimas d'œuTs de crustacés? Ses mémoires sur les Astéries, les Oursins et les Holothuries, ont dû aussi contribuer à faire connoitre plus complètement ces animaux et par conséquent à mieux décider de leurs rapports. M. G'iillon , en appliquant le microscope à l'étude des Thalassiophytes, fut conduit à porter son attention sur un assez grand nombre d'etrrs très-petits, sur la nature desquels les naturalistes ne sont pas d'accord; il crut que ces êtres, véritablemeat aninîaux, se réunissoient de manière à prendre la forme de lilamens végéiaux. d'où il créa pour eux la dé- nomination de nématozoaires , sous laquelle nous en avons traité dans le Dictionnaire d(-s sciences naturelles. O cupé à peu près du même genre de travaux, M. Bory de Sainl-Vincent fut également conduit à étudier les mêmes êtres, ce qui le porta à proposer ce qu'il nomme un nouveau règne, sous le nom de Psychodiaires ; mais ce qui nous in- téresse plus directement, c'est qu'ajoutant une foi absolue aux figures de Muller. il a essayé d'introduire dans ses in- fusoires un grand nombre de genres nouveaux , ce qui n'a pu avancer la science, parce qui! n'a publié malheureusement aucune ol'^ervation à l'appui. 1828. On trouvera quelques idées nouvelles et surtout une distribution méthodique assez naturelle, dans le Tableau du règne animal publié en 1828 par M. Van der Hœven. Le règne animal es.t d'abord distribué en quatre types, comme dans la méthode que j'ai publiée , placés à peu près de même, mais dans un ordre inverse. Les trois derniers ne doivent pas nous occuper. Le premier, sous le nom à'Animalia gelalinosa , est divisé en quatre classes seulement, parce que les Entozoaires ont été répartis dans chacune d'elles comme appendices, sans dont?. 57 d'après ce qUe nous avions dit de ces animaux, qu'ils appar- tcnoient à des classes et même à des types différens. Ainsi la première classe , celle des Infusoires, partagée selon le système de M. de Lamarck en deux ordres, suivant l'ab- sence ou la présence de quelques organes extérieurs, com- prend comme appendice, sous le nom d'Infusoria entozaa , le genre Échinocoque. La seconde (les Polypes) est divisée en deux ordres, Tri- cliostomata et Brachiosfomata : le premier, correspondant aux Polypes rotifères de M. de Lamarck , a pour appendice le genre Cœnure, que l'auteur regarde comme ayant de l'affi- nité avec les Vorticelles composées : le second est partagé en cinq familles, les Polypes hydriformes, pétalopodes, corti- caux, celluleux et tubuleux , à peu près comme dans les sys- tèmes de M. de Lamarck et de M. Latreille, sans avoir d'ap- pendice d'entozoaires. Il n'en est pas de même de la classe des Acalèphes, imitée de MM. Cuvier et de Lamarck, avec la différence qu'elle comprend les Actinies. M. Van der Hœven lui assigne pour appendice, sous le nom à'Entozoa acaleplioidea^ le genre Cys- ticerque et les deux familles des Cestoïdes et des Trcmatodes de M. Rudolphi. Enfin, la classe des Echinodermes, également composée selon les systèmes des zoologistes françois, a pour appendice les Entozoaires acanthocépales et nématoïdes, comme faisant le passage aux animaux articulés. Nous sommes loin de soutenir ces rapprochemens que M. Van der Hœven a établis entre plusieurs classes de zoophytes et certains genres d'entozoaires , mais enfin c'est une idée nouvelle; il semble du reste que ce jeune zoologiste ait fait abstraction dans son tableau de tous ces êtres queSchweigger , à notre imitation, en avoit retranchés. Dans la même année nous voyons le type des Actinozoaires s'augmenter d'un assez bon nombre de genres, par suite du travail important de M. Miller sur les Encrines, et de la découverte d'une Encrine vivante sur les côîes d'Irlande par M. Thomson; et enfin des recherches particulières de M. Flemming et de M. Grant , dans les mers d'Angleterre. On trouve toutes ces additions réunies dans l'ouvrage que 58 M. Flemming a publié sous le nom de British animais. Les zoophytes de l'auteur anglois , sous la dénomination typique de radiata , n'y sont partagés qu'en quatre classes; Echinodermes, Acalèphes, Zoophytes et Infusoires. Il n'est pas du reste autrement question de la dernière. La classe des Echinodermes est divisée en deux ordres : a) les E. libres, composé, comme dans les méthodes des zoolo- gistes François, des échinides, des fistulides ou holothuries, des astéries et des siponcles , disposés seulement dans un ordre différent, et b) les E. fixés, les Crinoïdes et les Blastoïdes, contenant les nouveaux genres Apiocrinite, Potériocrinite, Cyathocrinite, Actinocrinite , Rhodocrinite , Platycrinite et Pentacrinite , établis par M. Miller. La classe des Acalèphes comprend les Actinies, les Mam- maires, les Lucernaires , avec les Vélelles , les Médusaires et lesBéroës, parmi lesquels M. Flemming établit un nouveau genre, sous le nom de Pleurohrachia, avec le Beroe pileus. Celle des Zoophytes, enfin, est partagée en cinq ordres: a) Carnosa^ comprenant les pennatules, les lamellifères , les gorgoniées, les corallines , parmi lesquelles il place avec les corallines proprement dites, les genres Isis, Lobulaire , Cris- tatelle et deux ou trois nouveaux genres démembrés des Al- cyons, Cydonium, Clione et Alcyonium ; b)Spongiadiœ , com- prenant le genre Tethya (Lamk.) et trois divisions génériques établies parmi les éponges, par suite de l'excellent travail de M. Grant sur ce groupe d'animaux; c) Cellulifera^ correspon- dant à peu près aux Polypiers foraminés de M. de Lamarck, et subdivisés en Millépores, Tubipores, Eschares et Flustres, avec les deux genres nouveaux, Filipora pour le Serpula Jilo- grana de Linné, et Farcina pour le Cellaria salicornia; d) Thecata pour les Cellaires, les Sertulaires et les Tabulaires, avec la plupart des divisions génériques établies par MM. de Lamarck et Lamouroux , et même quelques-unes nouvelles, comme Tricellaria, Waïkeria; e) Nuda, pour les Corynes et les Hydres. Quant à la classe des infusoires , elle n'est que nommée sans développemens. Dans cette distribution, considérée systématiquement, il n'y a en général rien de neuf; mais la description des espèces 59 est souvent pleine d'intérêt, parce qu'elle a été faite d'après des animaux vivans, ce qui n'avoit guères eu lieu depuis le célèbre traité des Corallines d'Ellis. 1829. Nous terminerions ici cetfe histoire de la Zoophy- tologie, si tout dernièrement, depuis même l'impression des premières épreuves de notre ouvrage dans le Dictionnaire des se. nat. , M. Rapp n'avoit eu la bonté de nous remettre une dissertation publiée cette année (18:^9), et dans laquelle il traite de la classification générale des Polypes et de celle des Actinies en particulier. Dans cet ouvrage, M. Rapp a évideniment, comme j'en ai indiqué la nécessité dans beaucoup d'articles du Dictionnaire des sciences naturelles, eu égard à la forme des animaux des polypiers, dans la classification qu'il propose; mais en ne s'occi'pant que de la classe des polypes de M. de Lamarck. Un principe, à ce qu'il me semble entièrement nouveau, qui lui sert de base , est celui de la position des ovaires ou des germes reproducteurs; d'où il tire sa première division des polypes en polypes à ovaires externes et en polypes à ovaires internes. Dans la première division sont les genres Hydre, Coryne, Sertulaire etTubulaire, réunis en une petite famille fort naturelle, sous le nom de Corystéens, et le genre Mille- pore, en limitant probablement cette dénomination au M. truncata. Dans la seconde division , celle des polypes à ovaires in- ternes, sont placés: a) les Alcyoniens ou polypes tubifères de M. de Lamarck, avec les divisions de M. Savigny; h) les Tub^pores, contenant le genre Tubipore proprement dit : c) les Coraux , comprenant les genres Corail , Gorgone , Isis et Antipathe; d) les Pennatules, répondant aux polypes flottans de M. de Lamarck, les Encrines justement exceptées; e) les Zoanthaires, composés des genres Zoanthe et Cornulaire;/) les Madrépores, comprenant toutes les subdivisions que M. de Lamarck a introduites dans le grand genre Linnéen. Enfin, depuis la première publication de ce traité de Zoo- phytologie, est arrivé à ma connoissance un autre ouvrage, publié cependant dans la mê-ne année que celui de M. Rapp, et qui doit aussi être remarqué d'une manière particulière, quoiqu'on se soit borné à y parler des animaux que M. Cuvier a 60 réunissons le nom à'Acnlèphes. Dans cet ouvrage, son auteur, M. le professeur Eschscholtz, irai te successivement des diphydes, des physsophores, des béroës et des médusaires, en y intro- duisant de nouvelles coupes génériques nombreuses, surtout parmi celles-ci. Comme nous avons eu l'occasion d'admettre la plupart des innovations et des rectifications proposées par M. Eschschohz, ce seroit un double emploi que d'en donner ici l'analyse. Ainsi, jsprès un grand nom!)re d'années écoulées depuis que la méthode naturelle a été introduite en zoologie, par suite de l'abandon successif du système Linnéen , à peine a- l-on commencé à faire entrer dans la distribution méthodi- que des zoophytes la considération de l'animal, la très-grande partie des auteurs n'ayant porté leur attention que sur ce qu'on a nommé les polypiers, et même ne s'étant occupés qu'à peine de ce qu'on désignoit par ce nom. En ce moment, la direction est meilleure; elle tend à porter dans la classification méthodique des zoophytes les principes qui ont déjà été employés dans la plupart des autres parties de la zoologie; maisilfaut convenir que, pour parvenir à ce résultat, il faudroit s'appuyer sur la connoissance exté- rieure et intérieure des animaux, ce qui n'est pas facile. Dans cette histoire de la zoophytolo^^ie ;"ai nécessairement dû passer sous silence un grand nombre de travaux tout-à' fait limités et bornés à la description d'espèces nouvelles, ou à l'établissement de quelques genres peu importans, sou- vent sans que les auteurs se soient occupés de rechercher à quel groupe naturel ces genres dévoient appartenir. Ces travaux spéciaux n'en ont pas moins été fort utiles à la science, et on peut surtout compter dans ce nombre les mémoires de M. Lesueur, qui les premiers nous ont fait con- noître les animaux d'un assez grarid nombre de madrépores; ceux de MM. de Chamisso et Eyseuhardt , sur quelques ani» maux de la classe des vers de Linné ; ceux de MM. Otto , Leu- ckart, Ruppell , Flemming, Grant, Gray, Raspail, et de plu- sieurs autres naturalistes , qu'il seroit trop long d'énumérer. Je ne saurois en dire autant des travaux des oryctologues, qui , ayant un autre but que la zoologie , s'inquiètent souvent moins de la distinction des corps organisés fossiles en eux- Cl mêmes, que considérés comme des élémens de comparaison entre les terrains plus on moinséloignés où on les rencontre. D'ailleurs, comme ils ont rarement les objets de leurs recher- ches en bon état de conservation et dans un volume suffisant^ il arrive souvent que les caractères qu'ils en donnent sont incomplets ou insignilians, quand ils ne sont pas erronnés. A la tête des travaux qui sous ce rapport doivent être considérés comme ayant été moins utiles aux progrès de lazoophylologie, il faut placer les mémoires que M. Rafinesque a publiés sur quelques genres de fossiles des États-Unis, ainsi que l'ouvrage de Lamouroux sur les zoophytes, où sont établis un grand nombre de genres avec des polypiers fossiles des environs de Caen. En première ligne, au contraire, des travaux oryctologi- ques qui ont contribué à perfectionner la zoophytologie , je placerai le bel ouvrage que M. Goldfuss publie en ce moment sur les pétrifications du cabinet de Bonn , et dont j'ai pu vé- rifier moi-même la bonne foi et la rare exactitude, ainsi que le travail de M. Miller, sur les encrinites , dont il a déjà été parlé plus haut. CHAPITRE SIXIÈME. De la forme et de V organisation des Actinozoaires, Dans l'histoire que je viens de donner de la zoophytologie, j'ai dû nécessairement faire mention de tous les animaux qu'on avoit à tort ou à raison rangés dans cette dernière di- vision du règne animal, afin de montrer comment, à l'aide des véritables principes, on en a retiré non-seulement quelques espèces, quelques genres qui ne lui appartenoient pas, mais encore des familles entières qui ne répondoient nullement à la caractéristique qu'on en donnoit et qui ne permettoient pas d'en donner une. Dans le moment où je vais traiter des généralités de la forme des zoophytes, de leur organisation , de leur physiologie, de leur histoire naturelle et de leur classification, je suis obligé de faire abstraction de tout ce qu'on peut nommer des faux zoophytes, afin de pouvoir at- teindre facilement à des généralités ; aussi, dans ce que je vais exposer, je ferai abstraction non-seulement des alcyons à 62 doubles ouvertures, et des vers intestinaux, mais encore des Diphyes , des Béroës, des Physales , et de fous les autres genres que l'on a établis autour d'eux. Je passerai également sous silence les Corallines, les Infusoires, et à plus forte raison les êtres organisés qui constituent les Nématozoaires de M. Gaillon et les Psychodiaires de M. Bory de Saint-Vincent , me proposant, pour ne pas laisser de lacune, de traiter de cha- cun de ces groupes sous un titre particulier. D'après cette élimination préliminaire, on voit que je pourrai alors employer indifféremment la dénomination gé- nérale d'Aclinozoaires ou d'animaux rayonnes, au lieu de celle de Zoophytes ou d'aniniaux-plantes, qui ne peut réel- lement être appliquée à des Holothuries , à des Oursins, à des Méduses même, sans blesser jusqu'à un certain point le sens commun. En se rappelant ce que nous avons déjà eu l'occasion de dire sur la manière dont on doit envisager les animaux qui constituent les espèces les plus arboriformes par leur com- position, il est certain que tous les animaux que nous resser- rons dans ce type sont évidemment radiaires ou rayonnes, c'esl-à-dire que leur forme générale cylindrique, semisphé- rique , globuleuse ou discoïde , présente toujours dans le corps lui-même ou dans ses appendices, de quelque nature qu'ils soient, une disposition rayonnée. Ainsi la dénomination ty- pique d'Aclinozoaires est parfaitement autorisée. Il ne faut cependant pas oublier de faire connoître que dans un petit nombre de genres, et même les plus avancés peut-être vers le type des animaux binaires, on aperçoit quelque indice de la disposition bilatérale d.ins la forme et l'organisation : c'est ce qui a évidemment lieu dans les spatangues. Avec cette disposition circulaire ou radiaire du corps de tous les Actinozoaires se présentent cependant des différences nombreuses dans le reste de la forme ou dans la proportion des deux diamètres; en effet, il arrive quelquefois que le longitudinal ou bucco-anal est beaucpup plus grand que le transversal, et alors le corps est véritablement vermiforme , comme on le voit non-seulement dans la très-grande partie des Holothuries, et surtout dans les Fistulaires de M. de La- marck, mai» encore dans certaines Actinies, et même dans 63 de véritables polypes, comme ksTubuîaires et lesTubipores; d'autres fois c'est exactement le contraire, c'est-à-dire que le diamètre longitudinal est infiniment plus court que le transversal , et alors le corps est discoïde, comme cela se voit dans quelques Échinides, Astérides, Méduses, Actinies et même dans quelques Madrépores de familles différentes* Quel- quefois aussi, non-seulement les deux diamètres perpendicu- laires sont presque égaux, mais tous les autres le sont éga- lement , et alors la forme particulière est plus ou moins splié- roïdale, comme on en voit des exemples dans les Échinides et dans les Médusaires : on trouve aussi dans ces deux mêmes classes une forme hémisphérique; mais le plus souvent le corps est cylindrique, sans être vermiforme, ou conique, tronqué à nne extrémité ou à l'autre. Dans le plus grand nombre de cas la circonférence de ce corps est circulaire ; mais il arrive aussi qu'elle est polygo- nale, comme on en voit des exemples dans plusieurs Holothu- ries et dans quelques Oursins, mais surtout dans les Astéries. Enfin, la plupart des espèces d'Actinozoaires ont la cir- conférence du corps bien circulaire et entière; mais quelque- fois elle est plus ou moins échancrée , ce qui la divise en lobes ou pourvue d'appendices rayonnans, qui offrent dans cer- tains cas la singularité de se subdiviser d'une manière di- chotome , au point de devenir radiciforines, comme dans les Euryales. La forme du corps des Actinozoaires a du avoir et a eu en effet une influence remarquable sur la position normale de l'animal. En effet, il est rare que cette position soit hori- zontale, comme cela a lieu dans l'immense majorité des ani- maux binaires; elle est le plus souvent verticale, l'orifice buccal en bas ou en haut, suivant que l'animal Gsi libre ou qu'il est fixé. Les faux zoophytes, qui sont des animaux agrégés, sont toujours fixés, lorsqu'ils adhèrent aux corps étrangers, par une face latérale ; les vrais zoophytes ne le sont jamais que par une extrémité. Si de l'étude de la forme du corps des Actinozoaires, con- sidérés dans leur état de simplicité, nous passons à les exa- miner dans le cas où ils se réunissent et où ils se greffent 64 entre eux, en ayant ou n'ayant pas de partie commune, nous pourrons remarquer que leur forme se modifie suivant leur mode de rapprochement ou d'agrégation, au point quelque- fois de ne plus offrir rien de radiaire ; mais cela n'a lieu que dans une certaine famille d'Aclinozoaires, et essentiellement dans les Actinies coriaces et dans celles qui produisent par leur destruction ce qu'on est convenu de nommer des poly- piers lamellifères. Dans d'autres familles, les individus forment, par leur réunion sur une partie commune , des êtres en général arbo- rescens, qui affectent une forme assez constante et tout-à-fait différente des composans, comme cela se voit dans les Cel- laires, les Sertulaires , les Gorgones, les Isis , le Corail. Quelquefois même, mais dans un seul groupe, cette partie commune est régulièrement binaire, ce dont on voit un exemple curieux dans la famille des Pennatules. L'organisation des Actinozoaires est au moins aussi singu- lière que leur forme; mais elle offre des différences nom- breuses, quand on l'éludie dans l'espèce de série d'accrois- sement qu'ils forment depuis les Holothuries, que l'on peut placer à la tête, jusqu'aux Éponges et aux Téthyes , qui sont certainement à la fin. Je dois d'abord dire que leur composition chimique est iout-à-fait semblable à celle des animaux supérieurs, en cela que l'azote entre pour beaucoup dans leur composition ; mais je dois faire remarquer que la partie inorganique qui entre quelquefois comme moyen de solidification dans leur tissu , est peut-être encore plus exclusivement couiposée de carbo- nate de chaux que dans le type des Malacozoaires, et que dans les derniers genres la silice se trouve aussi former cette partie solide, comme cela a lieu quelquefois dans le règne végétal. Si nous envisageons ensuite les élémens anatomiques qui entrent dans la composition de l'organisme des Actinozoaires, nous voyons l'uniformité de tissu se prononcer de plus en plus, et par conséquent l'élément primitif ou celluleux de- venir de plus en plus dominant et affecter même cet état mu- queux ou gélatineux que nous reconnoissons à ce tissu dans ie second âge des animaux supérieurs. Cet élément primitif es est du reste très-rarement et à peine modifie en ses vari(*fës dermeuse , fibreuse, séreuse, et encore n'esl-ce que dans les classes les plus élevées du type. Mais il est au contraire fort souvent soutenu , solidifié par un dépôt crétacé qui se fait régulièrement par couches, ou irrégulièrement dans toute rétendue du corps; et c'est ce qui donne lieu à ce que n^us nommons le poljpier : c'est, si l'on veut, une sorte de sque- lette, mais occupant rarement l'enveloppe seule de l'animal, et bien plus souvent la presque-totalité de son corps; quel- quefois cependant celte partie endurcie s'est fracturée en plusieurs pièces, simulant une espèce de colonne vertébrale, comme dans les Astérides et dans les Encrines. Si l'élément générateur offre à peine quelques-unes âes modifications peu importantes qui existent dans les animaux des typ^s supérieurs, on conçoit que ses modifications pro- fondes en élément contractile ou fibre musculaire , et en élé- ment excitant ou fibre nerveuse , sont encore moins évidentes et moins communes à tout le type. On ne trouve en effet de fibre évidemment musculaire que dans les trois premières classes ; c'est-à-dire dans les Échi- nodermes en général , dans les Médusaires un peu , et a peine dans les premières espèces de la classe des Zoanthaires. Au-delà, tout le tissu de Tanimalnon encroûté est bitn con- tractile, mais sans nous offrir cette forme particulière de la fibre musculaire des animaux supérieurs. Quant à la fibre nerveuse, c'est à peine si son existence est démontrée dans les Holothuries. Quelques anafomistes le di- sent, mais je conviens que, malgré beaucoup de recherches faites pour m'en assurer, cela m'a encore éié impossible, et cependant il y a certainement sensibilité dans ces animaux, puisqu'il y a rétraction des parties molles à la suite d'une ir- ritation extérieure. Les élémens liquides qui entrent dans la composition du corps des Zoophytaires paroissent être fort peu nombreux ; il se pourroit même qu'il n'y en eût qu'un seul, la lyniphe, et que le sang n'en différât pas. Je trouve cependant que M. Délie Chiaje assure que le sang veineux et artériel des fiolothuries, des Oursins et des Astéries, est composé d'une grande quantité de lymphe et d'un certain nombre de glo- 5 66 bules ; il ajoute que dans les Oursins ces globules se réunis- sent en petits groupes, ayant un peu la forme des corpuscules de la semence humaine , qui jouissent d'un mouvement ro- tatoire général, outre celui qui est propre à chaque globule provenant d'attraction et de répulsion, et enfin celui de la translation déterminée par la circulation. Si les élémens organiques, si leurs modifications en tissus sont si peu variés dans les Actinozoaires , il est tout simple comme résullat, que les organes qu'ils forment soient peu nombreux , peu distincts, et que par conséquent les appareils de composition, de décomposition et d'excitation soient ex- trêmement peu compliqués, si même ce dernier existe. Et d'abord l'enveloppe extérieure ou sensible est à peine distincte du tissu sous-jacent dans les premières classes, et lorsqu'elle l'est, comme dans les Holothuries, les Oursins, les Astéries, elle n'en est certainement jamais séparée de manière à être libre. On peut cependant alors y distinguer une sorte de derme d'un tissu assez serré, peut-être avec un réseau vasculaire, un pigmentum souvent fort brillant, mais très-peu tenace, à cause de l'absence totale d'un véritable épiderme. Dans les Holothuries le derme est évidemment composé de fibres croisées, feutrées dans tous les sens; il est fort épais, coriace, et recouvert par un pigmentum épais et vivement coloré. Dans les Oursins, le derme, solidifié en dedans par un sys- tème de pièces calcaires, est recouvert en dehors par une couche mince, mais très-sensible, d'une substance muqueuse, presque fluante, contenant la matière colorante , analogue au pigmentum des Holothuries. Dans les Astéries, le derme est encore fort distinct : il est d'une épaisseur assez considérable ; mais il offre la particu- larité de n'être ni entièrement mou, ni entièrement résistant. Dans les Médusaircs, et même dans les Actinies, il n'y a plus de peau distincte. Si la peau, siège et organe générateur de tout appareil des sens, existe à peine dans les zoophytes, il est inutile de re- chercher chez eux ces modifications profondes qui donnent naissance à l'appareil du goût, de l'odorat, et surtout à ceux de la vision et de l'audition. Tout le monde est d'accord à 67 ce sujet, îl n'y a aucun organe des sens dont on puisse dé- montrer l'existence d;*ns aucune espèce d'Aciino/oaires. L'appareil locomoteur est, comme la peau , distinct dans la première classe, celle des Echinodernies; mais il l'est fort peu ou même point dans les dernières. Dans Tordre des Holothuries, on peut dire qu'il est composé de la seule couche musculaire qui double la peau, sans aucune partie solide, si ce n'est autour de l'anneau buccal. Ct-tte partie solide, que quelques auteurs ont considérée comme composée de dents, forme un anneau à l'entrée de la bouche: mais comme cet anneau est couvert par la peau rentrée de l'intestin, cette opinion ne peut être adoptée. Cet anneau, parfaitement circulaire, est formé de pièces alternativement plus grandes et plus pet tes, s'eng^enant régulièrement entre elles et de structure fibro-crétacée : elles donnent attache à des muscles rétracteurs longitudinaux, qui se prolongent plus ou moins loin dans la cavité viscérale. Le reste de l'appareil locomoteur est formé par deux plans de fibres .les unes, transverses, se trouvent dans toute l'éten- due delà peau; les autres, longitudinales, se rapprochent en deux faisceaux pour chaque série de cirrhes tentaculaires, et les faisceaux sont par conséquent au nombre de dix ou de cinq doubles. Dans l'ordre des oursins, l'appareil locomoteur général n'existe qu'à la racine des piquans, puisque toutes les autres pièces qui solidifient la peau ne sont point mobiles les unes sur les autres. Chaque piquant, articulé avec un tubercule de la peau par une surface lisse, concave, est mis en mou- vement dans tous les sens par une couronne de très- petits muscles, qui de la peau se portent à leur racine. Quant à l'appareil locomoteur spécial de l'armature de la bouche, il est beaucoup plus complexe, aussi bien dans les parties solides que dans les muscles; mais il nexiste pas dans tous les Échinides; les Spatangues, les Ananchitts en sont pleinement dépourvus. L'ordre des Astérides offre, dans l'appareil locomoteur, une disposition inverse de ce qui existe dans les Echinides centrostoraes. En effet, chez elles l'appareil lt)CO)..oteur gé- néral est considérable et celui de la mastication est nul, ou 68 du moins fait réellement partie du premier ; car, dans ces animaux, il n'y a rien de comparable à Tarmature de la bouche des oursins. Dans les Méduses on remarque une couronne de petits muscles dans le rebord de l'ombelle. Dans les Actinies , on peut très-bien distinguer encore une couche de libres submusculaires transverses en dehors, et une couche de fibres longitudinales formant des lamelles ou des cloisons extrêmement nombreuses snus la membrane sto- machale. Chacune d'elles est attachée iuférieurement à la couche circulaire du pied et se partage en trois faisceaux : le premier va à l'estomac et au bord du bourrelet oral; le second à la racine des tentacules, et le troisième se prolonge vers le bourrelet labial, où il se recourbe pour former son Lord libre. Par la même raison que la peau n'est réellement distincte que dans les animaux qui constituent la première classe de ce type, la modification de l'enveloppe générale qui forme le canal intestinal n'est séparée, ne forme un véritable intes- tin que dans les Holothuries, les Oursins, les Astéries. Dans les Actinies, et peut-être dans les zoophytaires, il n'y a pas de véritable intestin libre; mais ses parois sont cependant distinctes. Chez toutes les autres espèces la cavité intestinale est creusée dans la masse du corps , sans qu'il y ait de parois proprement dites. Dans les espèces même où l'intestin a des parois distinctes et est flottant dans une cavité viscérale, il offre encore des différences assez importantes. Dans les Holothuries, le canal intestinal est complet, c'est- à-dire, qu'il traverse toute la longueur du corps, et qu'il est par conséquent pourvu de ses deux orifices également termi- naux , une bouche et un anus. La bouche des holothuries est au fond d'une sorte d'en- tonnoir ou de cavité labiale formée par un rebord de l'enve- loppe générale, et pouvant contenir un cercle d'appendices souvent ramifiés, et du reste variable de forme et même de nombre dans hi même espèce; à son intérieur, ses parois sont solidifiées par l'anneau de pièces calcaires dont nous avons parlé plus haut. Comme on trouve à sa circonférence un anneau de vési- 69 cules coniques, M. Cuvier a pensé que ce pourroient bien être des glandes salivaires. Je suis plutôt tenté de les regarder comme appartenant à l'appareil aquifère; mais sans oser le moins du monde l'assurer. Le canal intestinal qui suit a ses parois fort minces; il est loag et cylindrique : après s'être porté en arriére, il forme une longue anse qui le ramène en avant ; après quoi il se di- rige vers l'extrémité postérieure, où il se termine dans une sorte de cloaque, ayant à l'extérieur un orifice circulaire terminal, quelquefois pourvu de cinq tubercules papillaires. Dans les Echinides, en général, le canal intestinal est aussi complet; il est également distinct et araclinoïdien : il forme de même des circonvolutions assez étendues avant de se porter à l'anus; mais une grande différence avec les Holothuries, c'est que la position de la bouche varie d'une manière re- marquable. En effet, dans les espèces subbinaires , la bouche, toujours inférieure cependant, est plus ou moins rapprochée de l'extrémité antérieure du corps, qui est barlong, tandis que dans les espèces régulièrement ovales, circulaires, ou même pentagonales, la bouche est parfaitement centrale. La position de l'anus offre peut-être encore plus de variations. 11 peut être tout-à-fait supérieur, central et opposé à la bouche, comme dans les espèces régulières; mais aussi il peut descendre successivement, se porter en arrière et en dessus, se placer dans le bord même, et enfin passer en des- sous, de manière à tendre à se confondre avec la bouche, comme dans les Echinonées. Sous le rapport de larmature de la bouche, les Echinides offrent aussi des A^ariations importantes : ainsi il y a des es- pèces qui n'en ont aucune trace, et dont la bouche membra- neuse est transverse ou bilabiée , comme les Spatangues ; d'au- tres ont des espèces de mâchoires sans dents véritables , comme les Clypéastres; enfin, tous les Oursins proprement dits et les Cidarites, ont un appareil très-complexe de mâchoires armées chacune d'une véritable dent. Les Astérides diffèrent encore plus des Echinides dans l'ap- pareil digestif que les Holothuries. En effet, chez elles le ca- nal intestinal a une tout autre forme ; il est d'abord incomplet , c'est-à-dire qu'il n'a qu'un seul orifice , servant à la fois de 70 bouche et d'anus, et il est constamment médian, sauf peut- être cependant chez les Comatules. Il n'est réellement pas armé; mais comme il est quelquefois assez profondément en- foncé entre les rac ines anguleuses des appendices du corps, il en résulte qv-e celles-ci, sou vent garnies d'épines dentiformes, aiguë.s, peuvent réellement agir comme des espèces de mâ- choire^ armées de dénis. Quant à l'estomac, il e>t également membraneux, peu étendu, quelquefois avec des productions qui s'avancent plus ou moins dans la cavité des appendices radiaires du corps. Dans toutes les autres classes du type des Actinozoaires , ja- mais l'intestin n'est distinct, ni complet, en sorte qu'il n'y a pas d'anus. La bouche est toujours centrale et n'est jamais armée; il y a cependant encore quelques différences suivant les classes. Dans les Arachnodermaires ou Méduses, la bouche, cons- tamment inférieure, offre des différences assez remarquables, en ce qu'elle peut étresimj;le et se!>sile, ou à l'extrémité d une »o^(e de trompe; mais il arrive aussi qu'elle peut sembler multiple par la manière dont les appendices médians se joi- gnent au corps par une espèce de pedi; ule en croix. Je ne puisvérJtableuientadmettre qu'il y aitfles Méduses sans bouche et agastriques. Pérou, qui en fait une division dans son Sys- tème des Méd'isaires, a sans doute été induit en erreur par quelque circijnsfance inappréciable. M. Cuvier les admet ce- pendant; mais il me semble que c't-st toujours d'après Pérou. D ns les Actinies proprement dites, comme dans les Ac- tinies coriaces et même dans les Actinies pierreuses ou Ma- drépores, du moins à en juger par les caryophyllies simples, il paroit que l'intestin ne forme qu'un enfoncement plus ou moins profond, dans lequel on peut cependant quelquefois distinguer une cavité praebuccale ou labiale, une bouche ou cavité buccale, et enfin une sorte d'estomac séparé de celle- ci par un indice de bourrelet. Les parois de l'intestin sont distinctes, fort minces, très- p lissées ; mais ne sont pas d'ail- leurs séparées du tissu qui compose le corps. Tous les madrépores lamellifères que je nomme Madréphyl- lies sont sans doute dans ce cas; mais avec une disposition un peu différente ) couiine cela doit être dans les Fongies, par 71 exemple , où il semble que l'estomac soit presque entièrement retourné et présente ses lamelles en dehors. Les Madrépores échinulés doivent offrir un estomac plus profond et plus ou moins lamelleux sur les côtés, du moins à en juger d'après la forme des cellules qu'occupe la partie spécialisée du corps de ces animaux ; mais c'est ce que je ne puis assurer positivement, n'ayant pas encore disséqué une espèce de cette famille. Dans la classe des Polypiaires proprement dits, la disposi- tion du canal intestinal est aussi peu connue. S'il falloit en juger d'après les Hydres , ce ne seroit qu'un enfoncement assez profond, occupant une grande partie de la longueur du corps et sans plis ou lamelles, et dont la surface est tellement semblable à l'extérieure, que l'une peut remplacer l'autre par suite du retournement, comme l'a montré Trembley; mais il n'y a peut-être que ce genre qui offre cette particularité. 11 est même à remarquer que, dans les Flustres , les Eschares et les Cellaires, l'appareil digestif paroît être plus complexe que dans les autres genres, en ce qu'on remarque une sorte d'estomac distinct de l'intestin proprement dit, qui se re- courbe en avant, et qui paroit même se terminer à l'exté- rieur par un orifice anal; du moins dans les Eschares on a pu le croire. Nous devons aussi faire observer que, dans un assez grand nombre de ces animaux , l'ouverture de la cel- lule dans laquelle leur corps est renfermé, est véritablement bilatérale, symétrique et pourvue d'un opercule; ce qui n'a jamais lieu dans aucune autre famille des zoophytes. Dans toute la classe des zoophytaires, le canal intestinal re- devient simple et droit comme dans les Zoanthaires ; mais il me semble qu'il a ses parois distinctes, du moins si j'en juge par ce qui existe dans les Pennatules : il y commence souvent par une sorte de petite cavité labiale, libre, et au dehors de laquelle sont les tentacules; ensuite vient un estomac à pa- rois libres et se terminant en arriére , ou par une sorte de mamelon que j'ai cru percé, ou par un prolongement vas- culiforme qui se perd dans le tissu commun. Quant aux Éponges et aux faux Alcyons ou Téthyes de M. de Lamarck, il n'y a réellement plus de canal intestinal ; car il est impossible de considérer comme lui étant analogues, les 72 canaux tortueux qui traversent les premières dans tous les sens, et à l'orifice desquels M. Granl a reconnu des mouve- mens d'entrée et de sortie du fluide ambiant. Le canal dif^estif dans les Actinozoaires semble devoir être accompagné d'un véritable foie dans les espèces chez lesquelles il esf libre. Ainsi, dans les Holothuries on peut sans doute regarder comme en remplissant les fonctions des organes pé- ri. :llés qui se trouvent remplir l'espace situé entre les deux grands replis de l'intestin. Da"S les Oursins, cet organe n'est pas aussi facile à démon- trer, cependant j'ai décrit comme analogues au foie des pla- ques ^glanduleuses que fai cru remarquer dansles paroismêmes de res*om:!C; mais dans les AvSféries il est apparent et ménie a avoir ainsi envisagé rapidement les deux grandes fonctions de composition et de décomposition dans le type des actinozoaires, voyons leurs résultats, c'est-à-dire l'assimilation , la nutrition, raccroissement, la génération et la mort. L'assimilation, d'oîi suit la nutrition, ne nous est pas plus Connue dans les actinozoaires que dans les animaux des autres types; nous voyons seulement que la substance étrangère, convertie en matière muqueuse ou gélatineuse , est transportée ou transmise par la faculté absorbante uu moyen du fluide aqueux dans lequel elle est suspendue sons forme de gru- meaux extrêmement fins, et enfin livrée à l'action molécu- laire de tous les points de l'animal. La nutrition et l'accrois- sement s'ensuivent, si l'exhalation est égale à cette assimila- tion, et le décroissement dans le cas contraire. L'accroissement dans les zoophytes paroit être extrêmement prompt, d'où il résulte sans doute une vie courte et rapide; car il est assez bien reconnu que la durée de la vie naturelle est composée de deux demi-courbes à peu près égales. Examinés à l'état de gemmes, les actinozoaires n'ont nulle- ment la forme qu'ils auront par la suite : ce sont des espèces de globules plus ou moins gros, dont quelques-uns, hérissés de poils, jouissent de la singulière propriété d'être conti- nuellement dans un mouvement plus ou moinsrkpide de gyra- tion , comme Cavolini l'avoit observé depuis long-temps dans les gorgones, ce que M. Grant a confirmé sur plusieurs ser- tulaires et même sur es éponges. Dans les espèces libres et simples, comme les oursins, les gemmes ne jouissent pas de cette faculté gyratoire; mais on remarque déjà qu'ils sont pourvus d'une portion de leur têt, du moins qu'il est déjà solidifié dans la partie moyenne , le reste étant membraneux. Les astéries ont des œufs réunis en masses oviformes, dont je ne connois pas le mode de développement. Les holothuries sont dans le même càs : leurs œufs sont 89 réunis 6n mjjsse et composés de longs 6Iamens. Je ne leur aï reconnu aucun mouvement, du moins dans l'ovaire, quoi- qu'ils fussent assez avancés quand j'eus l'occasion de les ob- server. Je n'en connois pas le développement. Je n'ai pas observé moi-même ceux des méduses; on sait seulement que, nés dans l'ovaire , ils acquièrent la plus grande partie de leur développement dans le canal dont les appen- dices sont creusés dans toute leur longueur : par exemple dans les rhizostomes, d'après les observations de MM. Gaede et Eysenhardt. En effet, les jeunes méduses sortent tout for- mées de la cavité stomacale, où elles sont restées plus ou moins long -temps. Les actinies paroissent être dans le même cas; c'est-à-dire qu'elles rejettent de leur bouche leurs petits, en tout sem- blables à leur mère, du moins d'après ce que nous apprend Dicqueniare , qui a fait des expériences nombreuses sur ce genre d'animaux, et ce que j'ai vu moi-même dernièrement. Mais combien de temps ces jeunes actinies sont-elles à par- venir à la grandeur déterminée pour chaque espèce, et com- bien pourroient- elles vivre de temps, s'il étoit possible de concevoir qu'aucune circonstance défavorable ne vint les ar- rêter dans leur existence normale, c'est ce qu'il nous est impossible de déterminer. Dans les madréphyllies et les madrépores, dont les ovaires sont internes comme dans les actinies, et qui pour la plupart sont intimement soudées, du moins dans la partie de leur corps qui contient les ovaires , les corps reproducteurs doivent avoir les plus grands rapports avec ceux des actinies, mais avec cette différence cependant, que leur tissu contient déjà une certaine quantité de matière calcaire avant que la bouche et les tentacules du petit animal se soient encore développés. Une autre différence consiste en ce qu'ils peuvent être tout- à-fait rejetés de quelques-uns des individus composans , et alors ils deviennent le centre d'individus complexes, s'ils tom- bent et se placent dans des circonstances convenables, ou bien pousser dans la masse commune, à peu près au hasard , mais surtout vers les extrémités et à la circonférence , où cela est plus facile , de manière à ressembler à des espèces de bourgeons qui, d'abord entièrement mous ou gélatineux, de» 90 viennent peu à peu calcaires, avant que la partie antérieure du pelit animal ne soit encore développée. Les zoophytaires à ovaires externes offrent encore plus que les madrépores les deux modes de développement dont il vient d'être question. En effet, les gemmes, qui poussent dans la partie commune et vivante , dans cette espèce de substance médullaire qui remplit la tige et les rameaux des sertulaires et autres genres voisins, après s'être accumulés dans les cap- sules ovariformcs, sont rejelés à l'extérieur, et jouissent de la facullé rotaloire , sans qu'on puisse y reconnoître la forme qu'ils acquerront plus tard. S'ils rencontrent des circonstances favorables , le gemme fixé s'élèvera d'abord sous forme de bourgeon alongé; l'enveloppe extérieure se distinguera de la pulpe intérieure en prenant plus de solidité, et enfin il se développera un polype à l'extrémité libre : à mesure que l'élévation de la tige s'augmentera , le nombre de ces polypes s'accroîtra dans l'ordre et la disposition propre à l'espèce; mais alors on peut dire que cette augmentation est due au développement de gemmes internes qui, s'ils étoient parvenus dans les capsules oviformes, en auroient formé d'extérieurs. Du reste nous sa\'x)ns que le développement des sertulaires est fort rapide , comme nous l'apprend l'observation de Pallas d'individus de quelques pouces de haut attachés sur un œuf de squale encore assez éloigné d'éclore ; mais nous ignorons la durée totale de leur vie. Dans les zoophytaires à ovaires internes , comme les coral- laires, les pennatules et les alcyons , les gemmes peuvent être également rcjefés à lexlérieur ou pousser dans le tissu de la masse commune, et par conséquent contribuer à son accrois- sement : dans le premier cas ils sont certainement formés par la partie commune, d'abord entièrement molle et ensuite soutenue par de la substance calcaire, cornée ou même par desacicuk's. Ce n'est qu'après un certain développement qu'on voit se produire à son extrémité un mamelon, qui bientôt pousse en un polype de plus en plus complet. La partie com- mune s'accroît alors d'autant plus vite que le nombre des polypes s'est lui-même plus augmenté, et elle atteint la gran- deur dont elle est susceptible. C'est du moins ce qui a lieu dans le corail, les isis, ks gorgones, les anlipathes, ainsi que 91 dans les alcyons et toutes les subdivisions que M. Savîgny y a établies. C'est même toujours les extrémités de ceszoophytes qui sont les plus vivantes, qui contiennent le plus grand nombre de polypes distinct, tandis que la base est souvent morte. Quant aux pennatules , dont la forme g-^^nérale est beaucoup plus limitée, je ne connois pas les gemmes rejetés, et aucun auteur que je sache n'en a parle. Par rapport au mode d'ac- croissement des pennatules elles-mêmes, il est certain qu'il a lieu par les deux extrémités; mais surtout par celle de la partie polypifère et par la terminaison des pinnules, quand il y en a. Dans le type des animaux amorphes on ne connoît même les corps reproducteurs que dans les éponges, et c'est a M. Grant que nous devons des observations curieuses à ce sujet. Les gemmes sont, comme dans les gorgones, hérissés de cils ou de poils, et jouissent également de la faculté gyratoire : en examinant leur composition, on voit qu'ils sont formés d'une partie gélatineuse, soutenue dans le centre par un petit amas d'acicules. Par suite de l'accroissement que cette partie commune est susceptible de prendre, non -seulement cette masse augmente de volume, mais on commence à voir se creuser à sa surface des pores, et surtout des oscules plus ou moins grands, autour desquels se disposent des acicules nou- veaux; peu à peu et dans un laps de temps que nous ne connoissons pas, l'éponge atteint la forme et la grandeur qui lui convient , peut-être non-seulement par l'accroissement de la masse commune, mais aussi par le développement de gemmes qui sont restés pour ainsi dire emprisonnés dans cette masse. On expliqueroit, dans cette manière de voir, comment les éponges se reproduisent par des bourgeons qui poussent à leur base : ainsi les éponges, sous le rapport de leur accrois- sement, ne diffèrent qu'assez peu des alcyons véritables, et seulement en ce que la masse commune ne produit pas d'êtres individuels que l'on puisse comparer à des polypes. Un des points les plus remarquables de la physiologie des actinozoaires, est la faculté extraordinaire de rédinlégration , dont ils jouissent au point que certaines espèces peuvent être pour ainsi dire hachées en morceaux , devenus ainsi des par- ticules, et celles-ci reproduire chacune un animal complet. 92 Cctle faculté est évidemment en rapport avec la simplicité de l'organisation de ces animaux; mais elle n'en est pas aïoins fort singulière. Dans les osiéozoaires à sang chaud, Ja rédintégralion n'a lieu que dans le tissu cellulaire, et par suite dans le tissu vas- culaire : ainsi une partie simplement cellulaire ou vasculaire se reproduit, quand elle a été enlevée, dans de certaines limites, sur un individu jeune, bien portant et bien nourri; c'est ce que Ton savoit pour les plaies dans les chairs chez les mammifères et chez les oiseaux : les appendices cellulo- vasculaires de ces derniers, comme les crêtes, se reprodui- sent aussi : M. le professeur Mayer nous a montré que la rate est également susceptible de reproduction chez les animaux mammifères auxquels elle a été enlevée. Dans les osiéozoaires à sang froid, la rédintégration est beaucoup plus forte, puisqu'elle porte sur d'autres tissus. Ainsi les salamandres reproduisent leurs pattes, les poissons leurs nageoires, c'est-à-dire de la fibre contractile, des os, des nerfs, etc. Les écrevisses , parmi les entomozoaircs, nous offrent aussi une rédintégration complète dans les pattes; mais les nais et les lombrics, et même les néré/des, portent cette faculté beau- coup plus loin, puisqu'elle a lieu pour le corps lui-même, qui peut repousser ce qu'on lui a enlevé d'abord à la partie postérieure, comme dans les néréides, et ensuite tout ce qui manque à chacun des morceaux dans lesquels on l'a coupé : c'est ce que Bonnet a expérimenté pour les naïs. Dans le type des malacozoaires la rédintégration ne paroît pas portée si loin, à moins que d'admettre que la tête des limaces, composée de tentacules, d'yeux , de dents, démuselés et de nerfs, se reproduit, comme nous l'assurent plusieurs expérimentateurs. Mais dans le type des actinozoaires celte faculté arrive à son summum, même dans les espèces simples; car dans les es- pèces composées, et surtout dans celles qui ont une partie commune, cela est beaucoup plus aisé à concevoir. Je ne connois cependant aucune expérience qui prouve que les holothuries reproduisent quelque partie qui leur au- roit été enlevée, quoique cela soit probable pour leurs 93 tentacules arboresceiis et pour leurs cîrrhes lentaculaires. Les oursins peuvent sans doute aussi reproduire ces mêmes cirrhes; mais encore cela n'est pas prouvé par le fait. Il n'en est pas de même des divisions du corps des astéries polymérées, et des appendices de celui des ophiures et pro- bablement des comatulcs. Des observations journalières et des expériences instituées ad hoc , ont montré qu'un rayon d'asté- rie , pourvu sans doute qu'il emporte avec lui une partie de la bouche et de l'estomac, peut produire toutes les autres, et par conséquent tous les tissus et les organes différens qui les composent. Si nous ne pouvons rien avancer d'aussi positif pour la rédin- tégration des méduses, nous n'en dirons pas ainsi des acti- nies, comme l'ont prouvé les belles expériences de l'abbé Dicquemare. En effet, ces animaux coupés par quartiers se réparent au bout d'un temps plus ou moins long, et chaque morceau peut reproduire une actinie complète. Il est probable qu'il en est de même des actinies solidifiées par une matière calcaire, mais simples, et à plus forte raison chez celles qui sont agrégées et même greffées d'une manière intime dans une partie plus ou moins considérable de leur corps; ainsi l'extrémité d'un madrépore, tronqué par une cause quelconque, doit se reproduire en peu de temps. Les tubulaires, les campanulaires, les sertulaires, se rédin- lègrent non seulement dans la partie libre de chaque polype, mais dans la partie commune. Cela est encore probablement vrai pour les corallaires en général et même pour les alcyons, mais plus douteux pour les pennatules. En etfet, si dans ces animaux chaque polype peut reproduire quelque partie qu'on lui auroit coupée, ce qui est certain, du moins par analogie, on peut douter qu'il en soit de même du corps de la pennatule. Je pencherois en- core volontiers à croire que la partie basilaire d'une penna- tule coupée transversalement en deux, pourroit repousser la partie terminale; mais je doute fort qu'il en soit de même de celle-ci, qu'elle puisse reproduire celle-là. Les spongiaires , au contraire , ont nécessairement la faculté de rédintégratîon à un haut degré, à cause de la similitude complète de toutes les parties; mais cela est peut-être moins 94 étonnant que dans les hydres, qui jouissent de ia faculté de locomotion, de préhension, de digestion, etc., et qui ce- pendant, sous le rapport qui nous occupe, sont au premier de- gré. En efifet, les expériences de Trembley , répétées par beaucoup d'observateurs et par moi-même, ont montré que des fragmens extrêmement petits d'une hydre peuvent former, au bout d'un temps assez court, un animal tout-à-fait sem- blable à l'individu dont ils sont provenus. CHAPITRE HUITIEME. Histoire naturelle des Actinozoaires, L'histoire des mœurs et des habitudes des actinozoaires doit être nécessairement assez courte, comme on peut le penser, si Ton réfléchit au peu de complication de leur organisation; mais elle est surtout assez peu avancée, et ce que nous en savons, est à peu près entièrement dû aux observateurs ita- liens. Cette histoire n'est cependant pas dépourvue d'intérêt, puisque ces animaux, étant réellement les dernières limites du règne animal , peuvent offrir aux philosophes et aux phy- siologistes des faits extrêmement importans. Les oryctologues et les géologistes pourront aussi y trouver des élémens d'une grande utilité pour l'explication des changemens qu'a éprouvés et qu'éprouve encore la surface de la tevve. Séjour et Habitation. Tous les actinozoaires, sans exception, sont aquatiques, et même ne peuvent, sans périr, être abandonnés pendant un temps considérable par les eaux ; quelques-uns cependant, mais en très-petit nombre, étant littoraux , sont à découvert pendant le reflux de la mer; et encore sont-ce des espèces qui, pour la plupart, sont revêtues d'une enveloppe plus ou moins solide, comme les astéries, les sertulaires, etc. Un auteur, dont je ne me rappelle pas le nom, a cru trou- ver une espèce de polype dans un champignon, qui, par conséquent, ne seroit pas aquatique; mais cette découverte n'a pas été confirmée. C'est essentiellement dans les eaux de la mer que se rea- 95 eontrent les zoophytes. Le nomine des espèces qui habitent les eaux douces est extrêmement peu considérable, et se borne à des hydres, à des éponges et à des corynes. Je n'en connois pas encore qui puissent alternativement vivre dans les eaux douces et dans les eaux salées; il est même surprenant de voir l'effet subitement mortel que l'eau douce produit sur les espèces marines : à peine y sont-elles immer- gées , qu'elles sont mortes. Les circonstances particulières du séjour des actinozoaires ne sont pas très- variables ; la plupart des espèces sont litto- rales, et celles qui se trouvent en haute mer paroissent ne pas vivre au-delà d'une profondeur qui n'est pas très -considé- rable. Les espèces qui sont libres peuvent, comme on le pense bien, varier davantage les circonstances de leur séjour , et d'autant plus que leur locomotion est plus étendue; ainsi les holothuries vivent au milieu des fucus, dans les endroits sablonneux, où elles rampent et se nourrissent des débris des corps organisés. Les échinides sont à peu près dans ce cas, du moins les spatangues, qui s'enfoncent dans le sable; quant aux oursins proprement dits, c'est dans les endroits rocailleux qu'ils vi- vent en plus grande abondance, pour y chercher les crus- tacés, dont ils font leur nourriture ordinaire. Les astéries habitent aussi les plages sablonneuses et rocail- leuses, celles qui abondent en fucus. Il en est de même des ophiures, des comatules et des en- crines, quoique celles-ci soient fixées. Les médusaires, au contraire, évitent les plages et même les parages des côtes, et vivent à plus ou moins de distance en pleine mer; la foiblesse de leur locomotion ne pourroit les défendre contre les courans qui les porteroient à la côte. On en peut dire à peu près autant de toute la famille des pennatulaires, qui, par les mêmes raisons sans doute, vivent plus ou moins en pleine mer. Quanta tous les autres actinozoaires qui sont fixés, sauf encore quelques actinies, c'est sur les rivages, ou à peu de distance des côtes, qu'on les trouve, quelquefois cependant encore a d'assez grandes profondeurs. On en a découvert dans 96 des cavernes plus ou moins profondes, dans des anfracliio- sitës où l'eau est tranquille et où ne pénètrent pas les rayons solaires; c'est du moins ce qu'a observé Cavolini pour les gorgones, le corail, et même pour quelques madrépores. Quelques personnes disent cependant qu'en général les ma- drépores n'existent qu'à d'assez petites profondeurs, et dans les lieux où pénètrent les rayons lumineux. Les actinozoaires ne sont certainement pas répartis d'une manière égale dans l'intérieur des mers, toutefois on peut dire qu'il en existe de presque toutes les formes dans tous les parages. On ne peut nier cependant qu'en général ils de- viennent plus abondans à mesure que des pôles on se porte davantage vers l'équateur. On peut assurer, d'après les faits que nous connoissons, qu'ils sont aussi généralement plus nombreux dans l'hémi- sphère austral que dans le boréal, et dans la mer des Indes et toutes ses dépendances, comme la mer Rouge, le golfe Persique, l'archipel Indien , que dans toute autre mer; mais cette différence ne porte pas également sur loutesles familles. Ainsi, les actinies sont assez également réparties dans toutes les mers, dans celles des pays froids comme dans celles des pays chauds; mais il n'en est déjà plus tout-à-fait de même pour les holothuries et pour les astéries en général, qui m'ont paru bien plus abondantes dans la Méditerranée que dans l'Océan, dans l'Océan que dans la Manche et dans les mers du nord. Les méduses sont probablement dans le même cas; mais la différence est bien plus tranchée pour les madrépores en général. En effet, rares et fort petits dans les mers du nord , dans la Manche , et même dans l'Océan , ils deviennent un peu plus nombreux dans la Méditerranée, et surtout vers son rivage méridional ; mais les eaux dans lesquelles ils abon- dent, sont les mers de l'Amérique méridiouide , le golfe du Mexique, l'archipel des Antilles, la mer des Indes, etsurtoutla mer Rouge, dont les madrépores, d'après ce que nous ap- prend Forskal, semblent constituer le fond du sol. Les corallaires sont absolument dans le même cas; aussi à peine existe-t-il quelques espèces de gorgones dans les mers du nord ; tandis que la Méditerranée en offre déjà un assez grand nombre qui atteignent une grande taille, et que la 97 mer des Indes en est pour ainsi dire remplie dans quelques localités. Le corail et les isis ont encore une habitation plus limitée dans la mer Méditerranée ou dans celle des Indes. Quant aux sertulaires, aux tubulaireset auxcellaires , toutes les mers en offrent, et même en assez grand nombre. Les éponges sont, comme les corallaires, infiniment plus nombreuses en espèces et en individus dans les mers des pays chauds, même dans la Méditerranée,' que dans les mers du nord, où elles sont aussi en général bien moins volumi- neuses. Si les actinozoaires sont limités à une espèce de séjour constamment le même, dont quelques-uns seulement ne peuvent sortir que contre leur volonté et très-momentané- ment , on peut dire que le genre de nourriture dans tout le type est également unique ; en effet, tous, sans exception ', se nourrissent de substance animale : elle peut être sous diffé- rentes formes, c'est-à-dire qu'elle peut être en masse et pro- venir d'animaux entiers , morts ou vivans, qu'ils devront dé- chirer, ou bien décomposée, et, pour ainsi dite, dissoute ou suspendue dans le milieu qu'ils habitent, ce qui est le cas le plus ordinaire. Les actinozoaires dont la nourriture se compose d'animaux entiers, vivans ou morts, sont : les clypéastres , les oursins, les astérides en général; les méduses, au moins un certain nombre d'espèces, les actinies, les hydres même: ceux qui se nourrissent de matière animale conservée dans le sable ou même dans l'eau qui les environne, sont les holothuries, les spatangues et les madréphyllies , du moins la plupart, les madrépores, les polypiaires, les zoophytaires , et à plus forte raison les éponges. 11 seroit cependant possible de croire que ces animaux pourroient aussi bien se nourrir d'animalcules que les hydres; mais Cavolini dit positivement que, quoi- qu'il ait souvent observé des polypes de gorgones, de D»il- lépores dans des eaux remplies d'animalcules, il ne les a ja- mais vus essayer à en saisir avec leurs tentacules. Puisqu'il paroit assez peu commun que dans les zoophytes 1 Je trouve cependant que Cavolini dit que les oursins rongent sur les rochers les fucus et les corallines. 7 }-d nourriture soit sous forme solide oiï résistante, il est évi- 1 dent que rarement il doit y avoir chez eux quelque manière particulière de la saisir. Nous savons cependant que les our- sins clitrchent les crustacés et même les testacés dans les an- frac tuosi (es des rochers et peut-être dans le sable, et que les cirrhcs tenlaculaires dont la circonférence de leur bouche est année, retiennent et poussent la proie vers les mâchoires dentifères, qui la brisent et en facilitent la déglutition. Il paroît qu'il en est à ptu près de même des astérides; il faut aussi admettre que dans les méduses la manière de saisir leur proie doit être plus ou moins semblable , et que cette proie doit être amenée vers la bouche à l'aide des rebords de l'om- brelle ou des cirrhes dentelle est souvent pourvue ; mais c'est ce qui n'est pas encore hors de doute. M. Paul-Emile Botta a bien observé une méduse digérer un petit poisson dans son estomac ; mais il ne l'a pas vue le prendre. Les actinies sont à peu près d'ans le cas des hydres, c'est-à-dire que dans l'état de parfaite activité dans une eau tranquille, elles ont leurs ■. tentacules fortement étendus en rose et attendant qu'un ani- | mal vienne à passer. Ces organes s'attachent à la proie, l'en- tourent, l'enveloppent et la dirigent vers l'ouverture de la bouche , où elle est engloutie. Il se pourroit que dans les vé- ritables millépores les choses se passassent comme dans les hydres, parce que leurs tentacules sont souvent assez longs ^ mais dans la plupart des madréphyllies, dont quelques-unes n'ont pas même de tentacules, et peut-être aussi dans les madrépores, la nourriture est introduite avec l'eau dans la- quelle vit rarjimal, et il n'y a besoin d'aucun artifice pour cela. La nature des tentacules des zoophytaires ne permet pas de penser que chez ces animaux il y en ait davantage. Les rajiports des actinozoaires entre eux n'ont certainement aucun but de véritable société, et cependant un assez grand nombre sont dans un rapport tellement intime, qu'il en résulte un tout, une masse commune, à laquelle tiennent organique- ment tous tes individus et qui semblent être pour ainsi dire un ovaire commun : ab^rs on ne peut véritablement nier qu'il n'y ait quelques ressemblances avec un arbre ; c'est une sorte de société; mais elle n'est pas de choix : elle est forcée. Aucun des animaux des premières familles n'olïre cepen- 99 dant rien de semblable, puisqu'ils sont libres, et si on ren- contre quelquefois un assez grand nombre d'individus dans un espace resserré, c'est une circonstance fortuite ou bien qui a quelque relation avec la génération , suivant certains auteurs. Les actinies commencent à présenter des agglomérations plus ou moins considérables d'individus, quelquefois serrés les uns à côté des autres, d'autres fois en partie soudés et même ayant une sorte de base commune : il y a cependant ici individualité. Cette disposition se remarque bien plus fréquemment dans les madréphyllies et encore plus dans les madrépores, au point que la réunion intime des individus, du moins dans la partie postérieure et productrice de leur corps, donne lieu à une masse commune, qui semble pousser indépendamment des animaux composans. Dans ce cas, l'individualité ne paroît pas complète , toutefois dans l'appareil générateur et par suite dans celui de la digestion ; et Ton conçoit que la nourriture que prend un individu puisse réellement profiter aux autres: quant à l'individualité de sensibilité et même de locomoti- lité, nous avons déjà vu comment elles doivent exister l'une et l'autre. Un rapport d'individus en nombre également indéfini, mais gui doit être encore plus profond, se remarque dans les zoo- phytaires en général , quoiqu'il y ait quelques diJBférences entre les deux ordres qui constituent cette classe. Dans le premier, qui renferme les flustres, les cellaires, les sertulaires, les individus sont réunis entre eux par une partie commune, vivante, fixée, qui affecte une forme dé- terminée, mais qui peut être encore considérée comme la partie reproductrice commune : c'est d'elle, en etfet, comme nous l'avons vu, que naissent les ovaires extérieurs dans tout ce groupe. Mais, dans la plupart des genres qui constituent le second ordre, la partie commune a un nombre indéfini d'animaux affecte une forme encore bien plus déterminée et réellement bilatérale : elle est libre et elle jouit d'une locomotilité qui, quoique obscure, n'en est pas moins réelle, ei> sorte que rind'vidualité des animaux composans n'existe peut-être que pour la sensibilité. 100 Enfin, le sunimum de la confusion intime et de Tabsence de toute individualité se remarque dans les éponges , qu'on ne peut pas considérer réellement comme un seul animal, et dans lesquelles pourtant on ne peut pas séparer les individus com- posans sous aucun rapport. Nous avons dit plus haut que lesactinozoaires les plus libres n'avoient probableiiicnt entre eux aucun rapport de sexes qui aient pour but la génération; si, cependant, il étoit vrai que certaines espèces fussent pourvues des deux parties de l'appareil et que leur hermaphrodisme ne fût pas suffisant, on concevroit alors que les individus de la même espèce dussent se réunir et même peut-être s'accoupler. C'est l'opi- nion qu'a émise M. Spix , mais qui n'a été adoptée, je crois, par aucun observateur subséquent: nous la croyons, en effet, peu probable. Les rapports des actinozoaires avec le produit de leur gé- nération sont assez peu connus, mais ne sont certainement pas nombreux. Les holothuries déposent sans doute leurs œufs, comme les échinides et les astéries, dans des lieux qu'elles habitent, sans aucun choix et sans s'en inquiéter autrement. Les médusaires paroissf^nt les déposer quelque temps, du moins certaines espèces, dans les appendices dont elles sont pourvues. Les actinaires les vomissent , pour ainsi dire , dans le milieu où elles vivent , et les seuls de ces gemmes qui se développent sont ceux qui tombent cpnvenablement sur quelque corps où ils peuventadhérer parla matière glutineuse quiles enveloppe. Il est probable qu'il en est de même chez les madréphyllies et même les madrépores, du moins pour un certain nombre des gemmes reproducteurs, les autres se développant succes- sivement dans la partie génératrice commune. C'est ce que l'on peut dire à plus forte raison pour les zoophytaires , chez lesquels il y a sans doute un certain nombre de gemmes qui restent et se développent dans la partie com- mune , mais ici dans des limites déterminées ; tandis que d'au- tres, rejetés par les individus , vont ensuite, sans aucun rap- port avec leurs parens, donner naissance à une nouvelle souche. 101 Ainsi sous ce rapport, parmi les actînozoaires, !es xoophy. faircs ont véritablement une certaine ressemblance avec les végétaux arborescens, qui nous offrent des gemmes ou bour- geons reproducteurs adventifs qui se développent sur la masse commune, et des gemmes graines qui, rejetés du végétal, vont, dans des circonstances favorables, donner naissance à un nouvel individu complexe. Les rapports des actinozoaires avec les autres animaux ne sont pas, comme on le pense bien, à leur avantage. Des êtres qui pour la plupart sont d'une mollesse extrême, qui sont dé- pourvus d'organes des sens, dont la locomotion générale est nulle ou très-bornée, qui ne jouissent que d'une locomotion partielle peu importante, ne pourroient guère exercer d'ac- tion un peu notable sur le reste des animaux. En effet, sauf les oursins, les astéries, les méduses et les actinies, qui dé- truisent un certain nombre de crustacés ou de poissons pour leur nourriture, tous les autres n'ont probablement aucune action sur le règne animal. Les actinozoaires sont, au contraire, la proie d'un grand nombre d'animaux marins, et surtout de poissons, du moins les espèces qui, parleur grosseur et leur disposition , peuvent réellement être saisies par ces animaux , comme les holothu- ries, les stellérides, les méduses, les actinies; quant à celles qui sont solidifiées par une grande quantité de matière cal- caire ou dont la ténuité est extrême, aucun animal, du moins à notre connoissance, n'en fait sa proie; et c'est peut-être une des raisons pour lesquelles les madrépores pullulent avec tant d'abondance dans les lieux où ils trouvent les circonstances convenables. Les rapports des animaux dont nous faisons l'histoire gé- nérale avec l'espèce humaine, ne sont pas beaucoup plus nombreux qu'avec les animaux. En effet, il en est peu qui servent à notre nourriture; les oursins, dans l'état de déve- loppement de leurs ovaires, sont même peut-être les seuls qui soient dans ce cas. Il nous semble cependant avoir lu quelque part que les holothuries et les actinies sont quel- quefois mangées par les peuples pauvres qui habitent les bords de la mer ; mais c'est ce que nous n'avons jamais eu l'occasIoR de confirmer. 102 M. Delîe Chîaje le dit positivement des holothuries sur la côte de Naples. Lij partie solide de certaines espèces, comme les madré- phyllies, ies madrépores, etc., est emplo}êe, soit a faire de la chaux dans les pays où il n'y a pas de roches calcaires, soit même comme piefres de taille, ainsi que nous l'apprend Forskal ; il dit, en effet, que toutes les maisons anciennes et modernes de la ville de Djidda sont entièrement bâties de pierre«; équarries, que les h^bitans vont tailler dans les masses prodigieuses de madrépores qui bordentla mer Rouge. De tout temps historique Taxe pierreux du corail paroît avoir été employé à faire des bijoux, qui sont encore fort recherchés de nos jours et qu'on fabrique dans des manu» factures assez considérables à Marseille, en Italie et en Sicile. L'axe .solide et corné des vieilles anlipathes est aussi em- ployé pour le même usage, mais pour des bijoux de deuil. Les éponges molles ou les véritables éponges de M. Grant, nous sont dune utilité beaucoup plus réelle , soit dans notre économie domestique, soit même en chirurgie. Au reste, si les acfinozoaires sont d'une assez foible utilité à l'espèce humaine, ils lui sont encore beaucoup moins nui- sibles, à moins qu'on n'admette comme hors de doute que les madrépores peuvent assez rapidement s'accroître en tous sens pour former des écueils dangereux à la navigation : assertion qu'ont combattue MM. Quoy et Gaimard par des raisons qui m'ont paru plausibles , mais qui n'ont pas convaincu M. le professeur Reinhardt, comme nous le dirons plus loin. Quoi qu'il en soit, les actinozoaires sous aucun (lutre rap- port ne nous sont réellement nuisibles : mais un plus petit nombre qu'on ne pense produisent, dit-on, une sorte d'urti- cation quand leur corps vient à toucher quelque partie nue du nôtre : trop de personnes lé disent, pour que cela ne soit pas vrai; mais nous avouons que nous avons manié bien des fois des holothuries, des oursins, des astéries, des méduses, des actinies, dansles trois mers qui circonscrivent la France, sans en éprouver le moindre effet qui ait pu leur mériter le nom d'orties de mer ou d'acalèphes, qui leur a été donné depuis Aristoîe jusqu'à nous. Les actinozoaires n'ont aucun rapport , de quelque nature 103 que ce soit, avec le règne végétal' ; mais il n'en est pas de mcme avec le règne minéral ou mieux avec la masse du globe terrestre. En effet, les recherches des géologues concourent avec celles des voyageurs zoologistes pour démontrer que les dépouilles des madrépores ,,des madréphyllies , des millépores, des coraux même, entrent pourbeaucoup dausia composition de formations calcaires puissantes. A la fin du siècle dernier, cette idée éfoit tellement domi- nante qu'on étoit arrivé à admettre comme aphorisme, que toute la chaux provenait des polypiers; et aujourd'hui on est assez revenu de celle exagération , mais peut-être même a-t-on été trop loin dans ce sens. C'est à MM. Qnoy et Gai- mard que nous devons d'avoir considérablement modifié l'idée qu'on s'étoit faite de la rapidité et de l'étendue de l'eflfet que Forster surtout avoit aKribué aux polypes coralligènes et qu'avoient adoptée un grand nombre de géologues du siècle dernier; mais cet effet, quoique atténué, n'en existe pas moins. Il suffit, pour s'en assurer, de lire les détails que Fors- kal a donnés sur les madrépores delà mer Rouge, parmi les- quels il dit que l'on en tire des blocs qui ont vingt-cinq pieds, et qui ne coûtent cependant qu'une piastre ou trente et quel- ques sous : ce qui prouve combien ces matériaux y sont com- muns. En effet, il assure que toutes les maisons de Tor en sont construites. D'après ce que M. Faul-Emilc Botta nj'a dit àes iles Sandwich, il paroît que les maisons de la ville de Wawoue sont également construites en entier avec une pierre madréporique que leshabitans taillent en pleine roche snr le rivage même, et dont l'étendue est considérable. Ainsi il n'y a pas à douter que les polypiers coralligènes ne forment réellement encore de nos jours des mai-ses d'une grande éten- due , comme ils en faisoient anciennement; je me rappelle, en effet, d'avoir reuiarqué avec M. Constant Prévost, sur la cote de Normandie, à peu de distance de la vallée de la Tou- que, des blocs énormes qui étoient entièrement composés de madrépores fossiles. Mais la production de ces masses calcaires est-elle aussi ra* 1 CavoUni dit cependant positivement que les oUrsing rongent les fucus, conimc nous l'avous dôjà noté plus haut. 104 pide que le pensoit Forster et même Péron, au point de former des écueils, de barrer des passes, ce qui n'existoit pas peu (le temps auparavant? Nous avons déjà fait remarquer que ce n'étoit pas l'opinion de MM. Quoy et Gaimard. Tou- tefois M. le professeur Reinhardt, qui a séjourné pendant plusieurs années dans l'archipel des Indes, nous a assuré que ses propres observations à ce sujet le forçoient de croire que Forster et Péron ne s'ctoient pas autant éloignés de la vérité que les naturalistes de l'Uranie le pensoient : et M. Paul-Emile Botta, que je citois tout à l'heure, m'a rapporté qu'un ca»- pitaine américain qu'il a rencontré dans la mer du Sud, lui a parlé d'une localité dont il ne s'est malheureusement pas rappelé le nom, où une crique peu fermée a été pour ainsi dire transformée en un port bien clos par l'augmentation des roches de corail, et cela dans Pintervalle d'un assez petit nombre d'années. Ainsi, en définitive, il paroît que la grande abondance des polypes coralligénes dans certaines mers, dans certaines localités, et que la rapidité avec laquelle ces animaux se re- produisent des deux manières par l'extension de la masse com- mune qu'ils se forment et par la production de nouvelles ag- glomérations, doivent véritablement contribuer pour beau- coup à la modification de la forme de la surface de la terre actuelle, ce qiû a dû avoir également lieu dans les temps les plus reculés. La manière dont les madrépores constituent ces masses, ces bancs calcaires, qui entrent dans la composition des couches solides de la terre , est beaucoup plus simple que pour les dépouilles de malacozoaires. En effet, pour celles-ci il falloit Concevoir une grande accumulation de débris plus ou moins atténués, réunis par une sorte de gluten également calcaire, provenant des eaux qui les auroient traversés, et ces accu- mulations ne sont presque jamais dans la place où les coquil- lages ont vécu 5 mais pour les roches coralligénes , elles sont nécessairement aux lieux où elles ont été formées, et cette formation consiste dans la diminution proportionnelle de la matière animale, dans la densité augmentée par la pression des couehes supérieures, et enfin également dans l'introduc- tion de nouvelle matière calcaire par le fluide aqueux qui 105 les traverse. Ainsi Forskal, en parlant des carrières presque vivantes de la mer Rouge , dit que lorsqu'on enlève une masse de la mer, la partie supérieure est molle, que le reste de- vient de moins en moins cartilagineux et que le fond est tont-à-fait solide. On conçoit donc très-bien comment, par la suile des temps, des roches calcaires, ayant appartenu a des successions d'individus dont la dernière est encore vi- vante, sont déjà modifiées, changées par la réaction molécu- laire de la substance calcaire, au point de perdre déjà beau- coup de leur texture ordinaire, à plus forte raison lorsque ces roches, étant depuis long-temps dans le sein de la terre, pressées, recouvertes par des détritus également calcaires, ont été traversées d'une eau calcarifère; alors toute la roche de- vient plus ou moins cristalline, et le tissu originel finit par disparoitre complètement. C'est ce dont nous avons vu des exemples remarquables dans la collection de Faujas sur des échantillons de beau marbre de Carrare, faisant partie au- jourd'hui de la collection de M. Régley : les surfaces frustres de ces morceaux n'oGTroient aucune trace d'organisation, tandis que celles qui avoient été polies montroient, sous un certain aspect, une disposition stelliforme provenant évidemment des loges d'astrées, CHAPITRE NEUVIÈME. Des principes de classification des Actinozoaires, Après avoir analysé rapidement les dîÊférens points de l'histoire naturelle des animaux que nous comprenons dans le type des actinozoaires, il nous reste, avant d'en exposer la classification méthodique, à dire quelques mots sur les prin- cipes qui nous semblent devoir guider et qui nous ont, en effet, guidé dans cette classification. Nous avons défini depuis long-temps l'espèce , une collection plus ou moins nombreuse de variétés plus ou moins fixes, constituée par un nombre variable d'individus, qui, sembla- bles dans l'ensemble de l'organisation, et surtout dans toutes les parties de l'appareil reproducteur, peuvent se continuer dans le temps et dans l'espace par la génération. La variété est une collection plus ou moins nombreuse d'individus d'une même espèce , et qui , pouvant se reproduire 106 cl perpcîner. difierent par quelque proportion dans la forme, dans Ja grandeur et dans la coiilear; difFirences pouvant pro- venir de causes également difï'érejites , d'où les variétés d'âge, de sexe, de localités, etc. Enfin, l'individu est l'être vivant ou mort, indépendant, adulte ou non, que nous avons actuellement sous les yeux, et que nous caractérisons en le rapportant à une variété fixe ou non, et par suite à une espèce déterminée. Il est d'autant plus monstrueux qu'il s'éloigne davantage de son type spécifique, et surtout quand il ne peut se repro- duire. D'après ces définitions il est évident que la distinction de l'espèce doit porter d'abord sur l'appareil générateur , et qu'elle sera d'autant plus facile que cet appareil sera plus distincf , plus compliqué et aura plus de rapports avec les ap- pareils extérieurs. Or , dans les actinozoaires il n'y a presque toujours qu'une seule partie, la partie femelle de l'appareil, celle qui a le moins de rapports avec l'extérieur : cette partie n'est pas toujours localisée, même dans sa terminaison ; d'où il résulte que la distinction des espèces est souvent d'une très* grande ditiiculté et même quelquefois presque impossible, comme dans les éponges et les téthyes , quand on n'a pas égard à leur tissu. Dans les espèces qui ont quelque organe extérieur appar- tenant de près ou de loin à la génération, leur distinction doit porter sur cette considération. Ainsi, dans les oursins, dans les astéries, le tubercule dorsal est celui qui nous a paru offrir le plus d'utilité sous ce rapport. Dans les espèces qui ont ce qu'on a nommé des ovaires extérieurs, comme les flustres, les cellaires, les sertulaires, la forme de c«t organe est de première importance et varie sensiblement pour chaque espèce. Dans celles dont il est possible d'apercevoir les ovaires in- ternes à cause de la transparence du corps , comme dans les méduses, on pourra aussi trouver dans leur considération de très-bons caractères pour la distinction des espèces. Enfin, dans celles oii l'appareil générateur ne se traduit à l'extérieur que par sa terminaison, on trouvera encore beau- coup d'avantages à considérer la position, la disposition et le 107 nombre des orifices qui la constituent, comme cela est évi- dent chez les échinides et peut-être dans les gorgones et au- tres genres des corallaires. Les principes qui doivent ensuite diriger dans la distinction des espèces d'actinozoaires devant varier presque dans chaque classe ou chaque ordre, nous ne nous en occuperons pas ici, niais dans les généralités propres à chacun d'eux. Quant à ceux qui peuvent servir à la distribution des es- pèces en genres, en familles, en ordres et en classes, il m'a semblé qu'ils pouvoient être réduits aux considérations sui- vantes, que je range dans l'ordre de leur importance. 1.° Laforme déterminée, régulière , définissable , commen-i surable , ou bien irrégulière et incommensurable , d'où j'ai tiré la séparation des zoophytes en deux types, celui des acHnozoaires et celui des amorphozoaires. 2.° La distinction, la séparation des individus, qui, com- plète dans plusieurs groupes, comme dans les holothuries, les échinides, les astéries, les méduses, l'est déjà quelquefois moins dans les actinies, ne l'est que dans les parties anté- rieures du corps chez presque tous les madréphyllies, les ma* drépores, lesmillépores, etc., et peut-être encore moins dans les tubulaires, les zoophyfaires, où la réunion est encore bien plus intime, et enfin n'a plus lieu dans les éponges et les té" thyes. 5.** L'existence ou l'absence d'un intestin avec un ou deux orifices, libre ou flottant dans une cavité abdominale, don- nent aussi lieu à des caractères du premier degré pour la sé- paration des zoophytes en classes, ordres et familles. 4.** L'existence douteuse ou certaine des deux parties de l'appareil générateur, le nombre des divisions de l'ovaire, sa position interne ou externe, sa disposition binaire ou com-» plétement radiaire, son mode de terminaison par un ou plu- sieurs orifices autour de l'anus ou de la bouche , doivent aussi être pris en considération. 5." La liberté ou la fixité des individus simples, agrégés ou réunis, n'est pas non plus sans utilité dans la classification des actinozoaires, quoiqu'on trouve dans presque toutes les classes des espèces libres et d'autres fixées. Ainsi, les encrines sont ^xées jparmi les astérides, qui sont libres; les zoanthcs parmi 108 les aclinies; les tiirbinolies, les fongies sont au contraire li- bres parmi les madrépliyllies qui sont fixées ; les hydres parmi les polypiaires ; les pennatules parmi les zoophytaires, et peut-être même certaines télhyes parmi les spongiaires. 6.° Le nombre, la nature et la forme des appendices qui entourent l'extrémité antérieure du corps, et qui servent à des usages très-diliérens, et surtout à la respiration et à la préhension buccale. 7.** La nature épaisse, mince, molle, dure, lisse ou épi- neuse de la peau. S.** I.a nature molle, coriace ou calcaire d'une partie du tissu même qui compose le corps des actinozoaires. C'est en combinant les caractères obtenus à l'aide de ces différentes considérations que nous sommes arrivé au système général des actinozoaires que nous proposons, et que nous avons adopté dans le Gênera qui va suivre. Nous ne le regar- derons cependant pas encore comme définitif, la connois- sance un peu approfondie des principaux animaux de ce type n'est pas encore assez avancée pour cela. Ainsi, quoique nous placions les polypiaires avant les zoophytaires, afin de passer par une série naturelle descornulairesou des espèces simples, par les corallaires, les pennatulaires , aux alcyonaires qui sont si voisins des éponges et des téthyes, il se pourroit réel- lement qu'ils dussent être rais beaucoup plus b^ dans l'échelle , du moins à en juger par ce que nous savons des hydres, chez lesquelles il semble qu'il n'y a aucune sorte de viscère et pas même d'ovaire ou d'organe spécial de la génération. Nous n'avons pas osé non plus prendre un parti définitif au sujet de la classe que nous avons désignée d'après un ca- ractère singulier de la présence d'un opercule fermant l'ou- verture bilatérale des loges, dans lesquelles le petit animal peut rentrer ou sortir à volonté. Sans doute nous avons très- bien vu la disposition fort remarquable du corps de l'animal, qui est recourbé dans sa cellule, de manière que l'extrémité postérieure, très-rapprochée de l'antérieure, semble se ter- miner par un orifice anal communiquant avec l'extérieur: nous voyons bien un certain rapprochement à fitire entre ces animaux et les plumatelles, qui ne sont très-probablement pas des actinozoaires; mais, nous le répétons, nos observations, 109 qaoiqiie nombreuses, ne sont cependant pas encore assei mûres pour pouvoir prononcer. D'après l'observation que nous avons faite sur les premiers développemcns des cellaires, et entre autres de la cellaire sa- iicor, nous pensons être déjà en droit de placer auprès de ces derniers êtres la très-grande partie des coquilles micros- copiques dites polythalames , et rapprochées, on ne sait réel- lement pourquoi, des nautiles et des spirules; cependant nous n'avons pas cru devoir encore faire ce rapprochement. Nous avons, au contraire, éloigné de ce type une assez grande quantité d'êtres que les auteurs systématiques les plus récens rangeoient parmi les zoophytes ou parmi les radiaires et les polypes; les uns étant bien certainement des animaux, mais de types très-différens et plus élevés; les autres étant au contraire des végétaux, et enfin quelques-uns n'étant pas, suivant nous, des êtres organisés» Dans la première catégorie nous rangeons î a) les Physo- grades, contenant les Physales, les Rhyzophyses, les Physo- phores; b) les Ciliobranches, contenant les Béroè's, les Callia- nyres, les Gestes, etc.; c) les Diphyes avec les genres déjà assez nombreux qu'ont établis M. Lesueur d'une part, et IMM* Quoy et Gaimard d'une autre; et d) enfin, les Infusoires ou Microscopiques, que nous regardons comme des animanx de types et de familles très-différens, les uns étant de véritables entomostracés, les autres des ascaridiens, ceux-ci des pla- nariés, et enfin ceux-là peut-être des gemmes d'animaux zoo- phytaires, se mouvant rapidement en cercle, comme quel- ques cyclides , efc. Dans la seconde, nous rangeons sans hésiter les Corallines et les genres assez nombreux qu'on a déjà établis dans cette famille, et à plus forte raison les Dicholomaires, LiagoreSj etc., qui sont évidemment des Fucus. Nous y plaçons aussi les Oscillatoires, les Conferves, les Bacillaires; en un mot, ces différens genres qu'à étudiés avec beaucoup de soin M. Gaillon , et dans lesquels il a cru voir des animalcules se réunir par leur mort, ou plutôt au mo- ment de leur fécondation, en de longs filamens, ce qui les lui a fait nommer Nématozoaires. Enfin, dans la dernière catégorie nous classons les zoo- 110 spermes ou les prétendus animaux spei'matiques , qui ont été alternativement regardés comme des animaux ou comme n'en étant pas par les micrographes; mais que, d'après des expériences nombreuses et répétées sur un grand nombre d'animaux de classes différentes, et depuis quatre ou cinq ans, nous croyons n'être que c\cs particules d'une densité et peut-être d'une nature chimique différentes, tendant à se dissoudre dans un fluide aqueux, opinion qu'ont également soutenue dans ces derniers temps, MM. Dutrochet et Raspail. Ce n'est peut-être pas le moment d'exposer les raisons sur lesquelles nous nous fondons pour soutenir ces différentes manières de voir en opposition avec presque tous les zoologistes systématiques, d'autant plus que nous en donnerons au moins une partie dans les observations jointes à l'exposition du Sys- tème qui appartient à chaque famille. En effet, pour ne rien négliger des parties de la science dont l'enseignement nous a été confié, quoique ces êtres ne doivent pas être considérés comme des zoophytes . nous ne devons pas moins en faire mention dans cette espèce de résumé de tous les animaux in- vertébrés inarticulés. Au reste, pour mieux faire sentir notre plan, nous allons l'exposer sous forme de tableau synoptique. Page iio. Physogrades. Béroës ou Cilioiranches, Diphyes. /*t faax ; mais animaux à tort rap- ) Entozoaires. portés aux Zoophytes. Al \ O > Typel. ACTINOZOAIEES. tt vrais . I Infusoires ou Mi- croscopiques. .Microzoaires. Entomostraeés . Ascaj-idiens. Planariés. Gemmariés ? Classe I." Cirrhodermaires l Holothurides. \Echinides • • • ■ Classe II. Ar a chnoder maires \ Classe III, Zoanihaaires calcaires . Classe IV. Polypiaires, Classe V. ZoopJryiaires OU Cténocères. non maxiîîés^ maxillés. I Astérides. \Steiienaes Ophiurîdes. Encrimiens. Cardiogrades. Chondrogrades, ^raous Actinies. coriaces Zoanthes. IMadre'phyîlieS» Madrépores. Sous-Cl. I. Polypiaires calcaires. Fam. I.'= MUléporés. — II. Tubuliporés. Sons-Cl. II. Polyp. membraneux. Fam, II. Operculijhres on Éscharie's. — II. Cellariés, — m, Sertulariés. Sous-Cl. III. Polyp.. douteux. ISous-CL IV. Polyp, nus ou Mydi:es I. Tubiporês^. I Corallaires.. II.{ Pennatiiîàùres^ [AIcyOTiaires^ = Spongiaires et Tké/yairsSi. Itttfauï. Type II, . Amorphozoaires. . = ...,,,. ICo7a?iines.. Nématozoaires ou I^smatopnytes» Psycho diaireSi- ! Zoospermes. Nulhpores. 111 Les PHYSOGRADES. Corp5 régulier, symétrique, bilatéral, charnu, confracfîfe, souvent fort long, pourvu d'un canal intestinal couipict, avec une dilatation plus ou moins considérable aérifère ; une bouche, un anus, Tune et l'autre terminaux, et des branchies anomales en forme de cirrhes très-longs , très- contractiles, entremêlés avec les ovaires. Ohseri'at. Les animaux qui constituent celte classe sont tellement anomaux au premier aspect, ils semblent tellement s'éloigner de la forme des types connus, qu'il étoit réellement assez dillicilede s'en faire une idée un peu satisfaisante. Aussi les zoologistes qui ont suivi la méthode naturelle , en les pla- çant parmi les animaux rayonnes, étoient-ils obligés d'en faire une section particulière, sous le nom de Radiaires ano- maux ou irréguliers; et, en effet, c'étoient des Radiaires bien anomaux, puisqu'il n'y a rien chez eux qui ofiTre Iç moins du monde la disposition rayonnée. Une autre raison qui a dû aussi contribuer pour beaucoup à faire méconnoitre les rapports des physogrades, c'est qu'il est assez rare de les rencontrer sans qu'ils soient mutilés, sans doute par les poissons qui ont essayé d'en faire leur proie; et surtout parce qu'il est presque impossible de s'en emparer sans les endommager, et par conséquent de les conserver dans les collections, tant leur consistance est foible; d'ailleurs la liqueur conservatrice les crispant, les contractant, les chan- geant beaucoup de ce qu'ils étoient dans leur état naturel. Depuis long-temps j'avois des doutes trés-prononcés sur la place assignée à ces animaux dans le cadre zoologique, fondés seulement sur la forme extérieure, qui dans nies principes suffit pour traduire et déterminer le degré d'organisation d'un animal; mais je n'avois pu réussir à les éclaircir complètement, jusqu'au moment où MM. Quoy et Gaimard ont bien voulu soumettre à mon observation plusieurs individus de la phy- sale commune, et surtout jusqu'à celui où M. Kérissier de Gerville a eu la complaisance de m'en envoyer un individu assez complet ef fraîchement conservé dans l'esprit de vin. Pepuis lors j'ai eu l'occasion d^observer quelques échao- 112 tîllons de physsophore et de sléphanomîe, que m'ont égale- ment communiqués MM. Quoy et Gaimard ; de sorte que je crois pouvoir retirer, avec connoissance de cause, tous ces animaux du type des Actinozoaires , pour en former un ordre distinct dans le type des Malacozoaires. Peut-être Cependant les stéphanomies ne doivent-ils pas appartenir à la même fa- mille que les physsophorcs proprement dits* Les aufeurs qui ont parié des animaux qui constituent cet ordre, sont assez nombreux; mais un assez petit nombre d'entre eux les a examinés d'une manière un peu complète. Les physales ont été remarquées les premières; et en effet, depuis Browne, qui en a donné les premières 6gures, jusqu'à M. Lesson , qui vient d'en publier de nouvelles dans l'Atlas du voyage autour du monde, par le capitaine Duperrey , il est peu de voyageurs qui n'en aient fait mention* Les physsophorcs ont été moins observées, et c'est Forskal qui me semble les avoir le mieux connues. Les stéphanomies ont été découvertes par MM. Péron et Lesueur; mais ils ont caractérisé ce genre d'après des individus incomplets. En6n, MM. Quoy et Gaimard ont publié un travail ex pro- fesso sur les physsophorcs ; travail qu'ils ont adressé à l'Aca- démie des sciences, pendant la durée même de leur dernier voyage sur l'Astrolabe, commandé par le capitaine d'LJrville. C'est à l'aide de ces ditférens travaux , et surtout au moyen des matériaux que MM. Quoy et Gaimard m'ont généreuse- ment fournis, que j'ai pu exécuter la distribution systéma- tique des Physogrades que ie propose ici, et qui devra servir à rectifier ce que j"ai dit de ces animaux dans le Diction- naire des sciences naturelles. ^ Les P. à organe natatoire simple et lamelleux. Physale, Phjysalus. Corps ovale nn peu alongé, plus étroit et proboscidiformé' en avant, hydatiforme au milieu, atténué et obtus en arrière; bouche étoiléeet terminale; anus latéral; un pied en forme de crête ou de lauie oblique, dirigé d'avant en arrière; branchies fort anomales et composées d'un très- grand nombre de productions cirrheuses, très-diversiformes; or- 113 ganes de la génération se terminant au tiers antérieur du côté droit, par deux orifices fort rapprochés. Espèces. La Phvsale aréthuse : P. arethusa , Tilésius; Kru- senst. , 3,5. 91 . Arethusa, Browne , Jam., p. 386, tab. 4, fîg. 5; Med. ca^ ravella, Muller, Nalurf., 2, p. 190 et 191, fig. 2: Phjs. pela- gica , Lamk. , II , p. 480 ; Phjs, caravella, Escli. , Acaleph. ,160, I , tab. 14, fig. i. (Atlas, pi. 1, fig. 1.) Le P. GLAUQUE; P. glduca , Tilésius, Monogr., p. 92, t. 2, fig. 1. La P. PÉLAGIQUE : P. pelagica, Osbeck, Voyage, 284, t. 12, fig. 1 ; Bosc , Vers, 1 , p. 169 , tab. 19 , fig. 1 et 2 ; Tilésius, ibid. , pag. 94, tab. 1 , fig. 7 , 8 et 9; Pk. tuberculosa, Lamk., II, p. 480. La P. de Lamartintère : P. Lamartinieri , Tilésius, Monogr,, 99; Lamartiniére, Voyage de la Peyrouse , tom. 4, pi, 20, fig. i5 et 14; Ph. utriculus, Esch. , 5, t. 14, fig. 2. Médusa utriculus^ Linn., Gmel., p. 01 55, n." 20. La P. CORNUE : P. comuta, Tilésius, Monogr., tab. 1 , fig. 14 et 16; Ph. pelagica , Esch., 2. La P. de Gaimard; P. Gaimardij de Biainv., Dictionn. des se. nat. , tom. XI , p. i32. Ohserv. Ce genre, établi d'abord par Browne sous le nom ù'' Arethusa , et ensuite par Osbeck sous la dénomination qui a été adoptée, a été admis par tous les zoologistes , mais tout autrement défini par nous qu'il ne l'avoit été jusqu'alors ; en effet, il ne nous a pas été difficile de démontrer que les animaux qui le constituent, n'ont absolument rien de ra- diaire dans leur organisation. Dans notre premier travail à ce sujet, inséré dans le Dictionnaire des sciences naturelles, nous avions été conduit à considérer les phj^sales comme ap- partenant à la famille des biphores du type desmalacozoaires; mais dans notre mémoire lu à l'Académie des sciences sur la fin de 1828, nous avons montré que ce rapprochement étoit erronné : en effet, il nous a été facile de faire voir dans ces animaux une bouche à l'extrémité d'une sorte de prolonge- ment antérieur du corps, un anus latéral vers la partie pos- térieure, un pied ou organe locomoteur dans ce qu'on nomme 8 114 la crête ou la voile, des branchies dans les longs filamens di- versiformes qui sont placés sur toute la partie postérieure du dos, dans la ligne opposée à celle qu'occupe le pied; enfin, nous avons reconnu la terminaison des organes de la généra- tion dans deux orifices fort rapprochés qui se remarquent au côté gauche du corps, à la racine de la partie probos- cidiforme. D'après cela, nous en avons conclu que les phy- sales étoient des animaux mollusques , nageant renversés à la manière des Éolides, des Cavolinies et des Glaucus, et de beaucoup d'autres genres de la même famille. Dans le peu qu'il nous a été possible de voir dans leur organisation , nous avons parfaitement reconnu les deux enveloppes animales, l'une pour la peau, l'autre pour l'estomac; celui-ci suscep- tible de se gonfler d'air par la disposition du sphincter de la bouche; nous croyons aussi avoir remarqué une plaque hépatique , des vaisseaux et l'organe central de la circulation. C'est aux personnes qui pourront étudier ces animaux vivans, ou fraîchement morts , qu'il appartient de confirmer notre manière de voir et d'aller plus loin. Le nombre des espèces de physales est bien loin d'être établi d'une manière un peu rationnelle , et par conséquent certaine. Nous avons adopté celui de six, qu'a fixé M. Tilé- sius , mais nous sommes bien loin de croire qu'elles sont réel- lement distinctes. En effet, MM. Quoy et Gaimard , dans leur mémoire sur les physsophores envoyé à l'Académie, assurent qu'il n'y en a que deux. M. Eschscholfz en admet trois. Les caractères sur lesquels on a établi la distinction des espèces, ont été essentiellement tirés de la disposition des produc- tions cirrhiformes branchiales : or, rien n'est aussi variable que ces organes , soit pendant la vie, soit après la mort- L'âge paroît y apporter des différences encore bien plus considé- bles, surtout dans le nombre, comme je m'en suis assuré moi-même sur des individus rapportés par MM. Quoy et Gaimard. Je ne crois cependant pas qu'à aucune époque de la vie il n'y ait jamais rien de rayonné dans leur disposition , comme me l'a dit M. Mertens à son passage à Paris. 115 ** Les P. à organes locomoteurs complexes et vésiculeux, Physsophore , PhjssopJiora, Corps plus ou moins alongé , cylindroïde, hydatiforme dans sa partie antérieure , pourvu au-delà de deux séries de corps vésiculeux diversiformes , à ouverture régulière, et en arrière d'un nombre variable de productions cirrhi- formes très-diverses, dont deux beaucoup plus longues et plus complexes que les autres; bouche à l'extrémité de la partie hydatiforme; anus terminal; organe de la généra- tion ? Espèces. La P. hydrostatique, P. hjdrostatica , Forskal , Faun. arah., p. iig; Icônes, tab. 55, fig. £; cop. dans TEnc. méth., pi. 89, fig. 7-5- (Médit.) La P. MUzoNÈME, P. muzonema, Péron et Lesueur, Voy. aux terres aust., pi. 2 9, fig. 4 (cop. de l'Atlas, pi. 2 , fig. 2); Lamk., 2, pag. 476. (Océan Allant.) La P. BLANCHE , P. alba , Quoy et Gaimard , Astrolabe , Zoologie. La P. INTERMÉDIAIRE, P. intcrmedia^ id. , ibid. La P. AUSTRALE, P. australis , id,^ ihid. La P. A DEUX VESSIES, P. hivesiculata^ id. , ibid, La P. DE Forskal, P. Forskalii , Quoy et Gaimard, Voy. de rUranie, pag. 585, t. 87, fig. 6. Observât. Ce genre, établi et assez bien caractérisé par Forskal, a été adopté par tous les zoologistes subséquens ; mais souvent avec des modifications dans la caractéristique qui l'ont un peu dénaturé. Avant le dernier voyage de MM. Quoy et Gaimard, n'ayant jamais rien vu de ces animaux , il m'avoit été absolument impossible de m'en faire une idée un peu satisfaisante ; je m'étois borné à assurer que ce n'étoient nullement des mé- dusaires, et qu'il n'y avoit rien de radiaire dans leur organi- sation. J'étois donc porté à croire qu'ils dévoient être rap- prochés des physales, comme on l'avoit fait jusqu'alors. Grâces à la complaisance des voyageurs que je viens de citer, j'ai pu étudier deux animaux de ce genre dans un assez bon état de conservation; et j'ai converti la plupart de 116 mes doutes en certitude. Ainsi je me suis assuré que ce qu^on nomme la vessie hydrostatique est musculaire, et est évi- demment un renflement du canal intestinal, avec un orifice ou bouche à son extrémité; qu'au-delà le corps non vésicu- leux , à parois plus épaisses, est pourvu d'organes singuliers, musculaires, creux, avec un orifice bien symétrique à l'ex- Irémité postérieure, et que ces organes sont bien régulière- ment disposés par paires plus ou moins nombreuses et sériales. J'ai reconnu enfin que le corps, plus ou moins prolongé en arrière et comme intestiniforme, est également pourvu, mais seulement dans une partie de son étendue , d'une assez grande quantité de productions cirrhiformes très-diversiliées , et dont quelques-unes, beaucoup plus longues que les autres, sont appendiculées dans toute leur étendue. D'après cela, j'ai été conduit à considérer la vessie hydro- statique des physsophores comme la partie antérieure du corps des physales; la seconde partie de celles-là, comme le corps proprement dit de celles-ci : les poches contractiles des unes représentant le pied des autres ; enfin , j'ai vu des branchies dans les productions cirrhiformes de l'un et de l'autre genre. Tous ces rapprochemens ne sont peut-être pas tout-à-fait hors de doute; mais ils nous semblent fort probables; aussi pensons-nous que la figure de la seconde espèce donnée par M. Lesueur, a été un peu arrangée dans l'idée que c'étoit un animal rayonné, du moins dans les parties inférieures; car il est aisé de voir que les organes natateurs sont sur deux séries longitudinales. Les physsophores diffèrent cependant des physales , en ce qu'elles nagent ou flottent dans une position verticale, la poche aérifère étant en haut et les productions cirrhifères en bas. La distinction des espèces de physsophores me semble de- voir porter surtout sur le nombre et la forme des organes natateurs; malheureusement il paroit qu'ils tombent avec la plus grande facilité : c'est peut-être à cela qu'est due la sin- gularité signalée dans la P. hydrostatique de Forskal , de trois de ces organes d'un côté et de cinq de lautre. Cepen- dant, comme le nombre total huit est le même que d;ins le P. muzonème de Pérou , peut-être la différence entre les deux 117 côtés, dans celle de Forskal, tient-elle uniquement à ce que l'un de ces organes a été à tort rapporté à un côté auquel il n'appartenoit pas. J'ai observé moi-même la dernière espèce, et je suis cer- tain qu'elle n'a qu'une paire d'organes natateurs. DiPHYSE, Diphjsa, Corps cylindrique, alongé, contractile , musculaire, composé de trois parties : l'antérieure vésiculeuse ; la moyenne por- tant à sa partie inférieure deux organes natateurs creux, placés l'un devant l'autre, et enfin la troisième, la plus longue, pourvue en dessus d'une plaque fîbrillo-capiliacée, et en dessous de productions cirrhiformes ; bouche termi- nale ; anus? Espèce, La D. singulière, D. singularis, Quoy et Gaimard , Astrolabe , zoolog. Olser^, Ce genre est établi sur une espèce de physogrades que j'ai pu étudier, parce qu'elle a été rapportée en assez bon état de conservation par MM. Quoy et Gaimard; elle m'a paru différer beaucoup des véritables physsophores, en ce que les organes locomoteurs sont médians et ne forment qu'une seule série composée de deux poches inégales, placées l'une au-devant de l'autre, de manière à ressembler davantage à un pied de malacozoaire et encore mieux peut-être à une diphye. La partie postérieure du corps, qui n'est peut-être pas complète, est couverte en dessus par une espèce de pla- que entièrement formée par une sorte de guillochis capillaire , tandis qu'au-dessous sont des racines de productions cirrhi- formes, du moins à ce que je suppose. En avant du premier organe locomoteur est un organe bilobé dont j'ignore hi na- ture, et à sa racine un orifice ovalo -médian, appartenant peut-être à la génération. Rhizophyse, Rhizopliysa» Corps libre, transparent, très-contractile, fort alongé, fistu- leux , renflé à une extrémité en une sorte de vessie aéri- fère, avec un orifice terminal, pourvu dans toute sa Ion- 118 gueur de productions (enlaculiformes éparses, mclées avec des filets cirrhiformes. A. Espèces à productions tenfaculif ormes simples. Organes natateurs creux, (G. Rhizophjsa.) La Rhizqphyse planostome, R. planostoma , Péron. La Rh. de Péron; Rh. Peronii , Esch., Acaleph. , p. 148, n." 2, t. i3,lig. 3. B. Espèces àproductions tentaculiformes couvertes de filamens cir- hiformes. Organes natateurs inconnus. (G. Epihulia, Esch.) La Rhizophyse filiforme; R. filiformis , Péron, Lesueur, Voyage , pi. 69 , fig. 5 ( cop. de l'Atlas , pi. 2 , fig. 1 ) ; Phys- sophora Jiliformis , Forskal , Faun, arab. , p. 1 20 , n." 47 ; Icônes , tab. 23, fig. F.; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 89, fig. 12. Observât. Ce genre, établi par Péron sur un animal que Forskal plaçoit parmi sesphyssophores, ne m'est connu que par la figure et la description que ce dernier en a données; à en juger d'après cela, il se pourroit réellement que ce fût un animal incomplet et qui auroit perdu ses organes natateurs, comme le pensent MM. Quoy et Gaimard. Cependant Fors- kal paroit ne pas le supposer, et M. Mertens nous a assuré qu'il l'avoit aussi rencontré sans aucun de ces organes. MM. Quoy et Gaimard , dans leur manière de distribuer les espèces de physsophores, ont tout autrement défini les Rhizophyses que Péron et que nous, puisqu'ils considèrent comme telles les espèces chez lesquelles les organes natateurs ne sont pas limités à un espace du corps, mais existent dans toute sa lorîgueur entremêlés avec les productions cirrhi- formes; il les partagent ensuite en deux sections, suivant que ces organes natateurs sont ou ne sont pas creux, et alors ils rapportent à ce genre celui qu'ils avoient désigné sous le nom d'hippopode. *'''^' Espèces pourvues de deux sortes d'organes locomoteurs , les antérieurs creux ^ les postérieurs solides. ApOLÉiMiE, Apolemia. Corps fort aîongé, cylindrique , vermiforme, pourvu enavant d'un assez grand nombre d'organes natateurs creux sur deux 119 rangs, et en arrière d'organes solides, squameux, entre lesquels sortent des cirrhes tentaculiformes, garnis de su- çoirs vermiformes. Espèce. L'Apolémie grappe : A. urania, Esch., Acaleph, j pag. 140, 1. 1 3 , fig. 2 : Stephanomia iu'a , Lesueur (Atlas, pi. 3 , fjg. 1 , irt, 1 h). Stéphanomie, stephanomia. Corps en général fort alongé, cylindrique, vermiforme, cou- vert dans toute son étendue, si ce n'est dans la ligne mé- diane inférieure, d'organes natateurs squameux, pleins et disposés par bandes transverses, entre lesquelles sortent, et surtout inférieurement , de longues productions cirrhi- formes très-diversifiécs, mêlées avec des ovaires. Orifices du canal intestinal terminaux. Espèces, La Stéphanomie hérissée, S. amphitrides ^ Péron et Lesueur, Voyage aux terres aust. , p. 45, pi. 29, lig. 5; de Chamisso, Eysenhardt, De anim. quibusd. verra., JSoy, academ, cur, nat, , tom. 2 , pag. 062 , tab. 52 , fig. 5 , A, F. La S. PÉDicuLÉE, S. pediculata, Les., Mém. mss. La S. APPENDICULÉE , S. appendicuLdta , id.^ ibid, La S. KOSACÉE, 5. rosacea , id. , ibid. La S. TRIANGULAIRE, 6. trianguluris , Quoy et Gaim. , Astro- labe , Zoolog. La S. IMBRIQUÉE, S, imbricata , id. , ibid. La S. HEXACANTHE, S, liexucantha, zd. , ibid, La S. FOLIACÉE, S, foliacea, id, ibid. Observ. Ce genre a été établi par Péron et Lesueur, dans l'ouvrage cité , pour des animaux incomplets sur lesquels MM. de Chamisso et Eysenhardt nous ont donné des détails un peu plus satisfaisans. Je ne l'ai long-temps connu que sur ce que ces auteurs en ont dit, et sur un petit tronçon de là S. à grappes, que m'avoit donné M. Lesueur. Depuis lors j'ai eu à ma disposition quel- ques individus peut-être complets qu'ont rapportés dernière- ment MM. Quoy et Gaimard , et de jolis dessins faits par M. Lesueur sur des animaux qui étoient sans doute entiers, en sorte que j'ai pu m*en faire une idée plus nette. 120 D'abord je me suis assuré que les stéphanomies sont des animaux bilatéraux et parfaitement symétriques, c'est-à-dire que leur corps, quelquefois extrêmement alongé, enferme de long ver tortillé sur lui-même, est partageable en deux côtés égaux par un plan dirigé dans son axe ; il est du reste à peu prés cylindrique, avec un long et assez large sillon médian à sa partie inférieure, ce qui donne à la coupe du corps l'aspect un peu réniforme. Il est, en outre, entièrement composé de lamelles musculaires placées de champ, libres à leur bord ex- terne; ce qui fait que sa surface extérieure est profondément cannelée: disposition que je ne connois encore que dans ce genre d'animaux. C'est dans le sillon médian inférieur que s'attachent la très-grande partie des productions diversifor- mes plus ou moins alongées, qui, parla grande extension dont elles sont susceptibles, donnent aux stéphanomies un aspect si singulier. Mais, outre ces productions, je crois m'être assuré qu'il en est d'autres, peut-être ovifères, dont la succession d'es- pace en espace forme trois séries longitudinales: l'une médio- dorsale et les deux autres latérales. Quant aux organes squa- miformes, ils sont pleins et disposés par bandes transverses commençant vers la ligne dorsale et finissant vers celle qui lui est opposée ; ils m'ont paru tenir fort peu au reste du corps et presque seulement par un vaisseau radiculaire. Je ne puis assu- rer que j'aie vu une stéphanomie bien entière ; il se pourroit cependant que cela fût : alors je penserois que le canal intesti- nal , étendu d'une extrémité à l'autre , seroit terminé par deux orifices arrondis, dont l'antérieur, plus grand, seroit au mi- lieu d'une sorte de bourrelet labial : il n'y auroit donc pas dans ce genre de rentlement hydatiforme. Je dois cependant faire observer que M. Lesueur en indique un dans la figure de l'es- pèce qu'il nomme appendiculée, et que MM. Quoy et Gai- mard dessinent et décrivent très-bien la vessie des espèces dont je forme le genre Rhodophyse ci-dessous. Ainsi il y a encore quelques incertitudes sur la structure de ce genre singulier; je doute au moins autant de la vérité des détails que Péron a donnés sur la manière dont ils saisissent leur proie. 121 PROTOMéoéE, Prolomedea, Corps libre, flottant, cylindrique, fistuleux, fort long, pourvu supérieurement d'un assemblage imbriqué sur deux rangs latéraux, alternes, de corps gélatineux, pleins, hippopo- diformes, et dans tout le reste de sa longueur de produc- tions filamenteuses, cirrheuses, diversiformes. Bouche pro- boscidiforme à l'extrémité d'une sorte d'estomac vésicu- leux. Espèces. La Protomédée jaune, P. lutea, Hippopoda lutea, Quoy et Gaimard , Mém., Ann. des se. nat., tom. lo , pi. 4 ^, fig. i — 12. (Cop. Atlas, pi. 2, fig. 4.) Glebaexesa, Otto, MoUusq.et Zooph,, Nov.act. cur,,tom. 11, lab. 42 , fig. 3 , a , h , c , d. La P. UNIFORME, P. uniformis , Lesueur, Mém. mss. (Mer d'Amérique mérid.) La P. SOULIER, P. calcearia, Lesueur, Mém. mss. (Mer d'A- mérique.) La P. NOTÉE, P. notata, id, , ihid. (Mer d'Amérique.) Ohserv. On trouve depuis assez long-temps un organe natateur d'une espèce de ce genre considérée comme type d'un nouveau genre établi par M uller, et reproduit dans les planches de l'Ency- clopédie méthodiquesouslenomde Gleba, du moins cela me pa- roîtprobablepour le corps figuré pi. 89, fig. 5 et 6; aussi M. Otto, qui a eu l'occasion de rencontrer dans la mer de Naples un or- gane analogue , lui a-t-il donné le nom de Gleha exesa, que nous rapportons à VHippopoda lutea de MM. Quoy et Gaimard ; mais la première connoissance de l'animal entier et l'établissement du genre nous paroissent dus à M. Lesueur, comme nous l'ap- prenons d'un mémoire qui a été envoyé à Paris il y a déjà plusieurs années et qui malheureusement n'a pas été publié. De leur côté, MM. Quoy et Gaimard, ayant eu l'occasion d'observer un de ces animaux complets dans les eaux de Gibraltar, en ont fait un genre qu'ils ont appelé Hippopode, à cause de la ressemblance des organes natateurs avec un sabot de cheval; depuis ils paroissent Pavoir abandonné, puisque dans leur mémoire sur les physsophores ils ont réuni leur H. lutea au genre Rhizophyse : ce que nous ne croyons pas 122 devoir imiter. Alors nous rétablissons ce genre, qui ne diffère des Stéphanomies que parce que les organes natateurs sont autrement disposés. Si la rliizophyse filiforme est réellement un animal altéré par la perte de ses organes locomoteurs , et qu'ils soient solides , il est évident, comme l'ont pensé MM. Quoy et Gaimard , que le genre Protomédée doit être réuni aux Rhizophyses de Péron. Quant à la caractéristique que M. Otto a donnée de son genre Gleha, et dans laquelle il fait entrer un canal intestinal simple et droit, aboutissant à un amas de glandules, il est probable qu'il y a quelque erreur, et que le canal intestinal n'est rien autre chose que le vaisseau qui, partant de la base de l'organe, va se ramifier dans son tissu. J'ai dit plus haut qu'il me sembloit probable que les figures 5 et 6, pi. 8g , de l'Encyclopédie représentoient un organe na- tateiir de Protomédée; mais je ne voudrois pas assurer qu'il en soit de même pour le corps représenté iig. 2 et 3. Les protomédées se trouvent, à ce qu'il paroît, dans toutes les mers; mais surtout dans celles des pays chauds : c'est sans doute d'une espèce de ce genre que M. Lesueur m'écrivoit en 1 8 1 8 : « Les physsophores , balancés par les légères ondulations de la mer du golfe de Bahama, s'abandonnent pour ainsi dire avec confiance et étendent les nombreuses et diverses parties de leur organisation ; leurs filets si délicats sont réellement dignes de l'admiration de l'observateur. L'une d'elles ressem- ])le assez bien à une pomme de pin, dont les capsules où se loge la graine seroient autant de soufflets, dont Faction et la volonté de l'animal le feroient mouvoir dans toutes les direc- tions. Ces capsules, tronquées extérieurement et bifurquées à la partie attachée au tube commun, sont bien distinctes entre elles. La pomme gélatineuse qui constitue leur ensemble, est soutenue par un globule ou vessie pleine d'air; aussitôt que l'on touche ces animaux pour les prendre, toutes les capsules se détachent, et chacune d'elles peut être prise pour un ani- mal distinct par les personnes qui n'auroient pas observé un physsophore entier. ^^ M. Eschscholtz conserve à ce genre le nom d'Hippopodius, et n'y place que VH. luteus de MM. Quoy et Gaimard. 123 Rhodophyse, Rhodopliysa, Corps court, cylindrique, charnu, renflé supérieurement en une vessie aérifère , et pourvu au-dessous d'un nombre va- riable de corps gélatineux , pleins , costiformes , formant une seule série transverse, et d'un nombre variable de produc- tions filamenteuses, diversiformes. Bouche et anus terminaux. Espèces. La Rhodophyse hélianthe, R. helianthus, Rhizophysa lielianthus , Quoy et Gaimard , Mém. Ann. des se. nat., tom. lo, pi. 5 A^ fîg. i — 8. (Cop. Atlas, pi 2, fig. 3.) La R. Melon, R. melo. Rhizoph. melo , Quoy et Gaimard, ihid., pi. 6 C, fig. 1 — 9. La R. DISCOÏDE, R. discoidea. Rhizoph. discoidea , id. , ihid. , pi. SB, fig. 1,2 et 3. La R. ROSACÉE, R. rosacea. Phjssophora rosacea, Forskal, Faun, arab. , p. 120, n.*4'^» Icônes , tab. 43 , fig. B h ; cop. dans TEncycl. méthod., pi. 89 , fig. 10 et 1 1. Ohserv. Ce genre est évidemment fort rapproché du précé- dent, dont il ne diffère même que parla brièveté du corps, et parce que les organes locomoteurs ont une tout autre forme, et surtout une tout autre disposition ; elle paroît même tel- lement radiaire dans les figures de MM. Quoy et Gaimard , qu'il seroit réellement bien difficile de ne pas regarder ces ani- maux comme de véritables actinozoaires, si Ton ne pouvoit pas conserver quelque doute sur la rigoureuse exactitude du dessin. En effet, nous avons déjà eu l'occasion de faire ob- server plus haut, au sujet du Phjssophora muzonema , que M. Le- sueur , entraîné sans doute par l'idée que cet animal étoit voisin des méduses, lui avoit donné une forme complètement ra- diaire, très-probablement contre la vérité, à en juger du moins d'après le P. hydrostatica décrit par Forskal, et le P. à deux vessies, que nous avons nous-même examiné; peut- être le dessin de M. Quoy est- il dans le même cas. Quant à sa R. discoidea, qui est dépourvue d'organes nata- teurs, il faut convenir que la disposition des productions ovi- gères est bien radiaire. Cet animal formeroit-il un passage 124 du type des malacozoaîres à celui des aclinozoaires ? ou bien se- roit-ce réellement une méduse voisine des porpites? ou , enfin , y a-t-il quelque inexactitude dans le dessin ? Je n'ai pas assez de données pour répondre à ces différentes questions : en gé- néral, c'est un sujet de recherches extrêmement intéressant, mais malheureusement fort hérissé de difficultés, que l'étude de l'organisation des animaux qui constituent la famille tout entière des physsophores. M. Eschscholtz a aussi établi ce genre sous le nom d'^thor- ryhia, Acol., i53, et également d'après les observations et les figures de MM. Quoy et Gaimard. 125 Les DIPHYDES. Corps bilatéral et symétrique, composé d'une masse viscérale trés-pelite, nucléiforme, et de deux organes natateurs , creux, contractiles, subcartilagineux et sériaux : l'un anté- rieur , dans un rapport plus ou moins immédiat avec le nu- cleus, qu'il semble envelopper; l'autre postérieur et fort peu adhérent. Bouche à l'extrémité d'un estomac plus ou moins proboscidi- forme. Anus inconnu. Une longue production cirrhiforme et ovi- gère sortant de la racine du nucléus et se prolongeant plus ou moins en arrière. Olserv. Les animaux qui constituent cette famille, quoi- que fort communs dans toutes les mers des pays chauds, pa- roissent avoir été signalés pour la première fois d'une manière certaine par M. Bory de Saint-Vincent, qui en a parlé dans son Voyage aux côtes d'Afrique, en les considérant comme des biphores. Tilésiiis en a dit également quelque chose dans la partie zoologique du Voyage de Krusenstern ; mais M. Cuvier est le premier qui en ait formé un genre distinct sous le nom deDiphye, ou du moins qui Fait publié dans la première édi- tion de son Règne animal. En effet, M. Lesueur, plus d'un an auparavant, m'avoit envoyé le dessin d'un genre de la même famille, auquel il donnoit le nom d'Amphiora , et qui , d'après ce que je sais maintenant des diphyes, en étoit au moins bien A'oisin, mais que le défaut de renseignemens sur les caractères de ce genre m'empêcha sans doute de rendre public. Nous devons même ajouter que M. Lesueur avoit été plus heureux que M. Cuvier, en ce qu'il avait en sa disposition un animal vivant et complet; tandis que celui-ci faisoit d'une diphye un composé de deux individus, en donnant pour type la moitié antérieure seulement, à laquelle il attribue deux ouvertures, Tune pour la bouche et l'autre pour la sortie de la produc- tion cirrhigère, qu'il regarde comme l'ovaire. Depuis lors, MM. Quoy et Gaimard , ayant eu l'occasion d'ob- server un grand nombre d'espèces différentes dans les eaux du détroit de Gibraltar, en firent le sujet d'un mémoire spécial Î26 accompagné de figures nombreuses, et qui, envoyé à l'Aca- démie des sciences, a été publié dans les Annales des sciences naturelles. En même temps qu'ils firent parvenir leurs observations en France , ils voulurent bien m'envoyer plusieurs diphyes con- servées dans l'esprit de vin, et c'est ce qui m'a permis de me faire une tout autre idée que celle qu'on avait de ces ani- maux. En effet, M. Cuvier, en créant ce genre, le plaça, on ne peut trop deviner pourquoi, dans sa classe des acalèphes, entre les Béroè's et les Porpites. Pendant le reste de leur voyage, MM. Quoy et Gaimard eurent l'occasion de rencontrer d'autres diphyes , dont ils firent des genres distincts, qu'ils ont eu également la bonté de soumettre à mes observations. J'ai eu aussi l'heureuse occasion de me procurer de char- mans dessins de diphyes, faits par M. Lesueur dans le golfe de Bahama, lors de son passage en Amérique. M. Paul-Emile Botta, placé à ma recommandation sur un bâtiment de commerce qui vient de faire le tour du monde , m'a également communiqué les observations qu'il a pu faire sur les diphyes, en sorte que , quelque difficile que soit leur étude, j'ai pu arriver à entrevoir leurs véritables rapports naturels, surtout en m'aidant de l'examen de certaines es- pèces de physsophores. Le corps d'une diphye au premier aspect, et surtout à ce qu'il paroît pendant la vie, semble n'être composé que de deux parties polygonales, subcartilagineuscs, transparentes, placées à la suite l'une de l'autre, et se pénétrant plus ou moins, celle de derrière dans une excavation de celle de de- vant. Ces deux parties, plus ou moins constamment dissem- blables, ofifrent en outre cela de commun, qu'elles sont ordinairement creusées plus ou moins profondément par une cavité aveugle et s'ouvrant à l'extérieur par un orifice fort grand et régulier, quoique diversiforme : en ajoutant à cela une production regardée comme un ovaire par M. Cuvier, et qui sort de la cavité supérieure de la partie cartilagineuse antérieure ; c'étoit tout ce qu'on avoit remarqué sur les diphyes avant le mémoire de MM. Quoy et Gaimard : ils «Dnt cependant décrit les nombreuses espèces qu'ils ont ob-r 127 servées à peu prés comme M. Cuvier; avec cette modiTua- tion cependant, qu'ils ont considéré les deux parties comme appartenant au même animal; mais l'étude des différences de forme nécessaire pour rétablissement des genres nouveaux qu'ils ont proposés , et surtout les bonnes figures qu'ils ont données , ont permis d'aller plus loin , et de voir dans les diphyes autre chose que les deux parties subcartilagineuses. En effet, en prenant pour exemple les calpés , et surtout les cucubales ou les capuchons, on voit que le corps des diphyes forme ua véritable nucléus, situé à la partie antérieure de la masse totale, et que ce nucléus est composé d'un œsophage proboscidien à bouche terminale en forme de ventouse, se continuant dans un estomac entouré de granules verts hépatiques et quelque- fois dans un second rempli d'air. On remarque en outre, à la partie inférieure , un autre amas glanduleux , qui est probable- ment l'ovaire et en rapports plus ou moins immédiats avec la production cirrhigère et peut-être ovifère qui se prolonge en arrière. Ce nucléus paroît plus ou moins enveloppé par le cartilage antérieur, qui lui offre, en effet, une cavité quel- quefois distincte d'une seconde, dont il a été parlé plus haut, servant à la locomotion et d'autres fois confondue avec elle; il est du reste en connexion intime avec son tissu par des fila- mens que nous croyons vasculaires. Il en est de même de la partie postérieure du corps. Mousavonsdéjàfaitremarquerque cette partie étoit creusée par une grande cavité qui se continue dans presque toute sa longueur ; c'est du fond de cette cavité que nait un prolongement peut-être également vasculaire , qui se porte au-dessus de la racine de la production ovigère et qui s'unit sans doute au nucléus. Ainsi il me paroit certain que cette partie appartient réellement à la diphye; mais l'on conçoit comment elle s'en détache au moindre effort, puisque son union se fait par le moyen d'un seul filament. D'après ce qui vient d'être dit de l'organisation des diphyes , on voit que la partie que M. Cuvier regardoit comme consti- tuant l'animal à elle seule, n'en est qu'un organe peu im- portant; qu'il faut y joindre la partie postérieure, qu'on re-. gardoit comme un individu distinct; mais surtout qu'il faut tenir compte du nucléus viscéral, qui, avec la production ovifère, forme la partie essentielle de l'animal. 128 D'après cette manière d'analyser une diphye, il est évident que ce ne peut être un animal du type des actinozoaires ; mais pour établir ses rapports naturels , voyons ce que les obser- vateurs cités nous ont rapporté de leurs mœurs et de leurs habitudes. Les diphyes sont des animaux d'une grande transparence, qu'il est souvent fort difiicile d'apercevoir dans les eaux de la mer, et même dans une certaine quantité d'eau prise à part. C'est essentiellement à d'assez grandes distances des rivages qu'on les rencontre dans les mers des pays chauds, et souvent en très -grand nombre. Elles flottent et nagent à ce qu'il paroît dans toutes les direc- tions, l'extrémité antérieure ou nucléale en avant, et par la contraction des deux parties subcartilagineuses chassant l'eau qu'elles conservent; aussi leur ouverture est-elle toujours di- rigée en arrière. Quand les deux organes natateurs sont éga- lement pourvus d'une cavité spéciale, il est probable que la locomotion est plus rapide : elle peut du reste être exécutée par l'un ou par l'autre proportionnellement à leur grandeur. Le postérieur est si peu solidement attaché au nucléus , qu'il arrive souvent que par accident il s'en détache , au point que M. Botta croyoit qu'une diphye entière n'étoit formée que d'une seule de ces parties , n'ayant que fort rarement trouvé ces animaux complets. Pendant la locomotion , la production cirrhîgère et ovifère , à ce qu'il paroît, flotte étendue en arrière, en se logeant en partie dans une gouttière dont le bord inférieur de l'organe natateur postérieur est creusé ; mais elle n'a pas la même longueur, l'animal pouvant la contracter fortement et même au point de la faire rentrer entièrement; d'après cela, il est évident que cet organe est musculaire. Mais, ce qu'il offre de plus remarquable , c'est que dans toute sa longueur, et es- pacés d'une manière assez régulière, se trouvent des organes que MM. Quoy et Gaimard regardent comme des suçoirs , et qui jouissent en effet de la faculté d'adhérer et d'an- crer l'animal , comme s'en est assuré M. Botta. Je n'ose dé- cider ce que cet organe peut être ; mais je suis assez porté à croire, ou bien que c'est un prolongement du corps analogue 129 à ce que nous avons vu clans les physsopliores' . ou que c'est ? sinon un ovaire, du moins un assemblage de jeunes individus j un peu comme dans les biphores. Dans l'état actuel de nos connoissances sur les diphyes , il me semble qu'elles sont pour ainsi dire intermédiaires aux bi« phores et aux physsopliores: elles se rapprochent des premiers, dont l'enveloppe subcartilagineuse est quelquefois triparlite, comme nous l'apprenons de M. de Chamisso, en ce que la masse des viscères est nucléif'orme, qu'elle est contienne en grande partie dans cette enveloppe, que celle-ci a deux ouvertures, et que c'est par la contraction que s'exécute la locomotion. On trouve au contraire à rapprocher les diphyes des phys- sophores, en regardant les organes natateurs comuiC analogues de ceux que nous avons vus dans le genre Diphyse, où le plus pelif est en avant et le plus grand en arrière; l'un et l'autre étant parfaitement bilatéraux. La bouche est aussi à l'extrémité d'une sorte de trompe. Il y a quelquefois un renfltment bulloïde plein d'air; enfin, le corps est terminé par une production cirrhigère et peut-être ovifère. Au reste, nous somnics obligé de convenir que ces rap- prochemens, pour être mis hors de doute, ont besoin d'une connoissance plus complète que celle que nous avons non- seulement de l'organisation des diphyes et des physsophores, mais même de celle des biphores eux-mêmes. Dans la manière de voir de M. Mertens , naturaliste en chef dans la dernière circumnavigation des Russes , les diphyes ne seroient que des stéphanomies; alors il faudroit considérer les productions ovifère et cirrhigère de ces diphyes comme les analogues de la partie postérieure et tubuleuse des stéphanomies. Nous avons déjà dit plus haut que MM. Quoy et Gaimardj dans leur mémoire sur les diphydes, avoient établi plusieurs genres nouveaux, en ayant principalement égard à la forme et à la proportion des deux organes natateurs ou parties du 1 C'est l'opinion de M. Eschscholtz, qui donne à cette partie le nom de ductiis nutritorius ou de canal nourricier, qu'il dit simple dans la première section ou pourvu d'un seul suçoir, et complexe ou pourvu d« plusieurs suçoir» dans la seconde. . 9 130 corps. M. Lesueur en a aussi établi dont quelques-uns paroissent rentrer dans ceux des zoologistes de l'Astrolabe j malheureusement nous ne les connoissons que d'après des figures. Enfin, M. Otto en a aussi proposé un ou deux, mais sur des parties détachées, ou sur des animaux incomplets. La plupart de ces genres ne sont réellement pas fort distincts; nous les adopterons cependant, au moins provisoi- rement, pour faciliter l'étude d'animaux aussi singuliers. Les diphydes nous paroissent pouvoir être divisées en deux grandes sections, suivant que la partie antérieure est pourvue d'une seule ou de deux cavités. M. Eschscholtz, dans la distribution systématique des es- pèces de diphydes, a égard à la considération du nombre des cavités de l'organe natateur antérieur, et à celle d'un seul ou de plusieurs suçoirs de la production tubuleuse. Il en est résulté des genres autrement circonscrits et non moins nom- breux que dans notre manière de voir. ^' Diphydes dont, la partie antérieure na qu'une seule cavité. CucuBALE , Cuculalus. Corps pourvu d'un grand suçoir proboscidiforme exsertile , avec une grappe d'ovaires à sa base, logé dans une large excavation unique d'un organe natateur antérieur cordi- forme, recevant aussi le postérieur, également cordiforme, et creusé d'une cavité à orifice postérieur et ovalaire Espèce. Le C. cordiforme, C. cordiformis , Quoy et Gaimardj Astrolabe, Zoolog. (PI. 6 , fig. i.) Ohserv. Ce genre , établi par MM. Quoy et Gaimard , ne con- tient que l'espèce citée, qui n'a pas plus de deux lignes de long; elle diffère des autres diphydes, d'abord en ce que le nucléus est beaucoup moins caché et enfoncé dans le corps natateur antérieur, qui n'a d'ailleurs qu'une seule grande cavité, dans laquelle il s'enfonce ; ensuite en ce que la produc- tion ovigère est très-courte; enfin en ce que cet animal nage toujours dans une position verticale. I 131 Capuchon , Cucullus, Corps pourvu d'un grand suçoir exsertile, proboscidiforme, avec une grappe d'ovaires à sa base, logé dans une exca- vation profonde, unique de l'organe natateur antérieur, en forme de capuchon, dans lequel s'emboîte le postérieur; celui-ci tétragone et percé en arriére d'un orifice arrondi terminal. Espèce. Le C. DE DoREY, C. doreyanus, Quoy et Gaimard , Astrolabe Zoolog. PI. 6 , fig. 2. (Nouvelle Guinée.) Ohserv. Ce genre ne diffère réellement du précédent que par la forme des organes natateurs; aussi je doute qu'il mérite d'être conservé, d'autant plus qu'il ne contient qu'une espèce. M. Botta, qui a eu l'occasion d'observer fréquemment dans presque toutes les mers des pays chauds, depuis la côte du Pérou jusque dans l'archipel indien, un grand nombre d'ani- maux semblables au capuchon de Dorey, de MM. Quoy et Gaimard , et les ayant trouvés quelquefois libres et d'autres fois faisant partie de la production cirrhigère et ovifère des diphyes ordinaires, a été conduit à penser que les capuchons pourroient bien n'être qu'un degré de développement d'une diphye. Quoique cela puisse se concevoir jusqu'à un certain point, en observant que dans les capuchons il n'y a pas de production cirrhigère, ce qui semble prouver qu'ils ne sont pas adultes, cependant la différence de forme des organes natateurs est tellement grande, que je n'ose décider de ce rapprochement. Nacelle , Cjniha. Corps pourvu d'un grand suçoir exsertile proboscidiforme, ayant à sa base un amas d'organes ovariformes, logé dans une excavation unique, assez profonde, d'un organe nata- teur naviforme, recevant et cachant en partie l'organe natateur postérieur; celui-ci sagittiforme, percé en arrière d'un orifice arrondi, couronné de pointes, et creusé à son bord libre par une gouttière longitudinale. Espèces. La N. sagitïée , N. sagittata , Quoy et Gaimard. Mém. Du détroit de Gibraltar. (Atlas , pi. 4 , fig. 2.) 132 Je dois cependant faire observer que M. Esehscholtz dit qiifr ce genre, a quel il réunit les deux suivans, offre un organe nataioire antérieur avec deux cavités, dont la natatoire saille en forme de tuiie. La N. TRONQUÉE, N. truncata, id. ihid, (Océan Atlantique.) Ohserv, Ce genre ne diffère encore des capuchons que par la forme des organes natateurs; en effet, la disposition du nucléus dans le fond de la cavité unique dont est creusé l'antérieur, la pénétration du postérieur dans cette même cavité, sont absolument comme dans les deux genres précé- dées. C'est ce dont j'ai pu m'assurer sur plusieurs individus conservés dans l'esprit de vin. CuboÏde, Culoides. Corps nucléiforme, pourvu d'un grand suçoir proboscidiforme, entouré d'une masse hépatique, ayant à sa base un ovaire d'où sort une production filiforme ovigère, contenu dans une grande excavation unique, hémisphérique, d'un organe natateur antérieur, cuboide, beaucoup plus grand que le postérieur, qui est tétragone, et presque entièrement caché dans le premier. Espèce. Le C. vitré, C. vitreus , Quoy et Gaîmard, Mém. , pi. 7î Sj 1-3. Cop. Atlas, pi. 4, fig. 6. (Du détroit de Gibraltar.) Olserv, C'est encore un genre à peine distinct des précé- dens, et seulement par la forme et la proportion des organes natateurs. Comme j'en ai eu un assez grand nombre d'individus à ma disposition, j'ai pu m'assurer de la caractéristique que j'en ai donnée; j'ai en effet très-bien reconnu que la grande et unique cavité de l'organe antérieur et cubique contenoit un nucléus viscéral considérable, dans lequel j'ai pu recon- noître une sorte d'estomac proboscidiforme, entouré à sa base d'un organe hépatique, et plus en arrière un ovaire granuleux, contenu dans une membrane propre, et doù s'échappoit une longue production ovigère; j'ai pu également très-bienm'cissurrr que l'organe natateur postérieur, conTormé du reste comme dans les véritables diphyes , étoit entiè- rement caché dans l'excavation de l'antérieur avec la masse viscérale. 133 Ennéagone , Enneagona, Corps nuclëi forme, pourvu d'un grand suçoîr exsertîle, ayant à sa base un assemblage d'ovaires, d'où sort une production ovigère; organe natateur antérieur ennéagone , contenant avec le nucléus dans une excavation unique? le postérieur, beaucoup plus petit, à cinq pointes et canaliculé en des- sous. Espèce. TE. HYALIN, E. hjalina, Quoy et Gaîmard , Mém.^ pi. 7, A, j-6. Cop. Atlas, pi. 4, fig, 5, (Du détroit de Gibraltar.) Ohserv. Ce genre, établi par MM. Quoy et Gaimard , paroît au premier abord assez peu différer du précédent; cepen- dant, outre la forme des organes locomoteurs, il se pourroit que le premier eût deux cavités distinctes, l'une locomo- trice, l'autre pour la pénétration du second; et en effet celui-ci est canaliculé en dessous. Amphiroa, AmpLiroa. Corps nucîéiforme assez considérable, pourvu d'un estomac proboscidiforme , ayant à sa base une grappe d'ovaires, prolongé en un long filament, contenu dans un organe natateur antérieur, polygone, court, coupé carrément, à une seule cavité, dans laquelle s'enfonce le postérieur, qui est également court, polygone et tronqué. Espèces, L'A. ailé, A. alata, Lesueur. Mém. Atlas, pi. 4, £g. 1 , la, 1 ^. (Mers de Bahama.) L'A. CARÉNÉE, A. cariaata, id., ihîd,. L'A. TRONQUÉE, A, truncala, id,, ihid, Ohserv, Ce genre ne m'est connu que par de charmantes figures envoyées par M. Lesueur, et dont une m'est parvenue il y a plus de dix ans, mais sans description, ce qui m'a empêché de la publier. Cependant, à s'en rapporter à ces ligures, il est évident que les amphiroas sont des diphyes,. mais avec des organes natateurs d'une forme et d'une pro- portion particulières. La dernière espèce paroît toutefois se rapprocher assez des calpés de MM. Quoy et Gaimard, par la grande disproportion des deux parties* 134 ^'^ Diphjydes dont la partie antérieure a deux cavités distinctes, Calpé , Calpe. Corps iiiicléiforme , sans trompe exsertile, ayant une sorte de vésicule aérifere, et à sa base un ovaire? prolongé en une longue production cirrhigère et ovifère ; organe nata- teur antérieur court, cuboïde, ayant une cavité locomo- trice distincte ; organe natateur postérieur très -long, tronqué aux deux extrémités , ne pénétrant pas dans l'an- térieur, et pourvu d'une ouverture terminale ronde. Espèce. Le C. pentagone, C. pcntagona , Quoy et Gaimard , Mém., pi. 6, fig. 1-7. (Cop. Atlas, pi, 4 , ^ig- 5-) Ohser^, Ce genre , établi par les auteurs cités, est réellement assez distinct des véritables diphyes , avec lesquelles il a cependant beaucoup de rapports, non -seulement par la grande différence des deux organes locomoteurs; mais parce que le postérieur est seulement appliqué contre l'antérieur et ne pénètre pas dans la cavité viscérale. J'ai examiné quelques individus assez bien conservés du C. pentagone, et j'ai pu aisément reconnoitre que le nucléus est composé d'une sorte d'estomac, avec une bouche sessile, et même une petite plaque hépatique de couleur verte, appliquée contre lui , et en outre d'une sorte de vessie aérifère située en arrière. A la racine inférieure du renfle- ment stomacal est l'ovaire, formé par un amas de granules , et qui semble se prolonger en arrière en une longue production chargée de corps oviformes , et d'autres plus longs et plus en forme de cloche. Cette production , sortie de l'organe nata- teur antérieur, passe sous le postérieur en suivant la gouttière dont il est creusé à sa face inférieure. Du reste, celui-ci, également tronqué aux deux extrémités, est creusé dans presque toute sa longueur par une grande cavité, du fond de laquelle on voit très-bien partir un vaisseau qui se con- tinue jusqu'à la racine de l'ovaire du nucléus. Abyle, Ahj'la, Corps nucléiforme, fort peu considérable, avec une pro- duction cirrhigère et ovifère très-longue ; corps natateur 135 Antérieur beaucoup plus court que l'autre, subcuboïde, avec une cavité distincte pour recevoir l'extrémité anté- rieure du corps natateur postérieur, qui est polygonal et fort long. Espèces. L'Abyle trigone; A. trigona, Quoy et Gaimard , Mém., pi. GB, fig. 1 à 8. Cop. Atlas, pi. 4, fig. 4. (Détroit de Gibraltar.) L'A. QUADRILATÈRE, A. quadrilatera, Bassia quadrilatera. Quoy et Gaimard, Mém. manuscr. , Astrolabe, Zoolog. Observ. Ce genre ne diffère réellement du précédent que par la forme des organes natateurs, et surtout parce que l'antérieur est percé d'un enfoncement assez considérable pour loger une partie de l'autre; celui-ci, du reste, a tou- jours un long sillon inférieur et une ouverture postérieure terminale. J'y rapporte une espèce de diphydes trouvée par MM. Quoy et Gaimard dans le détroit de Bass , et dont ils ont fait, provisoirement, un genre sons le nom de Bassia, 11 me semble qu'il n'est pas susceptible d'être suffisamment carac- térisé. M. Eschscholtz réunit ce genre au précédent avec raison, et peut-être à tort le genre Rosacea des mêmes zoologistes. DirHYE , Diphjes. Corps nucléiforme peu distinct, situé dans le fond d'une cavité profonde, d'où sort une longue production tubu- leuse, garnie dans toute son étendue de suçoirs proboscidi- formes, ayant à leur racine des corpuscules granuleux et un ûlament cirrhifère; corps natateurs à peu près égaux et même subsemblables ; l'antérieur à deux cavités bien distinctes, le postérieur à une seule, avec une ouverture ronde, garnie de dents. Espèces. La D. Bor.v, D. Bory , Quoy et Gaimard, Mém., ibid., pi. 1 , fîg. 1 — 7. D. campanulîfera , Esch. Acal. , p. 107, n.** 2. (Cop. Atlas, pi. 5 , fig 1 — 1 A). La D. VITRÉE, D. vitrea, Lesueur, Mém. man. La D. AMPHiKOA, D. awphiroa, fd. , ibid. 136 La D. NAVicuLE, D. navîcula, Lesueiir, Mém. man. La D. DE CuviER, D. Cuvieri, id. , ibid. La D. DE DiJMONT, D, Dumontii ^ id. , ihid. La D. ÉTROITE, D. angustala, Esch. Acal. , p. i36, n.* i, tab. I 2 , fig. 6. La D. DISSEMBLABLE, D. dispar , de Cham. , A'. ^. cur. nat, ^ 10 , p. 365, fab. 32, fig. 4. La D. APPENDicULÉE, D. ûppendicuhta , Esch., ibid., p. i38, n." 4, tab, 12, fig. 7. (Mers du Nord.) Observ, La déromination de diphye, employée par M. Cuvier pour une seule espèce, la plus commune et la plus généra- lement répandue dans toutes les mers, est restreinte, dans le travail de MM. Quoy et Gaimard , aux espèces qui ont deux organes natateurs presque semblables de forme et de grandeur, et dont le premier a deux cavités profondes, dont l'une reçoit une partie seulement du second ; celui-ci a du reste un long sillon inférieur pour loger la production cirrhigère. M. Lesueur , qui a également adopté cette division des diphydes, lui donne le nom de Dagjsa, adopté de Solander et même de Gmelin : mais est-il certain que l'animal vu par Solander soit une diphye et non pas un biphore ? c'est ce qui ne me paroit pas hors de doute. Quoi qu'il en soit, M. Lesueur a figuré cinq espèces dans ce genre, peut-être même toutes nouvelles et des mers de l'Amérique méri- dionale. ^^^' I^spèces douteuses ou composées d'une seule partie. Pyramide, Pyramis, Corps libre, gélatineux, cristallin, assez solide, de forme pyramidale, tétragone, à quatre angles inégaux par paires, pointu au sommet, tronqué à sa base , avec une seule grande ouverture arrondie communiquant dans une cavité unique, profonde, vers la fin de laquelle est un corpus- cule granuleux. Espèces. La P. tétragone, P. tetragonay Ot(o, Mollusq, zooph, , Nov, act. nat, cur., tom. 1 1 , part. 2 , tab. 42, fig. 2, «, i, c, d, c. (Cop, Atlas, pi. 6, fig. 3,) 137 Olseri>. Ce genre, établi par M. Otto (loccit.), ne m'est connu que par ce qu'il en dit et d'après sa figure. A en juger d'après celle-ci , je supposerois volontiers qu'elle est faite d'après l'organe natateur postérieur d'une diphyde , peut-être de la division même des diphyes proprement dites, en admettant toutefois que le corpuscule granuleux seroit étranger. Cependant, en réfléchissant que M. Otto ne fait aucune mention du sillon médian inférieur, qui existe à l'organe natateur postérieur de toutes les diphyes véritables , j'aime mieux rester dans le doute. M. EschschoUz fait de ce corps organisé une espèce de son genre Eudoxie, qui comprend les deux premiers genres Cu- cubale et Capuchon de MM. Quoy et Gaimard, en admettant que les deux organes natateurs sont réunis intimement, de manière à paraître n'en former qu'un. Praia, Praia, Corps? subgélatineux, assez mou, transparent, binaire, dé- primé, obtus et tronqué obliquement aux deux extrémités, creusé d'une cavité assez peu profonde , avec une ouverture ronde presque aussi grande qu'elle, et pourvu d'un large canal ou sillon en dessus. Espèces. Le P. douteux, P. dubia , Quoy et Gaimard, Astrolab. , Zoolog. (Cop. pi. 6, fig. 4.) Ohserv. J'ai vu le corps organisé sur lequel ce genre a été établi provisoirement par MM. Quoy et Gaimard; il est d'une nature subgélatineuse, assez molle et transparente. Sa forme est bien régulièrement symétrique ; il semble être divisé en deux parties égales par un grand sillon qui le traverse d'un bout à l'autre ; il offre en outre une cavité assez peu profonde, avec une ouverture arrondie, sans den- ticules ni appendices à sa circonférence; enfin, dans le tissu même j'ai pu très- bien apercevoir un vaisseau médian donnant deux branches latérales, avec des ramifications bien similaires. D'après cela, je suis porté à penser que ce corps n'est rien autre chose qu'un organe natateur de quelque grande espèce de physsophore. La substance est trop moUe pour une véritable diphye. 138 Tétragone , Telragona. Corps? gélatineux, transparent, assez solide, binaire, de forme alongëe, parallélipipède , tétragone, canaliculée en dessous, tronqué obliquement en avant, percé en arrière par un orifice béant , garni de pointes symétriques, et conduisant dans une longue cavité aveugle. Espèces, Le T. tronqué, T. truncatum , Quoy et Gaimard , Astrolab. , Zoolog. man. (Oc. Allantiq.) Le T. HispiDE, T. hispidum , Quoy et Gaimard, Uranie , Zoolog., pag, 679 ; Atlas, pi. 86, fig. 1 1. (Cop. pi. 6 , fig. 5.) Le T. A CINQ DENTS, T. quinquedentatum , id. , Astrolab., Zoolog. man. Olser\>. D'après la définition que nous venons de donner du corps sur lequel MM. Quoy et Gaimard ont établi leur genre tétragone, et qui est tirée de la figure et de la des- cription qu'ils en ont publiées, il me semble qu'il ne peut y avoir de doute, et que ce n'est qu'un organe natateur postérieur ou inférieur d'une véritable dipliye. SuLCULÉoLAiRE , sulculeolarid. Corp5 ? subcartilagineux , transparent, alongé , cylindroïde , traversé dans toute sa longuenr par un sillon fort large , bordé de deux membranes, tronqué aux deux extrémités, avec une ouverture postérieure, garnie dans sa circonfé- rence de lobes appendiculaires , et conduisant dans une cavité fort longue et aveugle. Espèces. Le S. quadrivalve , S. quadrivalvis , Lesueur , Mém. man. , fig. 6. Cop. pi. 6 , fig. 6. ( De la mer de Nice. ) Le S. A DEUX POINTES, vS. biacuta, id.^ ihid., fig. 10, 11 et 12. Le S. PETIT, S^ minuta, id. , ibid,, fig. 7 , 8 et 9. Ohserv. J'ai trouvé ce genre établi dans les figures de M. Lesueur , et je l'ai caractérisé sur elles. D'après l'exis- tence du sillon longitudinal que nous avons vu se trouver dans l'organe natateur postérieur de toutes les diphyes , je suis fortement enclin à penser que ce genre est encore établi sur une partie d'animal, et non sur un animal entier. Cependant, comme il me paroît aussi avoir beaucoup de 139 <. ** ■ ra ">orts avec le suivant, surtout dans la forme de Fouver- ture postérieure, et peut-être même dans celle de la cavité, gui est plus prolongée que dans l'organe nafaîeur postérieur des diphyes, j'ai préféré me tenir encore dans le doute. Dans le cas où les sulculéolaires de M. Lesneur ne seroient que de ces organes, ils devroient appartenir au genre Caipé de MM. Quoy et Gaimard. Galéolaike, Galeolaria. Corps gélatineux, assez résistant, parfaitement régulier, bien symétrique , subpolygone ou ovale , comprimé sur les côtés, et garni de deux rangs latéraux de cirrhes extrêmement fins; une grande ouverture postérieure percée dans une sorte de diaphragme avec des lobes appendiculaires , bi- naires au-dessus, conduisant dans une grande cavité à parois musculaires; un ovaire à la face antérieure supé- rieure , sortant par un orifice médian et bilabié. Espèces. Le G. austral, G. australis. Beroides australis, Quoy et Gaimard, Astrolabe, Zoolog. man. (Cop. pi. 6, fig. 7.) Le G. BiLOBÉ, G. bilohata, Lesueur. Mém. man. Le G. Risso , G. Rissoi, id., ibid, Ohserv. Ce genre m'est connu d'abord par les charmans dessins de M. Lesueur, qui lui a donné le nom de Galéo- laire, que j'ai cru devoir adopter de préférence à celui de Bé- roïde, employé par MM. Quoy et Gaimard ; ensuite par le mé- moire manuscrit que ces messieurs ont eu la complaisance de me confier, et dans lequel j'ai pu trouver la particularité des deux rangs de cils de chaque côté. M, P. E. Botta a eu aussi l'oc- casion de rencontrer le G. austral dans le cours de sa circum- navigation , et il m'en a même remis plusieurs individus con- servés dans l'esprit de vin, que j'ai pu examiner. D'après cela, il m'a semblé que ces animaux différoient réellement des Diphyes pour se rapprocher des Béroes. Pour confirmer ce rapprochement, il auroit fallu trouver l'ou- verture postérieure du canal intérieur, ce dont n'a parlé aucun observateur ; mais il me semble que l'existence des deux séries de cirrhes, leur rapport avec un canal qui suil 140 leur racine, les parois distinctes et musculaires de la cavité, la position de l'ovaire, suffisent pour montrer dans ces ani- maux au moins un passage vers les Béroës , qui constituent la famille suivante. Rosace, Rosacea. Corps libre, gélatineux, très-mou, transparent, suborbicu- laire, à une seule ouverture terminale à l'un des pôles donnant dans une cavité ovale, qui communique à une dé- pression d'où sort une production cirrhigère et ovifère. Espèce. La Rosace de Ceuta, R. ceutensis , Quoy et Gaim., Mém., ihid. , pi. 4 By iig. 2 , 5 et 4. ( Cop. pi. 6, fig. 8.) Observ. Ce genre a élé établi par MM. Quoy et Gaimard dans le mémoire cité. Je ne le connois que par la description et la figure assez incomplètes qu'ils en ont données ; ce qui ne me permet pas d'assurer positivement ce que c'est. Je suppose cependant que cet animal est plutôt une physsophore qu'une diphye. M. Eschscholtz le réunit avec les deux genres Calpe et Ahjla, sous la première de ces dénominations. NocTiLfQUE , Noctuluca, Corps libre, gélatineux, transparent, sphéroïdal, réniformc, avec une sorte de cavité infundibuliforme, d'où sort une production proboscidiforme, contractile. Espèce, Le Noctiluque miliaire, N. miliaris ^ de Lamk. , Anim. sans vert., tom. 2, p. 471, d'après Surriray , mss. (PI. 6, 6g. 9.) Ohser\', Ce genre a été établi par M. le D. Surriray pour un animal extrêmement petit, fort commun dans les bassins du Havre et que j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'observer avec lui au microscope : sa grosseur est à peine égale à celle d'une ièie d'épingle : il m'a paru presque régulièrement sphérique; mais un peu fendu ou excavé à sa partie antérieure, de ma- nière à ressembler un peu à une cerise ; du milieu de l'exca- vation sort une sorte de long tentacule cylindrique, diminuant peu de grosseur dans toute son étendue , et se terminant par une extrémité obtuse. Sur l'animal vivant, cet organe se porte 141 dans tous les sens, en se repliant, un peu à la manière de la trompe de Téléphanl. Il m'a paru , en effet, composé de libres annulaires et traversé par un canal dans toute sa longueur, en sorte qu'on peut le supposer terminé par un suçoir. Le corps même est enveloppé dans une membrane transparente formant qurlquefois des plis irréguliers; à l'intérieur on aperçoit une espèce d'œsophage en entonnoir, commençant en avant vers la trompe, et se terminant en arrière par une sorte d'estomac sphériqiie; s'il existe ensuite un canal intestinal avec une ou- verture anale, c'est ce qu'il m'a été impossible de déterminer. Dans quelques individus, mais à ce qu'il paroit à une cer- taine époque de l'iinnée seulement, on voit à l'intérieur plu- sieurs groupes ou petites masses placées irrégulièrement, et composées d'une enveloppe transparente, contenant de petits globules d'un brun noirâtre, que M. Surriray considère comme des œufs. A une époque plus avancée, que M. Surriray suppose celle du frai, l'eau devient d'un rouge lie -de -vin, et l'on trouve alors un certain nombre d'individus qui ont la production pro- boscidiforme du double plus longue et qu'il regarde comme de nouveau nés. Les mouvemens généraux de ces petits animaux paroissent être fort lents, et sont essentiellement exécutés au moyen de l'espèce de trompe, qui se meut continuellement de droite à gauche. M. Surriray, qui a eu l'occasion d'observer fréquemment ces animaux, les a vus quelquefois se dépouiller entièrement de leur enveloppe membraneuse et même sur le tentacule. Dans l'état de vie, les noctiluques sont excessivement phos- phoriques , et j'ai vérilié avec M. Surriray qu'au Havre la phosphorescence de la mer est due à ces animaux; aussi en la passant à travers une étamine, elle perd cette propriété, qui est, du reste, beaucoup plus forte dans les temps chauds et orageux, bien plus foible dans l'hiver et nulle par un vent d'ouest. Quoique je range provisoirement cet animal dans cette sec- tion , je suis loin de croire que ce soit sa véritable place; il me semble, en efiet, avoir beaucoup de rapports avec celui dont MM. de Chamisso et Eysenhardt ont fait leur gi^nre 1.42 Flagellum, et que MM. Quoy et Gaimard ont aussi désigné sous une dénomination particulière. Ne seroit-ce pas un animal voisin des Cucubalcs et des Ca- puchons, dont les organes natateurs seroient réduits à l'en- veloppe membraneuse? DoMOLE, Dollolum. Corps? gélatineux, hyalin , cylindrique, tronqué et également atténué aux deux extrémités, largement ouvertes et sans or- ganes apparens. Espèce. Le DoLioLE DE la Méditerranée, D. mediterranea , Otto, Mollusq., Zooph., ]Sov. act. cur nat. , vol. ii, tab. 42, fîg. 7. (Cop. pi. 6, fig. 10.) Obser^. Le corps organisé sur lequel ce genre est établi par M. Otto , nage, dit-il, en chassant et absorbant l'eau par la contraction et la dilatation alternatives de ses deux orifices. S'il en est ainsi , il est probable que c'est un véritable biphore , dont le nucléus aura échappé à l'observation ; mais si, par ha- sard, il n'y avoit qu'une ouverture, alors ce seroit un organe de quelque physsophore : ce qui concordcroit mieux avec l'absence totale d'organes intérieurs. M. Délie Chiaje, dans le tom. 3 de ses Mémoires, p. 65, paroît être porté à croire que l'animal dont M. Otto a fait son genre Doliolum , n'est qu'un fragment de l'espèce d'holo* thurie qu'il nomme H. inhœrens. 143 Les ciliogrades. Corps gélatineux , très- contractile, libre, diversiformc, évi^ demment binaire ou bilatéral, quelquefois paroissant sub- radiaire, pourvu d'espèces d'ambulacres étroits, formés par deux séries rapprochées de cils vibratoires. Canal intestinal complet ou pourvu de ses deux orifices ; une bouche et un anus. Organe de la génération ? Ohserv» Quoique je n'aie jamais encore étudié les animaux qui constituent cette petite famille d'après la nature vivante, et que je ne les connoisse que d'après des figures et des des- criptions , ou au plus d'après quelques individus conservés dans l'esprit de vin que je dois à la complaisance de MM. Quoy et Gaimard , je n'ai cependant presque aucun doute qu'ils doivent être retirés de la classe des arachnodermaires, dans laquelle tous les zoologistes sans exception les ont placés jus- qu'ici. Je n'ose toutefois assurer si elle doit passer dans le type des malacozoaires, ou bien si elle ne devroit pas rester auprès des holothuries. C'est donc encore un sujet de recherches qui ne pourra être terminé que sur le vivant. Un assez grand nombre de personnes ont parlé de ciliogra- des ; mais ce sont presque toujours àes voyageurs qui les ont observés vivans , il est vrai, mais d'une manière incomplète. Je ne connois même encore aucun zoologiste qui ait publié quelque chose d'un peu rationnel sur leur organisation. Ce que nous en savons , se borne à quelques détails sur leur mode de locomotion. Ainsi nous apprenons de ceux qui les ont vus à la mer, que les ciliogrades sont des animaux géla- tineux , transparens, agitant continuellement les cils dont leur corps très-contractile est pourvu, organes qui jouissent de la faculté phosphorescente au plus haut degré; ils flottent ainsi continuellement libres et voguant dans les eaux de la mer à d'assez grandes distances des rivages. On ignore, du reste, leur espèce de nourriture, le mode de leur génération, et autres circonstances de leurs mœurs et de leurs habitudes. Il existe des ciliogrades dans toutes les mers j mais il me 144 semble qu'en général ils sont plus abondans dans les mers du Nord que dans toute autre, peut-être cependant parce qu'ils ont été négligés. Les zoologistes systématiques ont été jusqu'ici d'accord pour imiter plus ou moins complètement Gmelin , au sujet de la place des ciliogrades dans la série animale, c'est-à-dire pour en faire un genre voisin des Méduses; ainsi MM. de Lamarck, Cuvier, Latreille et Ocken , n'ont pas même émis de doutes à ce sujet. Je dois cependant faire remarquer que Pérou , dans son Mémoire sur les pétropodes, avait cru devoir y comprendre le genre qu'il a nommé Calliauyre et que M. de Lamarck a rangé auprès des Béroës. Cet ordre ne contient encore qu'un assez petit nombre de genres, qui ont été cependant presque doublés par M. Esch- scholtz. Cet auteur en a formé trois petites familles, d'après la considération de l'absence ou de la présence d'appendices buccaux et d'appendices cirrheux simples ou doubles. Nous les adopterons au moins provisoirement. Bérob, Beroe, Corps régulier, parfaitement libre, plus ou moins élevé, sub- circulaire, convexe en dessus, concave et comme tronqué en dessous, traversé du sommet à la base par huit bandes longitudinales alternativement plus étroites et plus larges, par quatre paires de rangées de cils ou de cirrhes vibratoires. Une grande ouverture inférieure, ou mieux à l'extrémité tronquée, dans laquelle s'ouvre la bouche sans appendices, et une autre supérieure ou opposée, très-petite, et souvent peu visible pour l'anus. Depuis la publication de mon article Zoophytes dans le Dictionnaire des sciences naturelles, j'ai pu me procurer un ouvrage spécial de M. Eschscholtz , professeur de zoologie à l'université de Dorpat, imprimé à Berlin en 1829. A. Espèces dont les cils sont plus courts que les interstices qui les séparent. (G. Béroë, Eschscholtz.) Le B. OVALE, B. ovata , Brown , Lam. , 584, f; 44? fig'2; cop. dans l'Encj^cl. méthod., pi. 90, (ig. 1, 145 Médusa Bcroe , Linn., lo, p. GGo. Le B. MELON, B. cucumis, Linn., GmeL, p. 3i52, n.° i5; d'après Oth. Fab. , faun. Groenl. , p. 56 i. Le B. poNcruÉ, B. punctatci de CUauiisso, Acad. Leop. ^ cur., lo, p. 561 , tab. 5i , fig. 1. Le B. CENDuB, B. giWa, Eschsch. , Acal. ^ p. "hn . n." 4. Le B. MACRO6TOME, B. macrostomus , Péron , Lesueur, Voyage, pi. 3i, fig. 1. B. cjlindricus y de Lamarck, 2, p. /i^g. 5. capensis, de Cham. , /oc. cti. , tab. 5o , fig. 4« ' Le B. ROUSSATRE, B.rufescens, Forskal, faun. arah. , p. 1 1 1, Le B. TROIS -POINTS, B. tripunciata, Quoy et Gaiui. , Astro- labe, Zoolog. Le B. AMPHORE, B. amphora , id,, ibid» Le B. STRIÉ, B. s tria ta , id. ibid. B. Espèces dont les cils sont deux fuis plus longs quêtes interstices, (G. MEDEA , Eschschoitz. j Le B. ÉTRANGLÉ, B. constricta, de Cham., loc. cit., p. 3Gi, tab. 3i , fig. 2. Le B. VAISSEAUX ROUX , B. rufi^asa. B. rufescens , Esclisch., Acal. ^ p. 5oo , tab. 5, fig. 3. (Cop. pL 8, fig. 7.) G. Espèces dont les cils sont situés dans deux sillons amhulacraircs. (G. PANDORA , Eschschoitz.) Le B. DE Fleivimi'ng, B. Flemiringii , Eschsch., Aca:., p. 39, tab. 2 , fig. 7. (Cop. pi. 8, fig. 8.) Observ. Ce genre , qui est le type de la classe, a été ét.ibli parBrowne dans son Histoire de la Jamaïque, et ensuite par Gronovius, et adopté par tous les zoologistes systématiquf.s , si ce n'est par Gcnelin, qui a fait des espèces qui le constituent la première division de ses Méduses. Linné, dans la douzième édition du Srstenm naturœ , lui a donné le nom de Volvox. J'ai déjà dit, en parlant de la famille, que je n'avois pas encox"e eu l'occasion d'observer un béroë frais vivant ou mort, et qu'aucun auteur n'avoit donné de détails un peu satisfaisans 10 146 sur ce genre d'animaux. Je me suis cependant décidé à en faire une division particulière du règne animal, à cause de l'exis- tence de cils ou de cirrhes appendiculaires servant à la loco- motion : ce qui n'existe pas dans les arachnodermaires. Aussi ai-je admis que dans les béroës il y a un véritable canal in- testinal pourvu d'une bouche et d'un anus. En effet, dans la figure du beroe oyatus , donnée par Mu lier , on voit à travers le corps gélatineux de l'animal deux intestins dans une situation légèrement oblique, et dont l'un paroît se terminer par une grande ouverture à l'extrémité supérieure. Sur le B. cylindrique je remarque que Baster, qui le décrit et le figure en le rapportant avec juste raison au genre établi par Browne, assure qu'il a neuf rangées de cils : ce dont je doute cependant un peu , tandis que l'espèce de Browne n'en a que huit; il ajoute que, quoiqu'il soit parfaitement trans- parent , on voit à l'œil nu des intestins, et surtout deux espèces de tubes ou canaux, dont un offre une grande ouverture à sa partie supérieure. Othon Fabricius, observateur connu par sa grande exacti- tude et sa bonne foi, dit positivement de son B. cucumis qu'il a deux ouvertures terminales, donnant l'une et l'autre dans une cavité médiane plus ample ; il ajoute que les huit sillons longitudinaux sont pourvus, sur les côtés {ad latera) , de la- melles très-petites, variées de vert et de rouge : ce qui me porte à croire que ce sont des espèces d'ambulacres, ou peut-être même encore des branchies. Par le contact, dit-il, l'animal se contracte et prend la figure d'une pomme; caractère qui certainement n'appartient à aucun médusaire, et qui tend à démontrer que les béorës sont ou des actinozoaires voisins des holothuries qui jouis- sent d'une haute contractilité , ou mieux peut-être des ma- lacozoaires. Enfin je trouve, dans un mémoire de M. Flemming, inséré dans ceux de la Société wernérienne d'Edimbourg, tom. 3, pag. 401 , lab. 18, fig. 3 et 4, des détails iutéressans que je vais donner en extrait; c'est encore du B. ovatus dont il est question. Le corps étoit partagé en huit bandes verlicales ou côtes étendues du sommet à la base; elles éloient étroites, denti- 147 culées sur les bords, n'existant qu'à ]a surface, et d'une subs- tance plus dure que l'intériei^r, qui étoit gélatineux; du mi- lieu de la surface de ces cAfes partoient un grand nombre de iilamens, qui se perdoient dans la substance du corps j la bouche ou l'ouverture de la base avoit (juelque apparence d'avoir été divisée en quatre lobes; le canal qui en dérivoit et qui se prolongeoit dans l'axe du corps jusqu'au sommet , avoit de chaque côté un organe comprimé, adhérent à sa paroi; il se terminoit dans le centre par un rlargissement ovale, tt qui peut-être contenoit de l'air; imméaiatemeîït derrière chacun de ces organes il y avoit un grajjd nombre de vaisseaux entortillés, dont quelques-uns contenoient un fluide rougcàtre-. Le canal qui traverre le co. ps, en appro- chant de son nâbeu . s'élargissoit sub: :ocr.^nt ff ^'0''^'^^^yit une branche de chaque cAîé à une vésicule, après qiM;i ii stiiibloit se réunir avec celui qui provenoit de la bouche. IJliacune des vessies latérales se Imninoit en dessous par ure cavil.^ aveu- gle, conter. artt un corps glandulaire, a la surface siipérieure duquel étoieut attachés plusiei?rs f;îs b'aucs; rexlréniité su- périeure de chaque vésicule se termiiK;it a la ^^mt aoe -^î' ofé coriespondant par une ouverture tltuée daris l'espace qu; sé- pare deux côtes. De chaq;ie côté du même organe, tout p^'ès delà connexion avec le canal central, nais-oiî un vaisseau qui , après s'être divisé, envoyoit une branche à chaque côtf" con- tiguë; l'intérieur de ces canaux , à leur réunion avec les côtes, paroissoit être rempli d'un pulpe blanchâtre; chaque côte étoit creusée par un canal qui s'unissoit avec ce vaisseau à peu près au milieu de la longueur. En conséquence de cette structure toute particulière, on pouvoit aisément observer l'cnlrée de l'eau dans le canal mé- dian jusqu'au sommet, passer dans les vésicules latérales et sortir par leurs ouvertures extérieures; il ne paroissoit pas y en avoir à l'extrémité des canaux qui se Joignent aux côtes, quoique l'eau pût se mouvoir en arrière et en avant da»is leur intérieur. Quand l'animal étoit vivant, il y avoit de nombreux petits espaces dans les différcns canaux où le fluide contenu circuloit en remous ou tourbillon ; c'est ce qu'on pou- voit surtout observer vers le milieu et dans le canal descen- dant du sommet. 11 a été impossible d'apercevoir à l'œil nu , 148 dans ces tubes, aucune structure dont peuvent dépendre ces mouveraens partiels , et la forme orbiculaire de l'animal a empêché l'euiploi du microscope pour y parvenir. J'ajouterai encore à ces observations ce que M. le D/ Ma- cartney nous a dit du B. cucuwis, Phil. Irans. , 1810, 264, tab. i5, tig. 1 — 8. Cet animal, dont la forme du corps est assez difficile à exprimer, tant elle varie à sa volonté par des con- tractions partielles, est d'une couleur changeante entre le pourpre, le violet et le bleu pâle. Il est creux ou forme une cavité infundibuliforme , ayant une ouverture large d'un côté et une beaucoup plus petite de l'autre ; les deux tiers supérieurs ou postérieurs sont ornés de huit côtes longitu- dinales , ciliées, et qui sont dans un mouvement rotatoire extrêmement rapide, au point que, quand l'animal nage, il semble qu'un fluide passe continuellement dans leur lon- gueur. Lorsque l'animal nage tranquillement à la surface de l'eau , tout son corps devient par occasion peu à peu phosphores- cent; pendant la contraction il sort une plus forte lumière des côtes, et lorsqu'on donne un choc subit à l'eau dans la- quelle il y a plusieurs de ces animaux, on voit un éclair subit et vif en sortir; les fragmens mêmes du corps de ce bé- roë continuent d'être phosphorescens pendant quelques se- condes; mais quand ils sont tout-à-fait morts , la phosphores- cence ne reparoît plus. La distribution des espèces de ce genre, telle que je l'avois adoptée dans l'article Zoophytes du Dictionnaire des sciences naturelles d'après le nombre des ambulacres , me paroissant définitivement reposer sur une observation erronée, j'aime mieux admettre celle donnée par M. Eschscholtz d'après la disposition des cils; toutefois en ne considérant ses genres Pandora et Medœa que comme de simples divisions d'es- pèces. Cydippe , Cjdippe. Corps régulier, libre, gélatineux, de forme ovale, partagé en huit côtes plus ou moins distinctes par autant de doubles rangées longitudinales de cils vibratoires. Une cavité intérieure avec une grande ouverture bue- 149 eale? d'où sort et se prolonge plus ou moins en dessous une paire de longs appendices rétractiles et également garnis de cils vibratoires. Espèces. La Cydippe globuleuse, C. pileus. Beroe piieiis , Baster , Opuscul, subsec.^ 3, p. i25, tab. 14 f fig. 6 et 7; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 90, fig. 3 et 4. (PI. 8, fig. 1.) Médusa piieus , Linn., Gmel. , pag. 5i52, n.° 14; Scoresby , ArcL Kej., 1 , pag. 649, tab. 16, fig. 4. Pleurobrachœa piieus , Flemming , jBtj^ anim.,f, 5o4, iï.°6j. La C. ŒUF, C. o^um. Médusa o^um, Linn., Gmel., loc, cit., n." 16, d'après Othon Fab. , Faun. Groenl. , pag. 362, n.° 355. La C. CAPUCHON, C. cucullus, Eschsch., Acal., ip, 2S. Ber. cucullus, Modérer; B. piieus, Lab., Faun. Groenl., 36 1 , Martens, Spitzberg. , S. i3i, tab. P, fig. 9. (Mer du JNord.) La C. ÉPAISSE, C. densa, Eschsch., ibid. , n.** 3. Ber. densa, Forsk., Faun. arab., p. m. (Méditerranée.) La G. ENTONNOIR, C.infundibulum, Baster, Opusc. subs. , I, p. 125, tab. 14, tîg. 5; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 90 , fig. 2. Médusa infundib. , Linn., Gmel., 5i52. Ber. ovatus , var. novemcostatus , de Lamarck , 1 1 , p» 4^9* (Mer du Nord.) La C. ELLIPTIQUE , C. elliptica , Eschsch. , p. 26 , tab. 3 , fig. 1 . (Mer du Sud.) La C. BIPARTITE, C. dimidiata, Eschsch., p. 27 , tab. 2 , fig. 2. (Mer du Sud.) Observ. C'est réellement Péron qui a établi ce genre, qui paroît susceptible d'être adopté, ce que vient de faire M, Flemming sous le nom de Pleurobrachia , et M. Eschscholtz sous celui de Cydippe. Nous avons préféré la dénomination de Péron, d'abord par antériorité, et ensuite parce que celle du zoologiste anglois est trop semblable à celle de Pleurobran- chia, employée pour un genre de mollusques; mais M. Esch- scholtz ayant transporté le nom d'Eucharis à un autre genre de Céliobranches , nous préférons l'imiter pour arrêter une plus grande confusion» 150 Je Tie le connoîs que rî'après les figures et les descriptions incoiiiplèles qui ont élé données des espèces qui le composent, vhs'i:j\ qiii me paroît le premier qui en ait parlé, se borne à dire q.ic. 1. s appendi. Ce genre a été établi par Muller et admis par tous les zoologistes sans exception. M. Bory a cru cependant de- voir former deux genres distincts, l'un avec le V. uva (Atlas, pi. 11, fig. 4), sous le nom à'IJveila, et l'autre avec le V. vegetans (Atlas, pi. 11, fig. 9), sous celui à' Anthophjsa. En analysant les espèces d'après le mode de locomotion, on peut les rapporter à trois ou quatre sections : 1.^ Celles qui ont des mouvemens rapides dans tous les sens, et nécessairement exécutés par des appendices, qiioi- que leur transparence sans doute empêche de les apercevoir. Ex. les V. punctum , globulus et pilliila. 2.° Celles qui ont des mouvemens lents, comme le V, gra' iiulum, et qui sont sans doute des planaires. et 5. „ an.uuvux , ^ f^;t son ge" .aairesagS»""" £,'<:"*•■""• , „i appendice» gés d-^ -"/;X leur «ode e^ ^^^ ^^ -^tès a«"es , à en iuger d ^F „eopl^'«^^' 'f ' J„dis q»« Impaires; 1"*"* , „laucoma,P -^ricans et r» ' ^ bo«s pa"^ '> '^ *"" ^nt des ani»»»''- ^onas- , cils m i ,; ce soient .^^e , ft' ^^^buleux- sa»' .„, ^* \ aT-P^"^^'=" 'et cependant se m" ,...>, fiS- <) l„„s les sens^ .. M- le"» ' gg. 5 , a, ^ , ^ et E.pèce-LaMof^^^^_„étUod.,ï- ;t,d., t- ^' ^" La M. ^^«^';:' e. métbod- , f- ;^„uet , ■t'^- ' \_ ^ Mias, j.cop- "- ^,t.E-. M-P"-"" . p\. L^^^^-'^trVEoe-»^*"*-'^ et 6' ^°^' \ 180 Obseri^. Ce piure n'est véritablement établi que sur la gran- deur relative, sans aucune autre considération; aussi con- tient-il des êtres de nature très-différente. Un certain nombre ne sont pas des animaux ni des végé- taux, mais des grumeaux; tels sont les M. termo et tranquilla , dont les mouvemens sont nuls et qui sont dans le même cas que les Oyclidium Inyalinum et nucleus. Le M. lamellula , type du genre Lamellina de M> Bory, pour- roit bien être dans le même cas* Quant aux espèces qui sont véritablement des animaux, en quoi diffèrent-elles des Leucophres? si ce n'est en ce qu'on ne voit pas les organes qui servent à leurs mouvemens. Les MiCROZOAIRES APODES. Corps subgélatineux ou peu consistant, en général très-con- tractile, trés-poiymorphe, sans aucun indice d'appendices de quelque nature que ce soit. Ohserv. Les microzoaires qui constituent cette seconde divi- sion, sont bien évidemment des animaux binaires comme les précédens; mais d'une structure beaucoup plus molle, plus gélatineuse, plus contractile et par conséquent protéiforme. Ils n'ont aucune trace d'appendices locomoteurs, aussi leur mode de locomotion consiste-t-il dans un glissement ou une sorte de reptation sur un sol résistant, et dans une natation à l'aide du corps lui-même , généralement membraneux , mais quelquefois anguilliforme. La forme du corps a permis de les subdiviser en deux sections. Les M. APODES PLANAIRES- CoTps membraneux et transparent. Ohserv, La plupart des espèces qui constituent cette divi- sion des Microzoaires apodes, nous paroissent n'être autre chose que de jeunes Planaires, ou peut-être même de jeunes Hirudinés; opinion qui a été prouvée parles recherches inté- ressantes de M. isUtzsch , sur les Cercaires. 181 BuRSAiRE, Bursaria. Corps membraneux, ovale, assez court, et un peu replié sur lui-même, de manière à être concave en dessous et con- vexe en dessus. Espèce. La Bursaire troncatelle , B. truncatella , MuUer, Inf, , pag. ii5, tab. 17, fig. 1 à 4; cop. dans l'Enc. méthod. pi. 1 , fig. 1 à 4. ( Atlas, pi. 10, fig. 2.) Ohserv. Ce genre est très-probablement formé d'espèces de Planaires flottantes , et alors un peu repliées sur elles-mêmes; mais c'est ce que nous ne pouvons cependant assurer, n'en ayant observé aucune d'une manière certaine. Quant à la B. hirudinella , dont M. Bory a formé un genre sous le nom d' Hirudinella, il est encore plus difficile de dire ce que c'est. (Voyez Atlas, pi. 10, fig. 3 ; cop. de Muller, tab. 17 , fig. 10, 11 et 12.) KoLPODE, Kolpoda, Corps membraneux, transparent, ovale, aplati, en général atténué en avant, très-contractile et assez protéiforme. Espèces. La Kolpobe pintade, K. meleagris , Muller, Inf. , pag. 99, tab. 14, fig. 1 à 6, et tab. i5, fig. 1 à 5; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 6, fig. 17 à 27. (Atlas, pL 10, fig. 5.) La K. MARTEAU, K. zfgœna, Muller, ihid. , p. 99, tab. i5; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 6, fig. 26 et 27. La K. BOTTE, K. ocrea, Muller, ihid. , tab. 10, fig. 9 et 10; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 6, fig. 7 et 8. La K. MUCRONÉE, K. mucronata, Muller, ibid., t. i5, fig. 12 à i5; cop. dans l'Encycl. méthod., pi. 6, fig. 11 à i3. Obseri'. C'est encore un genre presque insignifiant, et qui ne peut être que fort difficilement caractérisé; aussi Muller lui-même y a-t-il confondu des espèces qui, d'après ses dé- finitions, devroient être reportées dans d'autres genres. Le K. Iriqueter, par exemple, paroît être une Leucophre ; le K. eu* culus est une Bursaire pour M. Bory de Saint- Vincent, etc., tandis que la Paramécie ovifère de Muller est pour ce dernier un kolpode; ce qui nous paroit probable. 182 En étudiant les espèces décrites et figurées par Muller, il nous semble qu'elles peuvent être partagées en deux sections. Dans la première sont celles qui, étant membraneuses et plates, se meuvent en glissant sur le plan de position; ce sont des planaires. Dans la seconde sont les espèces plus épaisses , et qui, se mouvant en nageant dans tous les sens, sont néces- sairement pourvues de cii., quoique imperceptibles, comme le K. cuculus et quelques autres. Trachbline, Trachelina. Corp5 gélatineux, transparent, très-contractile, membraneux , ovale , rétréci aux deux extrémités , et surtout en avant , où il forme une sorte de cou plus ou moins alongé. Mouvemens lents de reptation sur un sol résistant. Espèces. La Trachéline ÉTROITE, T. stricta. Vibrio strictus , Muller, Inf., p. 7i,tab. io,fig. i et 2 ; cop. dans rEncycl. méthod., pi, 5, fig. 1 et 2. La T. CANARD, T. anas, Vihrio anas, Muller, ihid. , pag. 72 , tab. 10, fig. 5 à 5; cop. dans 1 Enc. mélb., pi. 5 , fig. 3 à 5. (Atlas, pi. 10, fig 8. ) La T. OIE, T anser. Vibrio anser , Muller, ibid. , p. 70 , tab. 10 , fig, 7 à 12 ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 5 , fig. j a 12. La T. CYGNE, T. olor. Vibrio olor, Muller, ibid. , pag. 76, tab. 10, fig. 12 a i5 ; cop. dans FEnc. niéth. , pi. 5, fig. 12 à i5. Ainsi que les V. cjgnus, intermedius , fascicularis , col^'m- bus , linter et faix de Muller. Obser^. En conservant le nom de Vibrio , comme nous le fai- sons depuis long-temps, aux Microzoaires ascaridiens, voisins, si même ils diffèrent, des Pilaires, il reste un grand nombre d'espèces qui ont dû en êlre séparées. C'est aux espèces pla- iiariformcs, avec la différence seulement du grand alonge- inent de l'extrémité antérieure, que nous donnons provisoi- rement le nom de Trachéline : nous disons, provisoirement, parce qu'il est à peu près indubitable que ces microzoaires, mieux connus, devront être reportes à leur place dans le genre Planaire. 183 M. Bory de Saint-Vincent a distingué ces espèces de Vibrions sous la dénomination de lacrimatoires, sans doute à cause de là forme qu'elles présentent quelquefois. Nous avons eu l'occasion d'observer plusieurs fois la T. ca- nard , et nous avons pu nous assurer que ce n'est qu'une très- jeune Planaire. Prot^e, Proteus, Corps gélatineux, membraneux, extrêmement contractile, très-protéiforme , sans aucun appendice, et se mouvant en glissant sur un sol résistant. Espèces. Le PfiOTÉE rameux, P. dijfluens, MuUer, Infus., p. 9 , tab. 2 , fig. 1 à 12 ; cop. dans l'Ëncycl. méthod., pi., i , fig. a à m. (Atlas, pi. 1 1 , fig. i2. ) Le P. TENACE, P. tenax, Muller, ibid., pag. lo, t. 2, fig. i5 à 18; cop. dans l'Ëncycl. méthod., pi. 1 , fig. g k k» { Allas, pi. 11 , fig. i3. ) Ohserv. Nous avons rencontré deux ou trois fois l'animal au- quel Muller a donné le nom de P. dijfluens , et nous nous sommes assuré que ce n'est qu'une très-jeune Planaire. Il en est sans doute de même du P. tenax du même auteur. Cercaire, Cercaria. Corps gélatineux, très-contractile, élargi en avant, et terminé en arrière par une sorte d'abdomen caudiforme plus ou moins distinct. Espèces, La Cercaire éphémère, C epliemera , Nitzsch , His- toire nat. des Cerc, pag. 29, tab. 1 , fig. 1 à i3. La C. LEMNA, C. lemna, Muller, Irifus., pag. 122, tab. 18, iig. 8 à 12 ; cop. dans l'Enc. méthod., pi. 8 , fig. 8 à 12. Cerc. major, Nitzsch, ihid., pag. 4/1 , tab. 2, fig. 1 à 8. La C. petite, Cmfnf/fa, Nitzsch, ihid.^ p. 4G, tab. 2, fig. 9a 1 1. La C. INQUIÈTE: C. inquiéta, MuWtr , ibid. , pag. 121, tab. 18 , fig. 5 à 7 ; cop. dans l'Enc. mélh. , pi. 8 , fig. 3 à 7. La C. Marteau , C. malleus. Vibrio malleus, Muller, ibid., pag. 58, tab. 8, fig. 7 et 8; cop. dans l'Ëncycl. méthod. , pi. 4, fig. 7. Ty puteorum, Bory de Saint-Vincent. 184 Cercariafurcala^ Nitzsch , Hist. nat. des Cerc, tab. 2, fig. 12 à 18. La Cercaire gyrin : C gjnnw^, Muller, In/., pag. 119, tab. 18 , fig. 1 ; cop. dans FEnc. méth. , pi. 8 , fig. 1. La C. bossue: C. gihha, Muller, ihid,, pag. 120, tab. 18, fig. 2 ; cop. dans l'Enc. méth., pi. 8 , fig. 2. Obscr^'. Le genre Cercaire, tel qu'il vient d'être défini, surtout d'après le Mémoire de M. INitzsch , diffère assez de ce qu'il étoit dans l'ouvrage de Muller et même dans M. de La- marck; aussi ne renferme- t-il plus tout-à-fait les mêmes es- pèces. En effet, les C. turho ^ pleuronectes , cjclidium , tenax , de Muller, n'appartiennent sans doute pas au même genre que les espèces voisines du C. lemna , qui sont de véritables Planaires, comme on le pouvoit déjà juger d'après les figures de Muller, mais ce qui a été mis hors de doute par M. Nitzsch. Enchélide, Enchelis. Corps gélatineux, très- contractile , plus ou moins alongé et subcylindrique, se mouvant très-lentement en rampant, ou par des flexions peu nombreuses, sur un sol résistant. Espèces. L'Enchélide VERTE : E. vùidis , Muller, In/., p. 23, tab. Zj , fig. 2 et 5; cop. dans l'Ecycl. méthod., pi. 2 , fig. 1. (Atlas, pi. 11 , fig, 14.) L'E. PONCTiFÈRE : E. punctifera , Muller, ibid. , pag. 24 , t. 4 » fig. 2 et 3 ; cop. dans l'Encycl. méthod. , pi. 2 , fig. 2 et 3. L'E. PARESSEUX: E. deses ^ Muller, ibid., pag. 26, tab. 4 , fig. 4 à 5 ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 2 , fig. 4, a, b. VE, intermédiaire: E. intermedia ^ Muller, ibid., pag. 28, tab. 4, fig. 24 5 cop. dans l'Enc. méth., pi. 2 , fig. 10. L'E. A queue: e. caudata , Muller, ibid., pag. 34, tab, 4, fi;. 2S et 26; cop. dans l'Enc, méth., pi, 2 , fig. 16. Obsevi'. D'après ce que dit Muller lui- même de la plupart des animaux qu'il a rangés da»]s son genre Enchelis , il est évi- dent que ce sont des Planaires ou des Distomes cylindriques. En effet, il en .:. quelquefois décrit les ouvertures. Il y a renfermé cepcàjùant aussi quelques êtres chez lesquels les raouvenicns et même la forme indiquent des appendices ciiiformes, et qu'U faudra par conséquent en retirer; tels sont : les E, similis, serotina^ ncbulosa, seminulum, oviilum y 185 pyrum, constrlcla, qui devront passer dans les Velvoces, Il faudra, au contraire, placer parmi les Enchélides, les Vihrio vermiculus , intestinum, verminus , sagitta, etc. GoNE, Gonium. Corps membraneux et plus ou moins anguleux. Espèces. Le Gone obtdsangle, G. obtusangulum, Muller, Inf.f pag. 1 14, tab. 16 , fig. 18 ; cop. dans l'Eneycl. méthod. , pi. 7, fig. 10. Le G. RECTANGLE, G. rectaugulum , Muller, ibid. , pag. ii3, tab. 16, fig. 17 ; cop. dans l'Eneycl. méthod., pi. 7, fig. 9. Ohserv. D'après ce que nous avons observé nous-même des espèces de ce genre établi par Muller, nous croyons que les deux seules espèces nommées sont des animaux ; les G. corruga- tum et puhinatum n'en sont certainement pas : ce sont proba- blement de simples parties de végétaux décomposés. Quant au G. pectorale, dont M. Bory fait un genre sous le nom de Pecto- ralina, c'est un assemblage d'êtres dont la nature nous paroît encore douteuse. (Voyez Atlas, pi. 1 1 , fig. 10 ; cop. de Muller.) Les M. APODES VERMICULAIRES. Corps élastique, cylindrique et atténué aux deux extrémités, Obser^. Pour terminer cette analyse du système des Micro- cozoaires, nous aurions ici à parler des Vibrions proprement dits et de quelques genres qu'on en a justement séparés ; mais depuis long-temps nous avons réservé le nom de vibrio à des animaux qui appartiennent indubitablement à la classe des Vers apodes, comme on a pu le voir dans notre Manuel d'hel- minthologie. Quant aux V, paxillifer , lunula, bipunctatus, tripunctatus, il est évident que ce ne sont pas des animaux, mais bien des conferves. Il en sera question à l'article des Néinazoaires , qui doit terminer le système général des êtres que Ton a réunis, à tort ou à raison, sous \e nomàeZooplvytes, Nous reviendrons aussi dans un chapitre supplémentaire sur les Microzoaires en général, dans le but de faire connaître l'état actuel de cette partie de la zoologie d'après nos propres travaux , et surtout d'après ceux de M. Ehrenberg. 186 TYPE. ACTINOZOAÏRES, Acùnozoa. Corps régulier, diversiforme, mais offrant constamment une disposition rayonnée dans ses divisions, ou dans les organes de nature différente dont il peut être pourvu. Ohserv, Quand on veut comprendre sous la même caracté- ristique tous les animaux qui constituent ce type, on est forcé de la réduire à cette simple phrase, qui suffit en effet pour en éloigner tous ceux qui ne lui appartiennent réellement pas. Sous tous les autres rapports que celui de la forme géné- rale , les Actinozoaires présentent des différences véritablement classiques, comme on a pu le voir dans nos généralités sur leur forme et leur organisation. En effet, l'enveloppe peut être d'une nature extrêmement différente, quand on la compare dans les Holothuries, les Oursins, les Étoiles-de-mer, les Mé- dnises, les Actinies, etc., et par suite l'appareil de la loco- motion générale ou partielle offre de nombreuses variations. Le canal intestinal est dans le même cas, puisqu'il peut être complet, tandis que d'autres fois il n'a qu'une seule ouverture, servant de bouche et d'anus. L'appareil delà génération pré- sente aussi des dispositions extrêmement différentes, au point que dans certaines espèces il n'est peut-être pas même localisé. La simplicité des individus, ou leur agrégation plus ou moins intime, quelquefois même sur une partie commune, leur liberté ou leur fixité, offrent aussi des caractères très- variables. D'après ces grandes différences que les Actinozoaires pré- sentent dans presque toutes les parties de l'organisation, on conçoit combien il a été facile de les partager en classes, en général fort distinctes, que l'on peut borner à cinq dans l'état actuel de nos connoissances; mais que l'on conçoit pouvoir être augmentées par la suite. Ce sont les Echinodermaires ou Polycérodermaires , les Arachnodermaires, les Zoanthaires , les Polypiaires et les Zoophytaires. 187 CLASSE ir ÉCHÏNODERIMAIRES , Echinodermata. Corps très-diversi forme, enveloppé d'une peau épaisse, molle ou solidifiée par des parties calcaires, mais toujours pourvu de suçoirs tentaculi formes, exsertiles, épars ou disposés par séries longitudinales. Ohseri', En admettant cette classe ainsi circonscrite, ou réunit des animaux qui ont un canal intestinal complet, et d'autres chez lesquels il ne l'est pas; cependant on ne peut nier qu'il ny ait de très-grands rapports entre eux, surtout en considérant que tous sont pourvus de ces singuliers or- ganes tentaculiformes, servant à la locomotion par leur dis- position en suçoirs, appartenant au système aquifère, et qui sortent de différens endroits de la peau. La dénomination à^ Échinoder maires n'est peut-être pas bien convenable pour les Holothuries, dont la peau est quelque- fois au contraire fort lisse et très-molle : et il seroit peut-être préférable d'en employer une qui fût en rapport avec le caractère général, l'existence des suçoirs tentaculiformesj c est ce qui nous a fait proposer depuis long-temps le nom classique de Poljcérodermaires. D'après notre caractéristique, nous avons dû retrancher de cette classe les Siponcles et les Priapules, que nous avons re- portés dans la classe des Vers, sous-type des Entcmozoaires. Quoique cette classe soit aujourd'hui assez compliquée, à cause des genres un peu nombreux qu'on y a établis, elle ne renferme cependant réellement que trois genres linnéens, Holorhuria, Ecliinus et Aster ias , qui sont devenus le type d'autant d'ordres avec juste raison, puisque ce sont autant de degrés d'organisation. L'ordre dans lequel nous les rangeons, est nécessairement celui qui est déterminé par la forme de plus en plus radiaire; ce qui se trouve heureusement concorder avec le décroisse- ment général dans toute rorganii.ation. Ainsi les Holothuries dont le corps est quelquefois vermiforme, qui ont un canal intestinal complet et un organe de la génération pair avec un seul orifice médian , doivent être à la tête, et les Étoiles de 188 mer, dont le corps est souvent radié, dont le canal intestinal n'a qu'une seule ouverture, et les organes de la génération pentamérés avec cinq orilices, doivent être à la tin. Ordre I.'^ HOLOTHURIDES, Holothuridea, (Genre Holotliuria, Linn.) Corps plus ou moins alongé, quelquefois subvermiforme, mou ou flexible dans tous ses points , pourvu de suçoirs tenta- culiformes, souvent nombreux, très- extensibles, complè- tement rétractiles et percé d'un grand orij&ce à chaque ex- trémité. Bouche antérieure au fond d'une sorte d'entonnoir ou de ca- vité praebuccale, soutenue dans sa circonférence par un cercle de pièces fibro-calcaires et pourvue d'un cercle d'ap- pendices arbusculaires, plus ou moins ramifiés. Anus se terminant dans une sorte de cloaque, s'ouvrant à l'extérieur par un grand orifice terminal. Organes de la génération se terminant à l'extérieur par un orifice unique, médian, à peu de distance de l'extrémité antérieure et presque marginal. Ohserv. Les holothuries forment un groupe d'animaux dont l'organisation offre réellement quelque chose d'assez particu- lier, au point que plusieurs personnes doutent encore de la position qu'elles doivent avoir dans la série. Bianchi nous semble être le premier auteur qui ait jugé qu'elles doivent être rapprochées des oursins, et, en effet, il en a désigné une espèce sous le nom d'echinus coriaceus : opinion qui a été adoptée par Blumenbach et tous les zoolo- gistes modernes, quand ils en ont fait une division de leur? vers échinodermes avec les oursins et les étoiles de mer. Quelques zoologistes ont cependant suivi l'idée de Pallas , qui a cru devoir les rapprocher des actinies. Quoique signalés peu de temps après la renaissance des lettres et des sciences en Italie, puisque Columna a donné déjà une assez bonne figure et surtout une assez bonne description d'une espèce dans ses Aquatilia , et qu'à presque toutes les époques des observateurs s'en soient occupés, ce sont des animaux dont l'organisation n'est pas encore complètement connue , malgré 189 les travaux spéciaux de Bohadsch , de Muller, de Vahl, de Forskal, de Monro , de Tiedeman et de M. Délie Chiaje* On trouve cependant ditférentes espèces de ce genre dans les mers européennes, et surtout en grande abondance dans la Méditerranée. En général, il paroît qu'il existe des holothuries dans toutes les mers ; mais peut-être davantage dans celles des pays froids que dans celles des contrées chaudes* Ce sont des animaux qui vivent constamment dans les eaux salées , souvent à d'assez grandes profondeurs , mais quelquefois aussi sur les rivages, au milieu des fucus, des rochers, aune dis- tance assez peu considérable pour que souvent les flots les pous- sent à sec sur le sable , où ils meurent nécessairement ; car leur mode de locomotion ne leur permet pas de retourner à la mer. Ils s'attachent au sol dans les momens de tourmentes, au moyen des singuliers suçoirs tentaculaires aquîfères dont leur peau est pourvue en différens endroits déterminés ou non , et qui sont susceptibles d'une grande extension. On ne connoît pas encore d'une manière un peu complète ce qui tient au reste de leurs mœurs et de leurs habitudes; ainsi on ne sait rien de positif sur l'espèce de leur nourri- ture, non plus que sur les circonstances de leur mode de re- production , sur la durée de leur accroissement et sur celle de leur vie. Il est à désirer que les naturalistes qui habitent les bords de la Méditerranée, où certaines espèces sont si communes, veuillent bien diriger leurs observations sur ce sujet. Nous n'avons jamais entendu dire qu'aucun de ces animaux {ût d'une grande utilité à l'espèce humaine. M. Délie Chiaje nous apprend cependant que les pauvres habitans des côtes de Naples les mangent. La distinction des espèces nous paroit être assez difficile, et nous n'osons pas encore assurer le degré de certitude que peu- vent fournir les différentes considérations de leur organisation. 1." La forme générale est extrêmement variable, suivant qu'on étudie l'animal bien tranquille et jouissant de foutes ses facultés au fond de l'eau ; il est alors, dans le plus grand nombre des cas du moins, très-alongé , souvent cylindrique et presque vermiforme ; est -il au contraire en repos, alors 190 il devient beaucoup plus court et ordinairement plus renflé au milieu qu'aux extrémités. Quand on le tourmente, soit dans l'eau ou même hors de l'eau, l'action de contraction est plus forte, et il n'est souvent plus reconnoissable. Mais c'est surtout quand il a été plongé dans une liqueur conservatrice, comme l'esprit de vin, que la forme diffère totalement de ce qu'elle étoit quand l'animal étoit vivant. Il faut cependant remarquer que c'est principalement dans le diamètre longitudinal que les principaux changemens s'o- pèrent et que la forme de la coupe en offre moins; ce qui permet de s'en servir avec quelque avantage dans la distinc- tion des espèces; ainsi elle peut être, à peu de chose près, circulaire; elle peut être ovale, le grand diamètre en tra- vers, ou bien convexe en dessus et plate en dessous; enfin, elle peut être assez régulièrement pentagonale. 2.° La grosseur, la forme même et la distribution des tu- bercules plus ou moins mamelonnés qui hérissent la peau , nous ont paru offrir aussi un trop grand nombre de variations, pour pouvoir être employées comme caractère spécifique. 3.° Il n'en est pas de même, sinon de la forme, mais du moins de la distribution des suçoirs tentaculiformes, qui sor- tent par des pores ou trous de la peau, et au moyen desquels ces animaux s'attachent aux corps sous-marins. Dans un cer- tain nombre d'espèces ils sont, pour ainsi dire, répandus à peu près également sur toute la superficie du corps; mais dans d'autres ils sont accumulés à la face inférieure, sans ordre ou avec un ordre déterminé, ou enfin ils sont disposés en doubles séries sur cinq lignes longitudinales, comme dans l'H. pentactes. 4.° La position plus ou moins terminale des deux orifices, oral et anal, paroît pouvoir être prise en considération avec quelque avantage. 5.° Quelques zoologistes, et entre autres M. Lesueur, atta- chent une grande importance au nombre des appendices ten- taculaires de la bouche, à leur forme et à leur mode de divi- sion; mais nous craignons bien que ce ne soit à tort. En effet, nous nous sommes assuré positivement que l'espèce la plus commune dans la Méditerranée , l'H. tubuîosa, et qu'on trouve 191 par centaines dans la rade de Toulon, varie beaucoup sous le double rapport du nombre de ces organes et de leurs di- visions terminales. 6." Il no'is a semblé qu'on tireroit un bien meilleur carac- tère de la forme du cercle de pièces solides de la bouche, qui est constante , à ce que nous croyons , pour chaque espèce; mais il y a quelque difficulté à s'en servir. 7.° La couleur, à en juger aussi d'après le grand nombre d'individus de ÏHolot. tuhulosa que nous avons vus, varie aussi beaucoup , du moins pour l'intensité, qui peut passer du noir presque foncé au roux presque blanchâtre. 8.° Quant aux dimensions 'totales, outre la difficulté de mesurer ces animaux quand ils sont en notre puissance, il paroît qu'ils varient assez de grandeur, sans doute avec l'âge. En analysant avec quelque soin la description des espèces d'holothuries décrites dans les auteurs , à l'aide des obser- vations que nous avons faites sur sept ou huit d'elles que nous avons observées vivantes , nous les distribuerons en cinq sec- tions, que nous croyons assez naturelles, et dont quelques- unes pourront, si l'on veut, être établies en genres distincts. En voici d'abord la table synoptique, d'après laquelle on verra que nous les rangeons suivant le degré de perfectionne» ment de la forme générale radiaire. Taplati, avec suçoirs en dessous Cuvieria. jsuhprismatique , à suçoirs inférieurs Holothuru. Corps., ^fusiforme, à suçoirs épars Thyone. jvermiforme, à tentacules pinnés Fistularia. I^subpentagonal, à suçoirs ambulacri formes . . Guccmaria. A. Espèces dont le corps, assez court , plus lomhé et plus dur en dessus qu'en dessous , est pourvu de suçoirs tentaculiform.es , seu- lement de ce côté, et d'appendices buccaux assez développés • les deux ouvertures plus ou moins supérieures, (G. Cuvieria , Pérou ; PsoLUs, Oken.) L'Holothurie PHANTOPE:H.p^an/opi/5,Linn., Gmel., p. 3i58; n.° 2; d'après Muller, Zool, Dan,, i , tab. 112 — 125; cop. dans PEnc. méth., pi. 86, fig. 1 — 3; Pennant , JBri7. zool, , 4, page 48, tab. 35, fig. 55, (Atlas, pLi3,fig. 1.) 192 L'Holothurie feuillée : H.frondosa, Linn., Gmel.,p. '5i3o^ n.** i; d'après Gunner, Act, Stockli,, 1767; cop. dans i'EnCé méth. , pi. 87 , fig. 7 et 8. L'H. DE Cuvier; h. Cuvieri , Péron , Cuv. , Règne anim. . 4, pi. i5, fig. 9* L'H. ÉCAir.LEUsE : H. squamata ^ Linn*, Gmel. , pag. 3i4i ♦ n." 11 : d'après MuUer , Zool. Dan., 1, tab. 10, fig. 1 — 3 cop. dans l'Enc. méth., pi. 87, fig. 11 et 12. L'H. OBSCURE: H. obscura , Lesueur, Descript, of vere^el new sp. ofHoLoth., Acad. se, nati Philad. , v. 6, part. i,p. 1 56, esp. i* Ohserv. Nous n'osons pas assurer d'une manière positive que VH.frondosa , dont nous devons la connoissance à Grunner , appartienne réellement à cette section. B. Espèces dont le corps, coriace, assez alongé , est suhprismatîque ; le ventre même assez distinct du dos et pourvu seul de suçoirs Lent aculif ormes , épars dans toute son étendue; les appendices buccaux en général peu ramijiés; la bouche sulinfère, [G* Holo- THURiA, de Lamk. ) L'Holothurie limace : H. maxima, Linn., Gmel., p. 3x42, n." 20; d'après Forskal, Faun, arab., page 121 ; Icon., tab. 58^ fig. B b. L'H. de Columna : H. Columnœ , Cuvier; Pudendum régale^ Fab. Columna, Aquat., cap. 14, p. 26, tab. 26, fig. 1. L'H. TDBULEusE : H, tuhulosa , Linn., Gmel., p. 5i38, n.** 3; d'après Bohadsch , Anim, mar., page 76, pi. 6 — 8. (Atlas, pL 12, fig. 1 , 2, 3 et 4.) L'H. ÉLÉGANTE : H. elegans , Linn., Gmel., page 3i58, n.** 10; d'après Muller, Zool. Dan., 1 , tab. 1 , fig. 1 et 2 5 cop. dans l'Enc. méth., pi. 86 , fig. 9 et 10 ; Fistularia elegans , de Lamk., Anim. sans vert. , tome 5 , page 76 , n.** 1. L'H. DE Forskal : H. Forshalii , Délie Chiaje, Mém. sur les Holoth.; Forsk., Icon. , page 22, tab. 3i , fig. A. L'H. DE Poli; H. Poli, id., ibid., tab. 6, fig. 1. L'H. DE Sanctori ; H-, Sanctori, id., ib. , p. 25 , tab. 6, fig. 2. L'H. DE Cavolini ; H. Cavolinii, id. , ibid., tab. 7, fig. 1. L'H. DE Petagna; h. Petagni, id. , ibid., tab. 9, fig. 4. L'H. DE Stellati; h. StellaLi, id,, ibid,, tab. 7, fig. 3. 193 L'Hoi.otHURiE FLEURiLLADE : H. Bicquemari , G. Cuv., Régne anim., 4, p. 22, note; d'après Dicquemare, Journ. de phys. , 1 778 , Octobre , pi. 1 , i\g. 1 , L'H. APPENDicuLFE ; H, ûppeudiculata , de Blainv. , Monogr. du Dictionn. des se. iiat. , tome 2 1 , page 3 17. L'H. Bakillet : H. doliolum , de Lamk., ibid. , p. 74, fîg. 4 ; d'après Pallas, Sp. zoolog., tab. 9 et tab. 10; cop. dans l'Enc. mélh. , pi. 86, fig. 6 — 8. L'H. DE Radack : H. Radackensis , de Cham. et Eisenhardt, De anim. verm. , tab. 26. L'H. brune; h. hrunnea , id,, ibid., page 553. li'H. aggletinée; H. agglutinata , Lesueur, ibid., n." 2. L'H. OMBRINE; H. umbrina , Ruppel et Leukart, Voyage à la mer Rouge , atbs , p. 10, tab. 2 , fîg. 4 , a , J. Observ. Celte division commence par des espèces qui ont véritablement un certain nombre de rapports avec celles de la première section. Nous avons observé les H. Columnœ, tubulosa, de nos mers, et appendiculata de l'Isle- de- France. JNous doutons beaucoup de la distinction des six espèces in- troduites dans ce genre parM. DelleChiaje, et toutes vivantes dans le golfe de Naples. Il est fort présumable que plusieu^s ne sont que dts variétés de l'H. tubulosa, si commune dans toute la Méditerranée et si variable pour la couleur. L'espèce qu'il nomme H. Columnœ n'est certainement pas l'espèce décrite par Columna ; car celui-ci dit qu'elle n'a que dix appendices buccaux , tandis que M. Délie Chiaje en donne vingt à la sienne. C. Espèces dont le corps , en général alongé , peu coriace, cylindri- que oufusiforme, est partout couvert de papilles rétractiles , et dont les appendices buccaux sont fort grands, (G. Thyone, Oken ; MuLLERiA , Flemming. ) L'Holothurie papilleuse: H. papz7Zosa, Linn., Gmel., p. 5 140, n.°24; d'après MuUer, ZooL Dan., 3 , page 47, tab. 108, fig. 3 j cop. dans l'Enc. méth., pi. 86, fig. 5 et 6. ( Atlas, pi. i3, fig. 2.) L'H. fuseau : H.fusus, Linn., Gmel., page 5i4i , n.° i5; d'après Muller, Zool. Dan., 1 , page 37 , tab. 10 , fîg. 5 et 6. L'H. impatiente : H. impatiens, Linn., Gmel., page 5i42, a3 194 II." 2 1 : d'après Forskal , Faun. arah., page 121 ; îcon. , pi. 09 , fig. H; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 86, fig. 11 ; Fistularia im- patiens, de Lamk. , ibid. , page 76, n.° 3, L'Holothurie digitée : H, digitata, Montagu, Linn, Trans,, 11, p. 22, tab. 4 , fig. 6; Mulleria digitata, Flemm. , Brit. anim. , p. 484. L'H. tachetée; H. macidata, Lesueur, ihid., n.° 3. L'H. eriarée; h. hriareus , id. , ibid., n," 6. L'H. LAPiDiFÈRE; H. lapidifera, id., ibid., n.° 5. Observ. Nous avons observé une espèce de cette division sur nos côtes de la Manche, VH, fusus. La troisième espèce, ayant vingt appendices buccaux , n'ap- partient peut-être pas à cette division. D. Espèces très- molles y peu ou point coriaces, très-longues et vermiform.es, cylindriques ou subpentagonales , pourvues de pa- pilles cirrhiformes , très-petites , éparses , et d'appendices buccaux d'ordinaire régulièrement pinnés. L'Holothurie a bandes: H, vittataj Linn., Gmel., p. 3i42 , n." 19; d'après Forskal, Faun. arab. , p. 120; Icon., tab. Sy ; cop. dans FEncycl. méthod., pi. 87, fig. 8 et 9. (Atlas, pi. i3, fig. 5.) L'H. glutineuse; H. reciprocans , Forskal, ibid., pag. 121 ; Icon., tab. 33, fig. A; cop. dans l'Enc. méth., pi. 87, fig. 7; H. glulitiosa, de Lamk., ibid., p. 74, n.° 7. L'H. maculée; h, maculata, de Chamisso etEysenh., ibid., tab. 25. L'H. HYDRiFORME; H. lijdriformis , Lesueur, ibidc, n.° 7. L'H. VERTE; H. viridis , ibid., n." 8. Observ. Nous n'avons pas encore eu l'avantage d'observer une des cinq espèces de cette division, et nous ne les connoissons que d'après les figures et les descriptions données par les au- teurs cités. La grande longueur et la proportion vermiforme du corps, et peut-être aussi la disposition régulièrement pectinée des appendices buccaux, pourroient autoriser à en former un genre distinct, auquel on pourroit conserver le nom de Fistularia, imaginé par Forskal et adopté par M. de Lamarck, 195 pour une coupe générique toute diiTéreute et qui est notre division B. E. Espèces assez coriaces, lisses, en général courtes au médiocre- ment alungées, régulièrement pentagonales ^ avec les suçoirs ien- taculifurmes , sur dix rangs ^ deux à chaque angle en forme d'am- bulacres, (Les Concombres de mer. Cucumaria.) L'Hor.oTHi. RIE PENTACTE: H. peniac/es , Linn., Ginel., p. 3i 3g, n.°8; d'après Muller, Zool, Dan,, tab.5i, fig. 8 ; cop. dans rEncycl. méthod., pi. 86, fig. 5. L'H. INHÉRENTE: H. inliœrens , Linn., GmeL,p. 01415 n.° 14; d'après Muller, Zool. Dan. , tab. 5 i , fig. 7 ; cop. dans l'EncycL méthod., pL 87, fig. 1 à 5. L'H. pellucide; h. pellucida , Muller, Zool. Dan., tab. i55, fig. 1. L'H. lisse: h. lœvis , Linn., Gmel., pag. 3i4i , n.° i5; Ofhon Fabricius, Faun. Groenl. , pag. 353, n.° 346. L'H. petite: h. minuta, Linn., Gmel., pag. 3i47, n.** 16; d'après Oth. Fabr. , id. , ibid., p. 354 , n-° 54^. L'H. TENTACULÉE; II. tentacuUita, Forst. , de Blainv. , Mo- nographie du Dictionn. des se. nat. , tome 21, pag. 538. L'H. de Gartner: H. Gœrtneri, de Blainv., id., ibid. ; Hy- dra corallifera, Gaertner, Act. angl. , 1761, pag. 75, tab. 1 , fig. 5, A, B; H. p enta Cl es , Pennant, Brit. zool., 4,pag. 5i, tab. 26. L'H. de Montagu: h. Montagui, Flemm., Brit. anim. ; H. pen! actes, var. , Montagu, Linn., Trans., 9, pag. 112, tab. 7, fig. /,. L'H. de Neil; h. Neillii, Flemm., Brit. anim., page 483, n." 1 2. L'H. dissemblable; H. dissimilis, id., ibid. n.° 1 3. L'H. concombre: h. cucumis, Risso , Hisl. de la France mérid., t. 5 , p. 291, n.**66; Bianchi (Jan. Plane), p. 99, tab. 6, fig. d, c; de Blainv., Faune fr. , pL 1, fig. 2. (Atlas, pi. i5, fig. 4.) L'H. fasciée; h. fasciata, Lesuenr, ibid., n.° 4. Observ. Nous avons souvent trouvé une de ces espèces vivant fixée sur les grosses huîtres de la Manche, et nous 196 en avons rencontré plusieurs fois une autre plus grande dans la Méditerranée. C'est une division assez tranchée et dans laquelle la dispo- sition des suçoirs tentaculaîres rappelle les ambulacres des oursins. Le nombre des espèces qui la constituent seroit assez con- sidérable, si toutes celles que nous y rangeons étoient certaine- ment distinctes ; mais c'est ce dont il est permis de douter. Les caractères portent essentiellement sur la forme des tentacules buccaux, qui nous paroissent offrir de nombreuses variations. Quant à VH. penicillus de Mulier, Zool. Dan. , 2 , page 09 , n." 11, tab. 10, î)g. 4; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 86, fig. 4; Linn. , Gmel. , p. 5 1 4 1 , n." 1 2 , dont M. Oken a fait son genre Psolus , il nous a semblé évident que c'est l'appareil buccal d'une espèce d'Holothurie que nous ne connoissons pas positi- vement , mais que nous croyons volontiers être VH. pent actes. VHolothuria Priapus , Linn., Gmel., est le type du genre Priapule de M. de Lamarck. Il a été rangé avec les siponcles dans la classe des vers. Dans cette énumération des espèces assez nombreuses d'ho- lothuries, il est aisé de voir que la fort grande partie pro- vient des mers d'Europe. Celles des mers étrangères ont été jusqu'ici fort peu étudiées. 11 en existe cependant beaucoup dans l'hémisphère austral, comme nous avons pu en juger d'après les figures que nous avons vues dans les porte-feuilles de M. Lesson , de l'expédition du capitaine Duperrcy, et dans ' ceux de MM. Quoy et Gaimard de la dernière expédition de M. d'Urville. Nous nous bornerons à citer les noms des espèces d'hoîothu- ries que M. Risso a établies dans son Hisloîre naturelle de la France méridionale, parce qu'il nous est impossible de croire qu'elles sont toutes distinctes de celles que Ton y connoissoit déjà, avec lesquelles au reste l'auteur n'établit aucune com- paraison , et surtout parce que ses phrases caractéristiques, ne portant que sur la forme du corps, sur la couleur si variable et jamais sur la disposition des cirrhes tentaculaircs, ne per- mettent pas d'établir soi-même cette comparaison. L'H. TRÈs-i.issE; H. g/a/;ernma, Risso, Hi.st. na t. de la France mérid. , tome 5 , page 289 , n.*' 60. _l T97 L'Hor.OTHURiE ovale; h. ovata, Risso , Hist. nat. de la France mérid., tome 5, p. 289, n.° 61. L'H. MAMELONNÉE; H. mamillatcL , ici, , ilid. j n." 62. L'H. LITTORALE : H. UUoralis , ià., /i. , n." 63 ; a/i H. tuhulosa ? L'H. étoilée; h. stellata, id, , ibid. ^ n." 64. L'H. PONCTUÉE; H. punctata , id., ibid., n,** 65. Ordre IL ÉCHINIDES, Echinidea, Corps ovale ou circulaire, régulier, soutenu par un têt so- lide, calcaire, composé de plaques polygones, disposées ra- diairement sur vingt rangs égaux, ou alternativement et régulièrement inégaux, portant sur des mamelons propor- tionnels des épines roides, cassantes, de forme extrêmement variable, et percé par des séries de pores, formant par leur assemblage des espèces d'ambulacres, s"irradiant plus ou moins régulièrement du sommet à la base, et donnant issue à des cirrhes tentaculiformes. Bouche armée ou non armée, percée dans une échancrure du têt constamment inférieure. Anus toujours distinct, mais offrant beaucoup de variations dans sa position. Orijices de l'appareil de la génération au nombre de quatre ou de cinq autour du sommet dorsal, Observ. Les Échinides, plus connus sous le nom générique d'Oursins, sous lequel Linné les a réunis en un seul genre, sont des animaux réellement assez singuliei-s , que l'on se borne à les envisager à l'extérieur, ou bien que l'on pénètre dans leur organisation. Leur forme , parfaitement régulière et radiaire , quoique jamais divisée en rayons, dans un certain nombre d'espèces, comme dans les Oursins proprement dits, se rapproche da- vantage de celle des animaux pairs ou binaires dans les es- pèces que nous plaçons à cause de cela à la tête de l'ordre, comme dans les Spatangues, dont le diamètre antéro-posté- rieur est évidemment plus long que le transverse, et qui en outre ont les ouvertures du canal intestinal assez rapprochées des extrémités. C'est sur cette considération que nous ayons distribué les espèces et les genres de cette famille. 198 Un grand nombre d'auteurs ont dirigé leurs observations sur cette famille d'animaux, et l'ont considérée sous les diffé- rens rapports d'organisation , d'histoire naturelle et de classi- fication; mais nous sommes obligés de l'avouer, aucun de ces points n'est véritablement arrivé au degré de perfection dont il étoit susceptible. Ainsi , malgré les travaux de Réaumur, de Klein, de Leske , de MM. Cuvier, de Lamarck , de Blainville, Gray et Délie Chiaje , qui s'en sont le plus spécialement occupés, l'analo- mie des Echinides est bien loin d'être complète j on connoît fort peu leurs mœurs et leurs habitudes, et enfin leur clas- sification même est encore assez imparfaite. Le nombre des espèces vivantes est cependant déjà assez considérable, et celui des espèces fossiles est aussi assez grand , pour qu'on ait déjà fortement senti le besoin d'une classifica- tion à la fois facile et naturelle. On trouve des Echinides dans toutes les mers; mais surtout dans celles des pays chauds. Ils vivent sur les rivages, dans les régions rocailleuses ou sablonneuses, souvent libres, mais quelquefois enfoncés dans le sable. Tous sont libres, et peuvent changer de plapc . quoiqu'asscz difficilement, au moyen de leurs cirrhes tentaculiformes et un peu de leurs piquans. Leur nourriture paroît être animale et moléculaire pour les espèces édentées. Quant aux autres, qui ont la bouche plus ou moins armée, il semble que plusieurs se nourrissent aussi de fucus, comme le dit Cavolini des Oursins proprement dits. Les Echinides étant très -probablement tous hermaphrodi*- tes, il faut en conclure qu'il n'y a pas de rapprochement ou d'accouplement entre les individus. C'est au printemps que dans nos mers les Echinides se pré- sentent avec leurs ovaires gonflés , d'où il faut conclure que c'est au commencement de l'été qu'ils les déposent , sans doute en masse, dans des anfractuosités de rochers ou au milieu des fucus. Nous ignorons du reste comment ces œufs se développent, la durée de ce développement, ainsi que celle de J4 vie des Echinides. I 199 Ces animaux n'offrent d'utilité à l'espèce humaine que lors- que leurs ovaires sont parvenus à tout leur développement. On les recherche alors, mais seulement , à ce qu'il paroît, cer- taines espèces de véritables Oursins, dont une même a reçu le nom d'oursin comestible à cause de cela, et on les mange comme des œufs à la mouillette. Les échinides fossiles sont extrêmement nombreux, ce qui tient sans doute à ce que souvent ils se trouvent naturelle- ment enfoncés et conservés dans le sable, ainsi qu'à la nature même de leur têt, qui est déjà presque spathique, quand il fait encore partie de l'animal vivant. Aussi n'y a-t-il rien de plus aisé à reconnoître dans la composition des roches que des parties d'Échinides, quelque déformées qu'elles soient, par leur cassure lamelleuse. Cette seule observation auroit suffi pour montrer que les Encrinites, les Entroques, etc., appar- tiennent réellement aux Ëchinides, et non pas aux Zoophy- laires voisins des Pcnnatules, comme quelques zoologistes l'ont admis. La distribution systématique des Echinides a été tentée par un assez grand nombre de zoologistes, et entre autres par Klein , Breyn , Van Phelsum, Leske, MM. de Lamarck, Gray, Desmarest et Goldfuss, principalement en ayant égard à la position relative de la bouche et de l'anus, et surtout de celui-ci et des ambulacres , ce qui a conduit à des rappro-» chemens assez peu naturels. Le système que nous avons cru devoir établir, porte : i.°Surla forme générale du corps de l'animal, qui, d'abord subrayonné, devient peu à peu complètement radiaire dans toutes les parties qui le constituent; 2.° Sur la position de la bouche, qui, presque terminale et transverse, ou bilabiée, dans les premières espèces, devient complètement centrale et circulaire dans les dernières ; 0." Sur l'armature de cette bouche, qui, complètement nulle dans une grande moitié des Échinides, est au contraire très-puissante dans l'autre moitié; 4.** Enfin , sur la position de l'anus, sur le nombre des ovaires et de leurs orifices, sur la nature des piquans et des tubercules qui les portent, ainsi que sur la disposition des ambulacres. 200 Voici la table synoptique des genres que nous avons cru de- voir établir ou adopter : ' subttrmiuale \ ^mangiit. \ Ananchilts. ( Nucleolites. 1 Echinocljpeus. sans dents ) Echinolàmyas. J Lnssidula. I Fibularia. »""^^^ <^ subcentrale......../ \ Echinoneus. iEchinocyamut. Laganus. Clypeasier. Echinodiscui. Scuiella. .centrale; anus infra-latéral | Gcderit-es. ( Echinometra ce«tral < Echinas. [ Cidaris. Fam. I." Les E. excentrostomes. Bouche subterminale, ou plus ou moins à l'extrémité anté- rieure du corps, sans aucune dent, et ouverte dans. une échancrure bilabiée du ii:t. Spatangue , Spatangus. Corps ovale, plus ou moins alongé, cordiforme, plus large en avant qu'en arrière, avec un sillon plus ou moins profond à l'extrémité antérieure. Tét mince, peu solide, composé de grandes plaques poly- gones peu nombreuses. Épines courtes, aplaties, couchées et éparses. Ambulacres incomplets , au nombre de quatre seulement. Échancrure buccale plus ou moins antérieure, transverse , bilabiée, circonscrivant une bouche sans dents. Anus terminal et plutôt au-dessus qu'au-dessous du bord. Pores génitaux au nombre de quatre en deux paires. Obseri'. Nous avons observé plusieurs espèces de ce genre, qui offre cela de particulier, que le corps n'a pas encore une forme bien radiaire ; la bouche et l'anus étant aux deux ex- trémités du grand diamètre du corps. Ces animaux vivent, à ce qu'il paroît, presque constam- ment enfoncés dans le sable, du moins n'en avons-nous jamais 201 rencontré de vivans qui en fussent sortis, comme cela a pres- que constamment lieu pour les oursins. II faut aussi qu'ils ne se nourrissent que de la matière ani- male qui s'y trouve mêlée, car leur canal intestinal, qui est d'une ténuité arachnoidienne , nous a toujours paru rempli de sable fin. Nous ignorons du reste leurs mœurs et leurs habitudes. On en connoît déjà un assez grand nombre d'espèces, ré- pandues dans toutes les mers et même dans les nôtres, sur- tout dans la Méditerranée. M. Defrance en annonce vingt et une espèces fossiles ; en les admettant comme distinctes, ce qui est peu probable, ainsi que les huit que M. Risso indique comme existantes dans la craie chloritée et dans le calcaire marneux des environs de Nice, on en connoitroit déjà vingt-neuf à cet état. M. Goldfuss en porte le nombre total à trente. Elles appartiennent essentiellement aux parties inférieures de la formation crayeuse , mais on en trouve aussi dans les terrains plus anciens et dans des formations plus modernes. Leur distinction n'a encore porté que sur la forme de la coque calcaire, souvent même sans les piquans. Quoiqu'on soit obligé de convenir que les espèces jusqu'ici déterminées se nuancent assez bien depuis les plus binaires jusqu'à celles qui deviennent plus circulaires, on peut cepen- dant, pour en faciliter la distinction, les partager en plu- sieurs sections assez naturelles , en considérant surtout la forme des ambulacres et la position de la bouche. '^ Vivantes. A. Espèces dont les amhulacres ne sont pas pétaloïdes et ne foT' ment presque que deux lignes , un peu brisées ou coudées à leur côté interne , et qui ont un sillon antérieur assez profond; bouche assez peu en avant. Le Sfatangue arcuaire, S. arcuarius. De la Manche. Klein, Leske, tab. 38 , fig. 5 ; d'après Muller. De la mer Adriatique ; de la Méditerranée, Des côtes de Guinée. Séba , 3 , tab. lo , fig. 2 et 3. Le S. PETii: S» pusilluSf Leske, Klein, p. 2 3o, tab. 58, 202 fig. 5; d'après MuUerj Spat. cordatus, Flemming, Brit. anini., pag. 489. Nous avons admis ces deux espèces d'après des individus de la Manche et de la Médiferi anée . que nous possédons : elles sont bien distinctes. M. Gray place aussi dans cette section le 5. atropos , qui en diffère très-sensiblement et dont nous ferons une section particulière. B. Espèces c or d if or m es j avec cinq sillons dorsaux, profonds et étroits , où sont cachés les ambulacres. Le S. tète-de-mort: S. atropos, de Lamk. , Knorr, Délie, , iab, 5o3, fig. 3; Encycl. mélhod., pi. i53, fig. 9 et 10. C. Espèces dont les amhulacres sont bien pétaloïdes , partant d'un centre, et qui ont un sillon antéro-dorsal plus ou moins profond , occupant la place du cinquième ambulacre , la paire posté' rieure plus courte que l'antérieure. ''' Ambulacres peu enfoncés. (G. Spatangus, Klein et Graj.) Le Spatangle cœur^de-mer: S. purpureus , Linn., Gmel., p. 3197, n," 90 ; d'après MuUer, ZooU Dan. , tab. 6 ; copié par Lcske, Klein , p. 235, tab. 43, fig. 3 — 6; vulgairement le Pas- DE-pouLAiN, Ef lacunosus, Penn., Brit. zooL, 4, p. 69, tab. 35, £g. 76. (Atlas, pi. 14 j fig. 1, 2 et 5.) Le S. méridional : S, meridionalis , Risso, Fr. mérid., 5, p, 580 , n." 02 ; Ginnani, Adr., p, 41 , t. 29 , fig. 174, Le S. ovale : 5. ovatus, Leske, Klein, p. 252 , tab. 49, fig. 12 et i5; Flemm. , JVern, mem*, vol. 5, tab. 6, fig. inf., et Brit. anim., p. 480. ^^ Ambulacres très-enfoncès. (G. Ovum, Van Phelsum^, Graj.) Le S, A gouttière : S. canaliferus, de Lamk., Anim. sans vert. , 3 , p. 3 1 , n.° 1 1 ; Sciila , tab. 25 , fig. 2. La première espèce se trouve dans nos trois mers, La seconde est aussi de la Méditerranée; Je l'ai reçue de Palerme. JVI, de Lamarck la donne comme de l'océan Indien, p. Espèces dont le sillon antérieur est beaucoup moins profond ou presque nul, et dont les ambulacres , plus ou moins pétaloïdes , au nombre de quatre 3 occupent la plus grande partie d'une sorte 203 de plaque dorsale, circonscrite par une ligne sinueuse sans tu- hercules nipiquans. (G. Brissus , Klein , Gray.) Le S. PLASTRON : S. pectoralis , de Lamk. , Anim. sans vert., 3 , p, 29 , n.° 1 ; Séba , Mus. , 3 , lab. 1 4 ? fig- 5 et 6; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 169 , iîg. 2 et 3, Le S. CARÉNÉ : S. carinatus, id,, ihid. , p. 5o, n.** 5; lOein , Leske , tab. 48, fîg. 4 et 5. Le S. coLOMBAiRE : S. columlaris , id. , ihid,, n.** 6; Sëba, Mus., 3 , t. 10 , fig. 19; cop, dans TEnc. méth., pL 1 58, fîg. 9 et 10. Le S. UNicoLORE : S» unicolor , Leske, Klein, p. 248, tab. 26, fîg. B, C; S, ovatus , de Lamk. , ibid., n*° 4. Le S. VENTRU: 5. ventricosus y heske , Klein, tab. 26, fig.vi; S. maculosus , de Lamk., id., ihid,, p. 39, n.° 2. E. Espèces cordiformes, assez fortement élargies et échanerées en aidant, avec cinq amhulacres distincts et tronqués. Le Spatangue bossu: S.gibbus, de Lamk,, ibid,, p. 33, n," 18; Enc. méth., pi. i5G, fig. 4, 5, 6. F. Espèces dont le sillon antérieur est encore assez distinct; les ambulapres , au nombre de quatre y bien marginaux et quelque- fois complets ou jusqu'à la bouche; les pores génitaux au nom-' hre de cinq. * Amhulacres n'atteignant que la circonférence. Le S. sup.GLOBULEux : 5. subglohosus , Leske, Klein, p. 240, tab. 54 , fig. 2 et 3 ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 167, fig. 7 et 8» Le S. BicoRDÉ : S. hicordatus, Linn., Gmcl., p. 3199, n.*'98; Klein , Leske , tab. 47 , fig. 8; Ananckites bicordata, de Lamk.j^ ibid,, p. 26 , n.° 5. Le S. CARÉNÉ : S. carinatus, Linn., Gmel. , p. 3199, ^•"' 99» Klein, Leske, p. 246 , tab. 5 1 , fîg. 5 et 4; Ananchites carinata^ de Lamk., ibid., p. 26, n.° 6. ** Les amhulacres atteignant le bord. Le S. EN CŒUR : S. cordatus ; An. cordata, de Lamk,, ihid. , p. 26, n.^ 8; Klein, Leske, tab. 53, fig. 1 et 2. Le S. ananchites; Ananchites spatangus, de Lamk., ibid., p. 26, n.° 9. 204 'Ui: Fossiles. Le Spatangue ponctué: 5. pundatus, de Lamk., Anini. san» vert., 6, p. 32, n.** 1/4: Leske , Kleîii , fab. 23, fig. C. Le S. cœur-d'angcille : s. cor anguinus, Leske, Klein, p. 221 , tab. 23, fig. A, B, C, D; cop. dans TEnc. méth., pi. i55, fig. 4 — 8; Parkins. , Organ.rem.^ 3 , pi. 3, fig. 11; Brongn., Géolog. par., pi. 4, fig. 11. (Craie, Fr. , Anglet., Saxe.) Le S. ÉcnAsÉ: S. complanatus , Linn., Gmel., p. 3 188, n.^gS ; Breyn, Echin. , tab. 5, fig. 3 et 4; S. retusus , de Lamk., loc, cit., n." 16. (France.) LeS. sDBGLOBDLEUx : S. suhglolulosus , Leske , Klein , p. 240* tab. 64 , fig. 2 et 3 ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 1 37, fig. 7 et S, (Craie de la haute Normandie.) Le S. BOSSU : S. gibhosus , de Lamk., loc. cit., n.** 18 ; Enc. méth., pi. i56, fig. 4 — 6. Le S. PRUNELLE : S. prunella, id. , ibid. , n.* 19; Enc. méth., pi. i58 , fig. 3 et 4 , et Faujas, Hist. nat. de Maëstricht, pi. 3o, fig. 2. (Craie.) Le S. DE Maëstricht : S. radiatus, id. , ihid. , n.** 20; Leske, Klein, p. 284, tab. 26; cop. dans FEnc. méth. , pi. 1S6, fig. 9 et 10. LeS.suBORBicuLAiRE:S.5«&orZ?/cw/ûm,Defr.,Dict. dessc.nat. , t. L, p. 95 ; Brongn., Géolog. par. , pi. 5 , fig. 5. (Craie , France.) Le S. CRAPAUD ; S. bufo , BrongH., ibid. , fig. 4. LeS. ofiiié: S. ornatus, Defr. , ibid.; Brongn. , ièii., 5. (Craie, France.) Le S. LISSE : S. Iccvis, Deluc; Brongn. , ibid., pi. 9, fig. 12. Le S. DE Parkinson : S. Parkinsoniiy Defr., ibid., pag. 96; Parkins., Organ. rem., t. 3, pi. 3, fig. 12. Le S. DU Dauphiné-jS. Delphinus , Defr., ibid. Le S. très-épais; S. crassissimus , Defr., ibid, (Craie chlori- tée, France.) Le S. OCELLÉ : S. ocellatus , Defr., ibid.; Parkins., loc, cit., pL 5 , fig. 9. Le S. DE LA Suisse : 5. hehetianus j Defr., ibid,, pag. 97; Bourguet, Pétrif., pL 5i , fig. 33o. Le S. rostre : S. rostratus, Flemming, Brit. anim,, p. 481 j Mant, geoL, p. 192, tab. 17, fig. lo— 17. (Craie, en Anglet.) 205 Le Sî-AiANGLiE VLANE : >S. pianus , Flemiïiing , Biit. anim»f p. 481 ; Man^ geo/. 5 tab. 17, fig. 9 — 21. Ananchite, Anancliites, Corps ovale d'avant en arrière, arrondi et un peu plus large, mais sans sillon antérieurement, subcaréné postérieure- ment, conique, élevé à son sommet, qui est médian, tout- à-fait plat en dessous, couvert de tubercules très-petits, épars et fort peu nombreux. Amhulacres au nombre de cinq, assez larges, divergens, et com- pris entre des doubles lignes de pores peu serrés et dépas- sant à peine les bords. Bouche et anus subterminaux et inférieurs. ^' Ambulacres prolongés jusqu'aux bords. (G. Ananchites, de Lamk. ) Espèùes, L'ÀNANCttiTE ovale: a. ovatus, Leske, Klein, p. 178, tab, 5 3 , fig. 3 ; cop . dans l'Enc. méth . , pi. 1 64 , fig. 1 3 ; Ananchi' tes ovatus, de Lamk., Anim. sans vert., p. 26, n.° 1. Atlas, pi. i5, fig. 1, 1 a. (Craie, en France.) L'A. STRIÉ : A. striata; Echinocorjtes striatus , Leske, Klein, p. 176, tab. 42 , fig. 4 ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 1 64 , fig. 11 et 12; Ananchites ovatus, de Lamk., ihid. , n." 2. ^^' Ambulacres prolongés jusqu'à la bouche. (G. Echinocorys.) L'A. PUSTULEUX : A. pustulosus ; Ecliinocorytes pustulosus , Leske, Klein, p. 180, tab. 16, fig. A, B; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 164, fig. 16 et 1 7 j Anancliites pustulosus , de Lamk. , ibid. , p. 25 , n.° 4. L'A. DEMI-GLOBE : A, minor ; Eckinocorytes minor , Leske, Klein, p. i85, t. 16, fig. C, D; cop. dans l'Enc. méth., pi. i55 , fig. 2 et 5 ; Echinus minor, Linn., Gmel., p. 3i86, n.* 69; Ananchites semi'glohus , de Lamk., ibid., p. 27, n.** 10. L'A. BOMBÉ : A. gibbus, de Lamk., ibid,, p. 26, n.° 3; Ec/ii- nocorytes scutatus, Leske, Klein , p. 176 , tab. iS , ûg. A, B? L'A. A QUATRE RAYONS ; A, quadrirudiatus , Leske, Klein, pi. 54, fig. 1. Observ. Il est à remarquer que toutes les espèces d'échi- nides qui constituent cette division , ne sont encore con- 206 hues qu'à l'état fossile. M. Defrance en porte le nombre à douze, ce qui feroit en tout quinze, en supposant que les trois espèces auxquelles M. Risso donne les noms d'A. carina- tuSj rotundatus et Stella sont distinctes. L.es A. ovale et pustuleux ont leur têt composé de plaques polygones, formant vingt séries. VAnanchites élliplicus de M. de Lamarck n'appartient très- probablement pas à cette division. Son A. cor avium appartient à la même division que le S, violet, dont il est fort voisin. Cette division générique avoit été établie par Klein, sous la dénomination de Casque, Galea , Galeola, que Leske a transformée en celle d'Échinocorys, adoptée par M. Gray. On ignore ce que sont les A. carinatus et tuherculatus , décrits par M. IXefrance, Dictionn. des se. nat. , tom. 2, Suppl. , p. 11. Le dernier pourroit bien n'être que VA. pustulosus de M. de Lamarck. M» Goldfuss en décrit trois espèces nouvelles. fam. IL Les E. paracentrostomes édentÉs. Bouche subcentrale, plus antérieure que n;iédiane, non armée et percée dans une échancrure du têt, régulière, arrondie. NucLÉOLiTE, Nucleolltes. Corps oVaie ou cordiforme, plus large et avec un large sil- lon en arrière, assez convexe, avec le sommet subcentral et médiocrement élevé en dessus , un peu concave en des- sous, couvert de tubercules petits, égaux et épars. Amhulacres au nombre de cinq, subpétaloïdes , ouverts à l'extrémité, dorsaux et marginaux, se continuant par au- tant de sillons jusqu'à la bouche. Bouche inférieure et subcentrale, antérieure. Anus supérieur et subcentral dans le sillon. Pores génitaux au nombre de quatre. Espèces. Le N. écusson : N. depressa; Spatangus depressus , Leske, Klein, p. 208, tab. 5i, fig. 1 et 2 : cop. dans TEnc. méth., pi. 157, fig. 5 et 6; N. scuiata, de Lamk., Anim. sans vert,, 3, pag. 5C, n.** 1 ; Clypeus lohaius, Flemmin g , Brit, anim, p. 479; List., An.angl.,p. 223, t. j, fig. 26. (Atlas, pi. î6,fig. 1.) 207 Le N. cor.oMBAiiiE; JV. columharia, de Lamk» , Anim. sans vert., p. 36, n." -j. Le N. OVULE; N, ovulum , id. , ihid. , n.* 3. Le N. AMANDE; N. amjgdala , id,, ihid,, n.* 4. Le N» CHATAIGNE; N, castanea , Brongn», Géol. par. , pL 9, %. 14, A, B, a Le N. HÉTÉROCLITE; N. lieterocHta ^ Defr.,Dict. des se. nat., tom. 35, p. 214. Le N. DE Lamarck; iV. Lamarchii , id» , ibid. Le N. LISSE; N. lœvis, id., ihid. Le N. DE BoMARE; N. Bomarii, id., ihid. Le N. DE Grignon; iV. Grignonensis , id. , ihid. Le N. CLUNicuLAiRE : A^ clunjcularis , Flemm., British Ann.; Smiths, Fos5., fig. 6. (Oolithe, en Angleterre.) Ohserv. Ce genre, établi par Breyer sous le nom d'Echino- hrissus, que lui a conservé M. Gray, ainsi que M. Goldfuss, en y réunissant les cassidules , ne contient encore que des espèces fossiles, aussi sommes-nous loin d'admettre qu'elles soient bien distinctes. Elles viennent souvent de la craie, mais aussi des couches qui lui sont antérieures et postérieures. J'ai cependant pu le caractériser assez complètement d'après des individus bien conservés de ma collection d'une espèce fort voisine, ce me semble, de celle de Klein, qui fait le type du genre. J'ai pu alors m'assurer que les ambulacres ne sont réellement pas complets , mais qu'à prendre du bord , ils se continuent en dessous par un double sillon peu marqué jusqu'à la bouche : c'est une disposition véritablement particulière. EcHiNOCLYFE, Echinoclypcus, Corps déprimé ou conique, circulaire ou ovalaire, avec un sillon en arrière, convexe et à sommet subcentral en dessus, assez excavé en dessous, formé de plaques distinctes et couvert de très-petits tubercules égaux. Amhulacres au nombre de cinq, dorso - marginaux , subpéta- taloïdes; les doubles rangées de pores réunies par un sillon transverse. Bouche subcentrale, un peu plus antérieure, pentagonale. avec cinq sillons convergens . ambulacriformes. 208 Anus tout-à-fait supérieur en arrière du sommet et à l'origine du sillon postérieur. Pores génitaux au nombre de quatre. Espèces. L'É. patelle: E.paLella; Galerites patella, de Lamk., Anim.sans vert., 3, pag. 23, n.° 14; Enc. méth., pi. 143, fig* 1 et 2. (Atlas, pi. i5, tig. 3, 3 a, 3 b.) L'É. OMBRELLE ••£. umbrella, de Lamk., ibid, , n.** i5; Cljypeus sinuatus, Leske, Klein, p. 167, tab. 12 ; Enc. méth., pi. 142 , fig. 7 et 8 ; Clj'peus sinuatus , Flemm., British anim., p. 479; List., AngL, p. 224, tab. 7; Parkins. , Organ, rem. , 2 > tab. 2 , fig. 1. (Oolilhe, France et Angleterre.) L'E. hémisphérique; E. hemisphœricus , Leske, Klein, tab* 43, fig. 1. L'E. QiiNQUELABiÉ : E, quinquclaliatus , Leske, Klein, tab, 4 1 , fig. 2 et 3 ; d'après Walch , Délie, nat, , p. 8 1 , tab. E , 3 , fig. 4; L'E. conoïde; £. conoideus, Leske, Klein, tab. 43, fig. 2. L'E. DE Sowerby; E.Sowerbj, Defr., Dict. des sciences nat., tom. XXXV, p. 2i3. Obseri'. Cette section générique , établie par Klein sous le nom de Cljpeus , a été confondue par M. de Lamarck avec ses galériles, qui appartiennent à une tout autre division des échinides: ce seroitbien plutôt aA^ecles nucléolites qu'elle pourroit ctre confondue, et même il seroit peut-être mieux de le faire, à limitation de M. Defrance. Toutes les espèces qui la constituent ne sont encore con- nues qu'à l'état fossile, comme les galerites, avec cette dififé- rence que dans celles-là c'est le têt qui a été conservé, au con- traire de ce qui a lieu dans ces dernières- Nous avons pu caractériser ce genre assez complètement d'après des individus bien conservés des deux premières es- pèces, qui proviennent des environs de Boulogne-sur-mer, ce qu'ignorait M. de Lamarck. C'est d'après cela que nous avons pu nous assurer qu'au lieu d appartenir au genre Galé- rite , ce sont plutôt des espèces de nucléolites. Nous ne serions pas étonnés quand la cassidule scutelle de M. de Lamarck appartiendroit aussi à cette division. 209 ÉcHiNor.AMPE, Echinolampas. Corps ovale ou circulaire, déprimé, subconvexe en dessus, un peu concave en dessous, arrondi et élargi en avant, un peu rétréci vers l'extrémité anale, composé de grandes plaques polygones et couvert d'épines, probablement fort petites, égales et éparses. Amhulacres au nombre de cinq, subpétaliformes, non clos à leur extrémité et s'approchant beaucoup du bord. Bouche ronde, subcentrale et cependant un peu antérieure. Anus tout-à-fait marginal, terminal. Pores génitaux au nombre de quatre seulement. Espèces. L'ÉcHiNOLAMPE ORIENTAL : E. orientuUs , Gray, Séba, 3, tab. io,fig. 23 et 24; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 144, fîg. 1 et 2. (Atlas, pi. 16, fig. 2.) LE. r.AMPE ; £. tampas, de Labèche, Trans. geol. 50c., 1, tab. 5, fig. 3, 4 et 5. LÉ. excentrique: E. excentricus; Cljpeaster excentrïcus , de Lamk., ihid., p. i 5 , n.** 6. L'E. oviforme:E. owiformis, Linn., Gmel.,p. 5187, n,''G2; Echinaathus os^atus , Leske, Klein, p. 192, tab. 20, fig. C,D. Ohserv. Cette division , proposée par Leske sous le nom dEchinanthus, et adoptée sous celui d'Eclunolampas par M. Gray, est principalement établie sur l'échinide vivant, re- présenté par Séba, loc. cit, , et que nous n'avons encore ren- contré dans aucune collection. Quoiqu'au premier abord les espèces de ce genre aient une certaine ressemblance avec les spatangues, au point que M. de Lamarck les place en effet parmi eux, il est cependant aisé de les en distinguer par la forme générale; puisque dans ceux-ci c'est l'extrémité postérieure ou anale qui est la plus large, au contraire de ce qui a lieu dans les échinolampes, mais avec les ananchites, et surtout avec les échinoclypes, la distinction est moins aisée, si ce n'est par la forme des am- hulacres pour les premiers, et par l'absence du sillon anal pour les derniers. 210 Cassidule, Cassidulus. Corps ovale, plus ou moins déprimé, composé de plaques peu distinctes et couvert d'épines petites, égales, portées sur des tubercules. Ambulacres au nombre de cinq, bornés, dorsaux, rarement marginaux. Bouche inférieure, submédiane, dans une échancrure stelli- forme. Anus postéro- dorsal ou au-dessus du bord. Pores génitaux au nombre de quatre. A. Espèces dont les amlulacres , lien complets , forment une étoile dorsale et dont la bouche est au fond d'une dépression stelli- forme. Le Cassidule PIERRE- DE -CRABE : C lùpis cdncri , Linn. 5 Gmel., page 0281, n.° 106; Echinites lapis cancri , Leske , Klein , page 266 , tab. 49 , lig. 1 o et 1 1 ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 143, fig. 6 et 7, et Echinites pjriformis , Leske, Klein, page 255 , tab. 5i ,'fig. 5 et 6 ; C. belgicus , de Lamk. , Anim. sans vert., i.'^ édit., t. III, p. 5^9, etDefr. , Dictionn. des se. nat. , tome 7, page 287; Fauj., Mont de Saint-Pierre, pi. 3o, fig. 1. (Fossile, craie de Maëstricht. ) 3, Espèces dont les ambulacres sont prolongés jusqu'au bord et non clos. Le Cassidule austral : C australis, de Lamk. , ibid. , p. 55 , n.°2; Enc. méth., pi. 145, fig. 8,9 et 10; C. caraibœorum , de Lamk., Anim. sans vert., 1.'^ édit. C. Espèces dont les ambulacres non clos sont seulement dorsaux, : Le Cassidule douteux; C. dubius , Bruguière , Enc. méth., pi. 146, fig. 3, 4, 5. D. Espèces dont les ambulacres ne me sont pas connus. Le Cassidule scuielle: C scutella, de Lamk., ibid. ^ p. 35, n.** 1 ; C. veronensis , Defr. , Dictionn. des se. nat., tome 7, page 22G ; Knorr, voL 2 , tab. £, fig. 5. 211 LeCAssinuLE aplati : C. complanafus, de Lamk., Anim. sans vert., p. 35, n.^ 2; C. unguis,Deh,, ibid.,^ii.. 227. (Fossile, cale, gross. de Grignon. ) Le C. LENTICULE; C. lenticulcitus , Defr. , lue. cit., pn^r ^27 (Fossile de Paris, Fr.) o - /• Obser^. Ce genre, éJabli par M. de Lamarck, est évidem- ment artificiel ; car la position de l'anus ne peut fournir qu'un caractère peu important. ï^ ne comprend encore qu'une seule espèce vivante, que nous n'avons pas vue ; les autres sont fossiles et au nombre de neuf, suivant M. Defrance, provenant de terrains antérieurs a la craie, et quelques-unes, mais avec un peu de doute, de couches plus récentes. M. Goldfuss réunit ce genre aux Nu- cléolites. FiBULAiRE, Fihularia. Corps globuleux et même plus haut que large, comme cô- telé par une vingtaine de côtes, formées probablement par autant de rangées de plaques polygonales, et couvert d'épines extrêmement fines. Ambulacres au nombre de cinq, fort courts et non fermés à l'extrémité. Bouche ronde, subcentrale. Anus inférieur et très-rapproché d'elle. Pores génitaux inconnus. La FiEULAir.E craniolaire : F. craniolaris, Linn. , GmeL , p. 3193, n." 80; Enc. méth., pi. ,64, fig. 1, 2, 5, 4, 5. La F. trigone; F. trigona, de Lamk., ihid., p. 17, n." 1. La F. OVULE; F. ovulum, id., ibid., n.° 2. La F. DE Tarente; F. Tarentina, id., ibid., n.° 5. Viv. dans la Médilerr. Ohseri^. Ce genre a été établi par Van Phelsum etpar Leske, sous la dénomination d'Echiaocjamus , adoptée par M. Gray. D'après notre caractéristique, nous n'y laissons que la F. craniolaire de Linné et les sept ou huit espèces peu ou point distinctes, que Van Phelsum a établies autour de celle-ci et probablement la C. trigona de M. de L imarck , que nous û avons vues ni l'une ni l'autre. 212 Nousconsei''\oiis dans un genreparticulierleslibulaires régu- lières, oviformes et déprimées, dont le type est Vechinusminu- tus de Gmelin , et qui se trouve communément sur nos côtes. Tel que nous le définissons, ce genre ne contient encore que des espèces vivantes. EcHiNONiE , Echinoneus. Corps arrondi ou ovale, ordinairement excavé en dessous, composé de plaques souvent distinctes et couvert de petites épines semblables, portées sur de très-petits tubercules. Amhulacres au nombre de cinq, larges; complets, rayonnes du centre dorsal à la bouche, et formés par des lignes am- bulacraires fort serrées et imprimées. Bouche centrale ou subcentrale , sans dents et percée dans un trou subrégulier du têt. Anus vers le bord en dessous ou même en dessus, dans un trou longitudinal et subsymétrique du têt. Pores génitaux au nombre de quatre (les deux paires anté- rieures seulement), et un peu obliques. A. Espèces ovales f avec le trou anal longitudinal et inférieur. L'EcHiNONÉE sEMiLUNAiRE : E. minor , Leske, Klein, p. 174, tab. 4g, fig. 8 et 9 ; cop. dans FEnc. méth., pi. i55,fig. 21 et '22. L'É. CYCLOSTOME : E. cjclostomus , Linn., Gmel., p. 5i83; Klein, tab. ùj , fig. 5 et 4; cop. dans l'Enc. raéth., pi. i55 , fig. 19 et 20. B. Espèces circulaires, avec l'anus inférieur et rond. (G. Dis- coiDEA, Gray.) L'ÉcHiNONÉF. ROTULAiRE : E. subuculus , Linn., Gmel., page 5] 83 , n."* 61 ; Rlein , tab. 14, fig. L, O ; cop. dans l'Enc. méth., pi. 2i5 , fig. 16 et 17 ; Galerites rotularis , de Lamk., 3 , p. 21 , n.^'a. L'E. CONIQUE : E. albo - gakrus , Linn., Gmel., page 5 181, n.°46; Conulus albo-galerus , Leske, Klein, page 162, tab. i5, fig. ^5 B; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 162 , fig. 5 et 6 ; Flemm., Brit. anim. , page 481. ( Craie ; Fr. , Angl. ) 213 C. Espèces oi'aleSf avec l'anus tout-à-fait marginal et les pores génitaux au nombre de sept ? L'EcHiNONÉE ovale: E, ovalis ; cop. dans TEnc. méth., pi. 143, fig. i3 et 14. D. Espèces circulaires , déprimées, à ouverture anale, margino- dorsale et non sj métrique. L'EcHiNONÉE CASSiDULAiRE, E. cQssidularis, Ohserv, Ce genre, établi par Van Phelsum et admis sous la même dénomination par MM. de Lamarck, Gray, etc., nous paroît surtout caractérisé par la disposition de ses lignes ambulacraires, composées chacune de deux séries de pores fort rapprochés et formant une petite gouttière enfoncée. Il faut aussi remarquer que les échancrures du têt, pour les ouvertures buccale et anale , ne sont jamais réellement symétriques, mais plus ou moins obliques. Les tubercules spinifères sont à peu près égaux et répartis d'une manière régulière. Enfin, les quatre orifices générateurs forment un tout obli- que, ceux du côté gauche étant un peu plus avancés que ceux du côté droit. Il se pourrait que l'espèce que nous plaçons dans la qua- trième section, et qui dans le système rigoureusement suivi, d'après la position de l'anus, devroit être un cassidule , fût en effet le C. scutelle ou le C. aplati de M. de Lamarck, l'un et l'autre fossiles. Cependant, d'après ce zoologiste, ils sont elliptiques. Dans le système de M. de Lamarck on ne voit pas trop ce qui sépare ce genre de celui des galérites , si ce n'est la position de la bouche centrale dans ceux-ci et subcentrale dans les échinonées ; mais nous avons montré qu'il y avoit d'autres caractères. On ne connoît pas encore d'échinonée avec l'ouverture anale en dessous à l'état fossile; ainsi dans ce genre, tel qu'il est défini par M. de Lam.irck, il n'y a pas encore d'espèces fossiles, d'après M. Defrance ; mais dans notre manière de le caractériser, on voit qu'il en contient plusieurs. M. Goldfuss en figure quatre espèces de la craie; mais sont-elles bien de ce genre? 214 Fam. III. Les E. paracentrostomes dentés. Bouche subcenfrale, dans une échancrure régulière du têt, et pourvue de denfs. EcHiNOCYAME, Ecliinocjamus, Corps déprimé, ovale, plus large en arrière quVn avant, un peu excavé en dessous, couvert de tubercules arrondis, percés au sommet et proportionnellement assez gros, sou- tenu à rinîérieur par cinq doubles côtes inférieures, se terminant autour de l'échancrure buccale par autant d'a- pophyses simples, Amh'ilacres dorsaux, non marginaux, complètement ouverts à l'extrémité, un peu élargis et formant une sorte de croix à branches dilatées. Owv^er//yre buccale subcentraîe, régulière, armée de cinq dents comme dans les clypéastres. Anus inférieur entre la bouche et le bord. Pores génitaux au nombre de quatre. L'EcHiNOCYAME MIGNON ; E, uiinulus , Lînn., Gmel., p. 86; d'après Pallas, Spic, zooL, 9, tome 54 , t. 1 . fig. 2 et 5; Spa- langus pusillusj Muller, ZooL Dan., 3, page 18, tab, 91 , fig. 3 — 6 ; E. pusillus , Flemm. , Brit. anim., page 481. Ohserv. Nous avons caractérisé ce genre d'après un assez grand nombre d'individus d'une très-petite espèce d'échini- des, trouvés dans les intestins d'un turbot, et qui se rencontre en effet en grande quantité dans le sable des côtes de la Manche, d'après Pallas, soit en France, soit en Angleterre. C'est très- probablement le libulaire ovule de M. de La- niarck , et sans doute que le fibulaire de Tarente appartient aussi à ce genre , ainsi que l'Kchinonée placenta de M. Goldfuss. Lagane, Lagana. Corps déprimé, circulaire ou ovale dans la longueur, un peu convexe en dessus, concave en dessous, h disque et bords bien entiers, composé de plaques peu distinctes et couvert d'épines semblables et éparses. Ambulacres au nombre de cinq, réguliers, pélaloïdes, fermés, 215 ou à peu près à l'extrémité j avec les pores de chaque côté réunis par un sillon. Bouche médiane au milieu d'un trou , avec sillons convergens et pourvue de dents. Anus inférieur, percé dans un trou régulier, situé entre la bouche et le bord. Pores génitaux au nombre de cinq. A. Espèces de forme circulaire. Le Lagane ORBicuLAiRE : L. orlicularis , Linn. , Gmel. , page Sigi , n.° jù ; Echinodiscus orlicularis^ Leske , Klein, page 208, tab. 45, fig. 6 et 7 ; Scutella orlicularis , de Lamk., ilid.,j>ag. 11, n.° 10; Enc. méth., pi. 147, fig. 1 et 2 ; cop. de Gualtieri, Test., t. 210, ûg. F. (Atlas, pi. 18, fig. 2.) Le L. BEGNET : L. laganum; Echin. laganum , Linn., Gmel., p. 3190, n.°7i; Echinodiscus laganum, Leske, Klein, p. 204, tab. 22 , fig. a, l, c ; Cljpeaster laganum , de Lamk., ilid. , page 16, n.'* 5. B. Espèce de forme ovale. Le Lagane ovale: L. ovalis , Brug. , Enc. méth., pi. i44 j lig. 5 et 6 j cop. de Gualt. , Test. , tab. CX , fig. D. C. Espèce de forme polygonale. Le Lagane décagone ; L. decagona, Lesson. (Atlas, pi. 18, fig. 3.) Olserv. Ce genre , assez bien indiqué par Van Phelsum et Leske, sous le nom d'Echinodiscus , a été établi par M. Gray sous le nom que nous lui conservons. Nous l'avons caractérisé d'après un individu bien conservé de la dernière section, et qu'a bien voulu nous donner M. Lesson. Il est évident que ce genre a beaucoup de rapports avec les véritable clypéastres , parmi lesquels en effet M. de La- raarck confond les espèces qui le constituent; cependant la forme générale, ainsi que la position de l'anus, paroissent offrir des caractères suffisans pour le distinguer. 216 Clypéastre, Cljypeasler, Corp5 très-déprimé, arrondi et assez épais sur les bords, quel- quefois assez incompléteiuent orbiculaire ou rayonné , élargi vers l'extrénnlé anale , composé de plaques larges et inégales, couvert d'épines très -petites, égales, éparses , portées par de très-petits tubercules percés d'un pore. Ambulacres constamment au nombre de cinq, bornés ou dor- saux, pétaloïdes; les deux rangées de pores de chaque branche réunies par un sillon. Bouche centrale ou subcentrale, au fond d'une sorte d'enton- noir, formée par cinq rainures et armée de cinq dents. Anus terminal et marginal. Pores génitaux au nombre de cinq. '^' Espèces vivantes. Le Clypéastre ROSACÉ : C. rosaceus , Linn., Gmel. , p. 3i86 , n.° 14 ; Echinanthus humilis , Leske , Klein, p. i85, tab. 17, iig. A, et 18, fig. B ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 1 46 , fig. 5 et 6. ( Atlas , pi. 17 , fig. 1 et 2.) Le C. AMBiGÈNË : C. ambigCTius ; Scutella ambigena , de Lamk., 5 , page 1 2 , n.° 1 7 ; Séba , Mus. , 5 , tab. i 5 , Iig. 1 3 et 14. Le C. scuTiFORME : C. scutifurmis , de Lamk., ibid, , p. 14, n." 4 ; Echinus planus scufiforinis ^ Séba, Mus., 5, tab. 10, iig. 23 et 24 ; cop. dans l'Enc. méth., pi. 147 , fig. 3 et 4. ^'^'' Espèces fossiles. Le Clypéastre élevé : C. altus , Linn., Gmel., pag. 0187 , n.° 61 ; Echinanthus altus, Lcske , Klein, pag. 189, tab. i55 , fig. 4; cop. dans l'Enc. méth., pi. 14(1, fig. 1 et 2. (Terr. tert. d'Italie, de Malte, du Langued.) Le C. A large bord : C. marginalus , de Lamk. , ibid. , p. 14 , n.°3; Scill., De corp, mar. , tab. ii , fig. inf. (France: Dax , Champagne ; Sicile. ) Le C. EXCENTRIQUE : C. cxcentricus , id., ibid., n.°6; cop. dans l'Enc. méth., pi. i/,4, fig. 1 et 2. (France, à Chaumont.) Le C. oviFORME : C. oviformis , Linn., Gmel., page 3187, n." 62; Leske, Klein, page 191 , tab. 20, fig. c, d. (France, près le Mans, et Valogne.) 217 Le Clypéastre uni ; C. politus , de Lamk. , 3 , n.° 8. (Italie, env. de Sienne.) Le C. HÉMISPHÉRIQUE : C. liemisphœricus , id. , ibid. , n.** 8; cop, dans l'Enc. méth. , pi. i44? fig- 3 et 4? (France, S. Paul- trois-Châteaux.) Le C. sTELLiFÈfiE : C. stclUferus , id., ihid. , n,° lo; Knorr, Petr, , page 1 1 , tab. E , 1 1 1 , fig. 5 ? Le C. TRILOBÉ: C. trilohus, de Lamk., Defr. , Dictionn. des se. nat. , tom. IX , pag. 460. Ohserv, Cette division des échinides a été établie depuis long -temps par Breyn sous le nom à'' echinanlhus ^ qu'a con- servé M. Gray, et sous celui d'echinorodum par Van Pheisum, Quoique fort rapprochée de la précédente et même de la suivante par le caractère commun de l'existence des dents à la bouche et des singuliers piliers irréguliers qui remplissent une grande partie de l'intérieur, la forme générale, la posi- tion de l'anus et la disposition des ambulacres fournissent des caractères suffisamment distinctifs. Nous avons cru devoir retrancher de ce genre le C. laga- num de M. de Lamarck , qui constitue le genre précédent, et au contraire y placer la scutelle ambigène. Le petit nombre d'espèces vivantes que nous connoissons , viennent des mers des pays chauds, en Asie et en Amérique. Les espèces fossiles sont plus nombreuses, et généralement de terrains tertiaires. M. Defrance en décrit onze , et M. Gold- fuss en figure dix nouvelles; mais sont-elles bien toutes de ce genre ? Placentule , Echinodiscus, Corps arrondi , déprimé, subquinquélobé (le lobe postérieur un peu échancré dans la ligne médiane) , un peu conique en dessus, concave en dessous, composé de plaques sur vingt rangs, accolées deux à deux; les ambulacraires plus étroites, et couvert d'épines très- petites, très -serrées, comme soyeuses. Amhulacres au nombre de cinq, divergens par la séparation complète de chaque ligne double de pores. touche médiane, ronde, vers laquelle convergent cinq sillons droits et stelliformes. 218 Anus marginal. Pores génitaux au nombre de quatre. Espèces, Le placentule Placunaire : E. placunaria; Sculella placunaria, de Lamk. , Anim. sans vert. , 7, pag. 12, n.° i5. Le P. LARGE plac)ue; £. lalissima, id., ibid. , n.° 16. Le P. ARACHNOÏDE: E. placenta , Linn. , Guiel. , pag. Siqô, n.^yG; Echinarachnius, Leske , Klein, pag. 218, l. 20, fig. A, S; cop. dans l'Enc. mélh., pi. 143, fig. 1 1 et 12 ; Scutella pla- centa, de Lamk., ibid., page ji , n.° 12. Le P. RONDACHE ; £. parma, de Lamk., tT/zi., n.° i5. (Atlas, Pl- i8,fig. ,.) Le P. DE Rumpk; E. Rumphii, Rumph, Mus., tab, 14, fig. G. Le P. orbiculaire: £. orbicularis, Linn., Gmel. , p. 5i88, n." 63; Guakieri, tab. 210, fig. B; cop. dans l'Enc. méth., pL 147, fig. 1 et 2. Oi^er^'. Nous avons observé, dans la collection de M. le duc de Rivoli, les trois premières espèces, et je me suis assuré que la forme singulière des ambulacres pouvoit très-bien distin- guer ce genre des véritables scutelles, dont il est cependant fort rapproché. Ces échinides semblent faire le passage vers les astérides polygonales. La figure de YE. placenta, donnée par Leske et copiée dans l'Encyclopédie, représente l'anus vis-à-vis l'ambulacre impair; mais n'yauroit-il pas quelque erreur? En effet, nous ne con- noissons jusqu'ici aucun exemple de cette disposition ; dans tous les oursins où l'anus n'est pas médian , il répond toujours à l'angle des deux ambulacres postérieurs. On avoit cru jusqu'ici que toutes les espèces vivantes de ce- genre ne se trouvoient que dans les mers des pays chauds; mais nous apprenons de M. Flemming, que M. le professeur Jameson a reçu la première espèce de l'île de Foulah , où il paroît cependant qu'elle est excessivement rare. Nous n'en connoissons pas encore de fossiles, à moins que le scutella lenticularis de M. de Lamarck n'appartienne à ce genre, ce qui est fort probable, à cause de la position marginale de l'anus, 219 ScuTELLE, Scutella, Corps irrégulièrement circulaire, plus large en arrière, ex- trêmement déprimé, à bords presque tranchans , subcon- vexe en dessus, un peu concave en dessous, composé de grandes plaques polygones et couvert d'épines très-petites, égales et éparses. Anihulacres (cinq) bornés ou dorsaux, plus ou moins pétali- formes; les deux rangées de pores de chaque branche réu- nies par dessillons transverses, qui les font paroître striées. Bouche médiane ronde, pourvue de dents, et vers laquelle convergent cinq sillons vasculiformes plus ou moins rami- fiés et quelquefois bifides dès la base. Anus toujours inférieur et assez éloigné du bord. Pores génitaux au nombre de quatre. ''* Espèces vivantes. A. Espèces dont le disque seul est perforé. La S. SEXFOKÉE: S. h exap or a, Linn., Gmel. , p. 5 189, n.^GS-, Echinodiscus sexiesperforatus , Leske , Klein, p. 199, tab. 5o, fig. 3 et 4; cop. dans l'Enc. méth., pi. 149, fig. 1 et 2 ; Scut, sexforis , de Lanik. , 3 , p. 9, n." 4. I-a S. guiNQUEFORÉE : S. pentapora, Linn., Gmel., p. 5189, n.*'65 ; Echinodiscus quinquiesperforatus , Leske, Klein , p. 1 97, tab. 2 1 , fig. C, D; cop. dansl'Enc. méth. , pi. 149, fig. 3 et 4; Scut. quinqiiefora , de Lamk., ihid», n.° 6. La S. A DEUX TROUS : S. biforis, Linn., Gmel., p. 3i88,n.*'64; Echinodiscus hiperforatus , Leske, Klein, p. 196, tab. 21 , fig. A, B ; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 147, fig. 7 et 8 ; Saut, hifora, de Lamk., ihid.^ P* 30j ^° 7* B. Espèces dont le disque et les hords sont perforés. La S. A guATRE trous : S. tetrapora, Linn., Gmel., p. 3 190, n.° 70 ; Echinodiscus quadriperforatus , Leske, Klein , pag. 204; Séba, Mus., 5, tab. i5, fig. 5 et 6; copiée dans l'Enc. méth., pi. 148; Saut, quadrifora , de Lamk,, ibid. , p. 9, n.** 6. (Atlas, pi. 18, fig. 4.) La S. émarginée: S. emarginata , de Lamk., ih., p. g , n." 3 ; Echinodiscus marginatus , Leske, Klein, p. 200, tab. 5o, fig. 5 et 6 ; copiée dans l'Enc. méth. , pi. 1 5o , fig. i et 2. 220 C. Esp''ces dont le bord seul est éch ancré, La ScuTELLE AURicuLÉE : 5. aurîta , Linn., Gmel. , p. 3i8(), n." 68; Echin, auritus , Leske , Klein, p. 202; Séba, Mus., 3, tab. 16, fig. 1 et 2 ; copiée dans FEnc. méth., pi. i5i , fig. 5 et 6; Scut, bijîssa, var. 2, de Lamk., ibid, , p. 10, n." 8. La S. iNAURicuLÉE : S. inaurita , Linn., GmeL , p. 5 1 90, n.° 69 ; Echin., Runiph., Mus,, tab. 14, fig. F; copiée dans TEncycL méthod. , pL 1625 fig. 1 et 2 ; Scut, bifissa, de Lamk., ibid. , D. Espèces dont le disque et le bord sont entiers, La S. entière; s. intégra, Brug., Enc.méth., pL 146, fig. 4 et 5. E. Espèces dont le disque est perforé et le bord multidigité, La S. ocTODACTYLE : S, octodactjla , Linn. , GmeL, p. 3192 , n.'' j6 ; Eciiinodiscus octiesdigitatus , Leske, Klein, pag. 911 , tab. 22, fig. C, D; copiée dans l'Enc. méth., pi. i5o, fig. 3 et 4; Scut. digitata, var. b , de Lamk., ibid., p. 8 , n.° 2. La S. DÉCADACTYLE : 5. decadactjla, Linn., Gmel. , p. 3191, n.** 76: Echin, deciesdigitatus , Leske, Klein, p. 209, tab. 22, fig. A , B; copiée dans l'Enc. méth., pi. i5o, fig. 5 et 6 j Scut, digitata, var. a, de Lamk., ibid,, p. 8, n.° 2. r. Espèces dont le disque est imperforé et le bord multiradié, (Les Demi-soleils.) La S. DENTÉE : S, denlata ; Echinodiscus dentatus , Leske, Klein, pag. 212 , tab. 22 , fig. E, F ; copiée dans l'Enc. méth., pi. i5i , fig. 1 et 2. La S. RADIÉE : S, radiata. Séba, Mus. , 3, tab. 1 6, fig. 19 et 20; copiée dans l'Enc. méth., pi. i5i , fig. 5 et 4. '••"' Espèces fossiles. La S. RONDE : S, subrotunda, Leske, Klein, p. 206, tab. 47, fig. 7 ; Echin. melitensis, Scilla, De corp. marin,, t. 8, fig. 1 — 3. La S. DE Faujas; S, Faujasii, Defr., Dict. des sciences nat., tom. 48, p. 23o. La S. LENTICULAIRE J S, Icnticuluris , de Lamk. , loc, cit,, p. 49 » Û2i La ScuîELLE ENFLtE ; S. îiijlata, Defr., loc. cit., pag. aSo. (Cale, gross. de Paris.) La S. NUMMLLA[RE; S. numuiulaiia , id. ihid, (Cale, gross, de Grignon. ) La S. DE Hauteville ; 5. altavilensis , id., ihid. La S. DU Languedoc; S. occitana, id. , ihid.; Parkins. , Org, rem. , tom. 3 , tab. 3 , fig. 8. La S. d'Espagne ; S. Hispana , id. , ihid. La S, pyramidale; S. pjramidalis, Risso, Fr. mërid.. 5, p. 2S4, n." 46. (Cale, gross. des env. de Nice.) La S. bossue; S. gihhosa, id., ihid, (Grés tert. de Nice.) Ohserv. Ce genre, que Klein avoit désigné sous le nom de Mellita, et que Leske confondoit avec les spatangues sous la dénomination commune d'Echinodiscus , ne diffère guéres en effet de ceux-ci que par la forme générale beaucoup plus déprimée, par la position de Tanus, et peut-être aussi par la manière tout-à-fait singulière dont le disque est perforé ou digité. Il faut aussi remarquer les sillons vasculiformes dont la face inférieure est labourée; du reste c'est la même or- ganisation. Aussi foutes les espèces ont vingt séries radiaircs de plaques. Il n'y a que la dernière qui, si l'on doit s'en rapporter à la figure, en auroit vingt-six. Ses ambulacres ont aussi une forme étoilée toute particulière. Nous ne Pavons malheureusement vue en nature dans aucune collection. Nous n'avons pas osé introduire dans le système une autre es- pèce, que nous ne connoissons également que d'après la figure qu'en a donnée Séba, Mas., 5, tab. i5 , n."* 21 et 22, et qui a été reproduite dans l'Enc. méth., pi. 162, fig. 3 et 4* Le nombre des lignes de plaques est de vingt, comme dans tous les échi- nides : elles sont à peu près égales et disposées comme dans la S. radiée; mais le bord est entier et nullement denté. On ne voit du reste aucun indice des ambulacres, qui ont peut- être été oubliés; l'échancrure pour la bouche est très-grande, et Panus n'a pas été indiqué. Les espèces vivantes de ce genre, dont on connoît la patrie, appartiennent aux mers étrangères et essentiellement aux mers australes; cependant nous devons faire remarquer quç M. Defrance, en décrivant la S. d'Espagne fossile, dit qu'elle a de très-grands rapports avec une espèce qui vit dans la 222 Manche et qu'on trouve sur les côtes du département du Cal- vados. Nous n'avons pas vu cette espèce, et c'est la première fois que nous trouvons cité, qu'une scutelle existe dans nos mers. Aucun des auteurs anglois, italiens et françois que nous avons consultés n'en parle. Les espèces fossiles dont on connoît le gissement certain, ont toujours été trouvées dans des terrains postérieurs à la craie. Fam. IV. Les E. centrostomes. Bouche parfaitement centrale. Sommet médian. Corps régulièrement ovale ou circulaire, couvert de tuber- cules et de mamelons, et par conséquent de baguettes de deux sortes et dissemblables. Anus variable, ordinairement medio-dorsal. Galérite , Galerites. Corps bien régulièrement circulaire ou polygonal, tout-à-fait plat en dessous, convexe et souvent conique avec le som- met bien médian en dessus, formé de plaques très-dissem- blables et couvert de tubercules de deux sortes. ^rntu/fl.cres complets, étroits, au nombre de cinq ou de quatre, dorso-buccaux. Bouche centrale et probablement armée. Anus inféro-marginal. Pores génitaux au nombre de cinq. A. Espèce à quatre ambulacres et par conséquent à seize séries de plaques. La Galérite a quatre bandes: Galerites quadrifasciatus ^ Brug. ; Leske, Klein, t. 47, fig. 3, 4,5; copiée dans l'Enc. niéth., pi. 164, fig. 8 et 9. B. Espèces à cinq ambulacres. La G. COMMUNE : G. vulgaris, Linn., Gmel., p. 3 182, n."48 Leske, Klein, p. i65, tab. 23 , fig. C, K, et tab. 14, fig. y4,K copiée dans l'Encycl. méthod., pi. i53, fig. 6 et 7, (Craie France et Angleterre.) 223 La Galérite raccourcie: G. ahhreviatus ^ de r.amk. , ihid. ^ p. 20 , n,** 3 ; Leske, Klein , p. iC6, tab. 40, fig. 3. (France et Allemagne.) La G. DÉPRIMÉE : G. depressus^ Linn., Gmel. , pag. 3i82, n.°47; d'après Leske, Klein, pag. 164, tab. 40, fig. 5 et 6 ; copiée dans l'Enc. niéth., pLi52, fig. 7 et 8. (Allemagne.) La G. HÉMISPHÉRIQUE : G. liemisph œricus , de Lamk. , ibid,, p. 21 , n.° 6; Ecliinîles subiiculus , Leske, Klein, p. 171 , lab. 14, fig. L, O? (Craie, Westphalie.) La G. DEMI- GLOBE : G. scmiglobus , de Lamk., ibid,, p. 22 , n.° 12 ; Leske, Klein, p. 179, tab. 42, fig. 5. La G. globuleuse: G. globosus, Defr., Dict. des se. nat. , t. 18, p. 86; Park., Rem,, tom. 5, pi. 2, f:g. lo. (Atlas, pi. 19, fig. 3 ab.) C. Espèces à six ambulacres. La G. A SIX bandes : G. sexfasciatus , Linn., Gmel., p. 3i85, n." 5o; d'après Leske, Klein, pag. 170, tab. 5o, fig. 1 et 2; copiée dans l'Enc. méth., pi. i53, fig. 12 et i3. Obstrv. Ce genre a été établi par Klein sous le nom de Conulus, que nous avions converti en celui d'EcJiinoconus , d'après notre système de nomenclature. M. de Lamarck , en le circonscrivant d'une manière très-incomplète, l'a admis sous la dénomination de Galerites, adoptée par M. Gray. Nous avons pu l'étudier à peu près suffisamment sur un in- dividu bien conservé de la craie chloritée ou inférieure des environs de Rouen , et nous avons pu nous assurer que dans ce genre la forme du corps est parfaitement circulaire ou très- régulièrement polygonale; le sommet étant bien central, ainsi que la bouche, les ambulacres sont alors parfaitement égaux; l'anus, complètement inférieur, étant dans l'écartement des deux postérieurs, comme de coutume. 11 nous a paru à peu près certain que le nombre des pores génitaux étoit de cinq, et très-probable que la bouche étoit armée de dents, du moins nous avons cru voir des indices d'auricules ; il y avoit aussi des épines de deux sortes, à en juger du moins d'après la diffé- rence de grosseur des tubercules. D'après cela nous avons dû retirer de ce genre non-seulement lesG.patella et umhrella de M. de Lamarck, que M. Defrance avoit déjà rapprochées avec juste raison des nucléolltes, mais encore les G. albogalerus et rotularis, qui sont pour nous des espèces d'échinonées. Pour les autres espèces admises par M. de Lamarck, outre celles que nous n'avons pas citées, et même celles qu'a ajoutées M. Defrance, n'en ayant pas vu de figures, nous n'osons assurer qu'elles doivent entrer dans notre genre Échinocone, et c'est ce qui nous a empêché d'en parler. Nous croyons cependant pouvoir assurer que les G. scutiformîs et excentricus n'appartiennent pas à cette division générique , puisque le sommet n'est pas central. Quant aux G. à quatre bandes et à six bandes, ainsi nom- mées parce que la première n'a que quatre ambulacres et la dernière en a six, il faut avouer que si le fait est certain, comme on peut l'admettre d'après les figures de Leske, qui paroissent exactes, on pourroit très-bien en former des genres distincts; car le caractère tiré du nombre des ambulacres est de première importance , et ces combinaisons n'ont encore été trouvées, du moins à notre connoissance, dans aucun échinide vivant. Toutes les espèces de galérites ne sont connues qu'à l'état fossile, le plus souvent à l'état de moule, et quelquefois avec le têt conservé et siliceux. La plupart appartiennent à la craie. Un petit nombre lui sont antérieures. Jusqu'ici on n'en a pas encore trouvé dans les couches plus récentes. EcHiNOMÈTRE , Eclùnomelra, Corps épais, solide, ovale transversalement, un peu déprimé, convexe, avec le sommet médian en dessus plat, et arqué en dessous, couvert de tubercules mamelonnés de deux sortes et portant des épines diversiformes , mais toujours fortes et grosses. Ami ulacres (cinq) complets, s'élargissant inférieurement. Ouverture buccale du têt grande, transverse, avec des auri- cules très-puissantes à sa circonférence intérieure. Cinq dents aiguës à la bouche, avec un appareil compliqué, comme dans les oursins. Anus médio-sijpère ou opposé à la bouche. Pores génilaux au nombre de cinq. 225 Espèces. L'ÉcHiNOMÈTRE DE Leschenault ; Echinometra Lesche- Haultii, De Blainv. ,Dict., tom.Sy, p. g3. L'É. DE M AUGE ; E. Maugei , id. , ibid, L'É. DE Mathieu; E. Mathœi, id., ibid., p. 94. L'É. FORTE-AIGUILLE; E. acufera <, id. , ibid. L'E. OBLONG ; E. oblonga, id. , ibid, p. qS. L'É. FORTE- ÉPINE : £. lu c unter , Linii. , GmeL, p. 3176, n,*io; Cidaris lucunter, Leske, Klein, p. 109 , t. 4 , fig. C, D, E, F; copié dans l'Enc. méth. , pi. 104, fig. 3 — 7; Ecliinus lucun- ter, de Lamk., Anim. sans vert., 3, p. 5o, n.° 32. L'É. FESTONNÉ; E. lobata, de Blainv, , ibid, , p. 96. L'É. ARTICHAUT : E. dtrata , Linn., Gmel., p. 0177, n.® 1 1 J Cidaris violacea, Leske, Klein, p. 117 , tab. 47, fig. 1 et 2 ; copié dans l'Eric, méth., pi. 140, fig. 1 — ^4; Echinus atratus, de Lamk., ibid., p. 5l , n."* 53. (Atlas, pi. 20, fig. 1.) L'E. DE QuoY; E. Quojii , de Blainv., ibid., p. 96. L'É. poRTE-HouLETTE : E. pedifera , Lesson; de Blainv., Mon. du Dlct. , tam. 57, p. 97. L'É. MAMELONNÉ: E. mamillata , Linn., Gmel., p. 3176, n." 9 ; Séba , Mus. , 3 , tab. 1 3 , figé 1 et 2 ; copié dans Leske , Klein, tab. 39, fig. 1 , et dans l'Enc. méth. , pi. i38; Echinus mamilLatus ^ de Lamk., ibid., p. 5i , n.° 54. L'E. A BAGUETTES CARENEES: E. carindta , Lesson; de Blainv., Monogr. du Dictionn. , ibid., p. 98. L'É. TRiGONAiRE : E. trigondria, de Lamk., ibid,, pag. 5i , n.° 26; Séba, Mus., 3, tab. i3, fig. 4 ; copié dans l'Encycl. méthod., pi. 139, fig. 2. Obserf, Ce genre a été dernièrement établi par M. Gray. Il est certainement à peine distinct des véritables oursins, si ce n'est par la forme du corps, qui est transverse, plus ou moins courbé, et par celle des piquans, qui sont toujours fort singuliers; aussi M. de Lamarck n'en fait-il qu'une divi- sion particulière de son genre Echinus. Nous l'avions d'abord imité ; mais comme le nombre des espèces de cette division est maintenant assez considérable, nous adopterons le genre Echinomètre. Nous avons pu en étudier plusieurs en bon état de conserva- tion dans l'esprit de vin, grâces à la complaisance de MM. Quoy, Gaimard et Lesson. i5 226 Il est à remarquer que toutes les espèces d'échinométres vivent dans les mers des pays chauds, et qu'on n'en connoit aucune dans les nôtres. Nous n'en connoissons pas encore non plus de fossiles. Oursin , Echinus. Corps en général fort régulièrement circulaire ou subpoly- gonal , quelquefois un peu transverse, composé de vingt séries radiaires , alternativement inégales, de plaques po- lygones hérissées d'épines diversiformcs de deux sortes, et portées sur des tubercules mamelonnés non perforés, Ambulacres constamment au nombre de cinq et complets. Bouche centrale, armée de cinq dents pointues, portées sup un appareil intérieur très-compliqué. Anus médian supérieur ou exactement opposé à la bouche. Pores génitaux au nombre de cinq. A. Espèces parfaitement régulières, ordinairement déprimées ; aires très-inégales; les amhulacraires très-étroites , bordées par des am- bulacres presque droits , et composés à droite et à gauche d'une double série de pores rapprochés; auricules divisées et spatulées, L'Oursin pustuleux: E. pustulosus , de Lamk., Anim.s. vert. p. 49, n.° 14 ; Ci(ianYispi/s/i//o5a, Leske, Klein , p. i5o,tab. 11, ûg, D, et ûg,A, B, C. L'O. PIQUETÉ, E. punctulatus, id., ibid,, p. 47, n." 18; Séba, Mus. , 5 , tab. 1 o , fîg. a, b. L'O. LOCULÉ : E. loculatus, ibid.; Leske, Klein , tab. 1 1 , fig. D. L'O. étoilb; E. stellatus, de Blainv., Dict. , t. ùj , p. 76. L'O. ÉQUiTUBERCULÉ; E. equitubcrculatus, id. , ibid. L'O. deDufresne; E. Dufresnii, id., ibid. B. Espèces régulières, plus ou moins bombées, mais du reste di- versiformes; aires subégales, bordées par une double série de pores, formant à l'extérieur des denticulations plus ou tnoins marquées , chacune de trois paires de trous, a. Angles de l'ouverture buccale du tét non fissurés. ''" Aires ambulacraires égalant la moitié seulement des anam- bulacraires. L'O. melon-de-mer: e, melo, de Lamk., Anim.s. vert. p. 46, -n.*" 8; Gualt. , Test., tab. 107, fig. E, (Atlas, pi. 20, lig. 3.) L'Oursin J^aux- melon; E. pseudo-melo , de Blaînville, Dict. tom. 57, pag. 77. L'O. PERLÉ; E. margarîtaceus , de Lamk. , Anim. s. verte pag. 47, n.' 16. L'O. POINTU; E. acutus , îd., ihid., p. 45, n.° 10. L'O. suBANGULEDx : E. suhangulosus , id., ihid., p. 48, n.** 2 1 j Cidaris dngulosa (var. minor) , Leske , Klein , pag. 94 j tab. 3 , fig. A, B ; copié dans TEnc. méth. , pi. 1 3 5 , fig. 3 — 6. L'O. QuiNQUANGULEUx; E, quinquangulosus , de Blainv. , ihid. , p. 79. L'O. globiforme; E. globiformis , de Lamk.. lèfi., p. 44, n.° 5. L'O. orange-de-mer; E. aurantiacus , de Blainv., f&., p. 79. L'O. violet; E. violaceus ^ id. , ihid,, p. 80. ** yii'res anihulacr aires égalant les deux tiers des autres, L'O. miliaire : E. miliaris, de Lamk., ï J/d. , p. 49, n.** ZG -, Cidaris miliaris saxatilis , Leske, Klein , p. 82 , tab. 2 , fig. A , B, C, D, et tab. 55, fig. 2 et 5; copié dans l'Enc. méth., pi. i55, fig. 1 et 2 , a, h. L'O. paucituberculé; E. paucituherculatus, de Blainv., ihid,^ p. 80. L'O. MIGNON; E.minutus, id., ihid. L'O. œlf; e. o^um, de Lamk., iiii., p. 48, n." 19. L'O. pale ; E. pallidus, id., ihid., n." 20. L'O. gris; e. griseus, de Blainv., ihid., p. 81. * * * Aires égales. L'O. petit-globe : E. glohulus , Linn. , Gmel. , p. 3 1 7 1 , n." 2 ; Klein, Leske, tab. 11 , fig. E, F. L'O. sculpté : E. toreumaticus , Linn., Gmel., pag. 3 180, n.''42 ; Leske , Klein , p. i55 , tab. 10 , fig. D, £; £. sculptas, de Lamk., itid. , p. 47 , n." 17. b. Angles de l'ouverture buccale du têt plus ou moins fissurés. L'O. ExcAvÉ : E. excavatuSf Gualt., Test., tab. 107, fig. F. L'O. PANACHÉ : E. variegdtus , de Lamk. , ihid., p. 48 , fig. 22 ; Cidaris variegata, Leske, Klein, p. 149, tab. 10, fig. B, C; copié dans l'Enc. méth., pi. 41 , fig. 4 et 6. 228 L'Oursin trizonal; E, trizonalis, de Blainv. , Dictionn., tom. 37, p. 84. L'O. DÉPRIMÉ : £. depressus , id., ihid. ; Gualt. , Test., pi. 107, Ûg.A. ^ , L'O. POLYZONAL : E. poljzonalis f de Lamk., Anim. s. vert. pag. l[6 , n," i3; Gualt. , Test., tab. 107 , jQg* M; E. obtusarv gulatus, de Lamk., ibid., p. 46, n." 12. C. Espèces régulières, déforme un peu variable; les lignes amlu- lacr aires formant à V extérieur des dentelures droites ou arquées ^ chacune de quatre paires de pores. L'O. COMESTIBLE : E. esculentus , Linn., GmeL , p.3i68,n.*' 1, Leske, Klein , p. 74, tab. 38 , fig. 1 ; copié dans l'Enc. méth., pL i32, fig. 1. (Atlas, pL 19, fig. 1 à 7.) L'O. vulgaire; E* vulgaris , de Blainv., Dict. des se. nat. , t. 37, p. 86. L'O. DE Gaimard; E. Gaimardi, id., ibid. L'O. ÉQUITUBERCULÉ; E. equituberculalus , id., ibid. L'O. douteux; E. dubius , id., ibid., p. 87. L'O. MACULÉ; E. maculatus, de Lamk., ibid., p. 46, n.° 14. D. Espèces régulières, déforme un peu variable; les denticules des lignes ambulacraires droites ou arquées de cinq paires de pores au moins, L'O. livide : E. lividus , de Lamk., ibid.. p. 5o, n.'' 28, et F. neglectus, ejusd. , p. 49, n.** 26. L'O. parvitubeRculé; E. parvituberculatus, de Blainv., Dict., tom. 37 , pag. 88 , sous le nom d'E. microtuberculatus. L'O. meule; e. mola, id., ibid. J^'O. longue-épine; E. longispina , id. , ibid., p. 89. L'O. subglobiforme; e. subglobiformis, id. , ibid, E. Espèces régulières ; les lignes ambulacraires formées de séries obliques et simples de six pores, L'O. calotte; e. pileolus , de Lamk. , ibid. , p. 46 , n.° 7. F. Espèces régulières; les lignes ambulacraires festonnées ou com' posées d'espèces de dents très-arquées, de sept paires de pores. L'O. variolaire; E. variolaris , de Lamk., ib., p.47,n.** i5. L*0 . TUBERCULE; E, tuberculatus, id. , ibid., p. 5o, n." 29. 229 G. Espèces régulières, à aires égales par le grand élargissement des ambulacres , formés par trois séries verticales de doubles pores; les angles de l'ouverture buccale du lét fortement fis- surés, L'Oursin enflé : E.sardicus, de Lamk. , Anim. sans vert. , p. 43, fig. g; Cidaris sardica, Leske, Klein, p. 146, tab. g, fig. A, B; cop, dans l'Enc. méth., pi. 141 , lig. 1 et 2. L'O. FLAMMULB : E. virgatus , de Lamk., ibid., p. 44, n.** 4* L'O. ventru: E. ventricosus, de Lamk., ibid., p. 44, n." 2 ; Cidaris miliaris , Leske, Klein, p. 1 1 , tab. 1 , fig. A, B; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 1 ù2 , fig. 2 et 3. L'O. A BANDES ; E. fasciatus y de Lamk., ibid., p. 45 , n.° 6. L'O. BLEUATRE ; E, subcœruleus , de Lamk,, ibid,, pag. 49, n.* 23. L'O. DE Péron; E. Peronii, de Blainv. , Dict. tom. Sy, p. 92. L'O. PENTAGONE ; £. pcutagonus, dç Lamkf, ib,, p. 46 , n.° 11. Espèces fossiles. L'O. PERLé : E. perlatus , Desm., Monogp. des échin. foss. ; Defr. , Dict. des se. nat. tom. Sy, p. 100; Knorr,Pe^r. , vol. 2, tab. 11, F, fig. 1 ? L'O. collier; e. monilis, id. , ibid. L'O. DE Miller; E. Milleri,id,, ibid., p. 101, L'O. dôme; e. doma , id., ibid. L'O. pétalifère : E, petaliferus , id. , ibid.; Parkins. , Rem,, lab., 1 , fig. 1 2 et 1 3. L'O. de Menard ; E. Menardi, id., ibid, L'O. ROTULAiRE ; £. rotulaus , de Lamk., Anim. sans vert. , tom. 3 , p. 5o , n." 27. L'O. EFFACÉ ; E. obsoletus , id. , ibid., p. 102. L'O. DE Brongniart; e. Brongniartii, id., ibid, L'O. tubercule ; E. tuberculatus, id., ibid. L'O. couronne; e. corona, Risso , Fr. mérid, , 5, p. 278, n,* 27. L'O. SAXATILE: E. saxatilis, Flemming, Brit, anim,, p. 479 î Parkins., Org, rem., 3 , tab. 3 , fig. 4. (Angleterre, craie.) L'O. DE Kœnig : E. Kanigii, id, , ibid.; Park. , Org, rem, f 3, tab. 12, fig. 1. (Craie, Angleterre.) 230 Ohser^'. Ce geore est maintenant circonscrit de manière qu'il ne peut plus être confondu avec aucun autre, pas même avec les échinomètres, dont il ne difïere cependant que par la forme générale du têt, toujours parfaitement régulière, ainsi que par celle des épines, qui sont assez souvent de deux sortes , mais constamment plus ou moins aciculées. Nous avons pu en étudier un grand nombre d'espèces vi- vantes et par conséquent bien complètes; beaucoup d'autres ne nous sont malheureusement connues que par la coque; mais comme nous avons pu y trouver des caractères spécifiques constans, i.°dansla proportion des aires ambulacraires et an- ambulacraires; 2.° dans le nombre des lignes de doubles pores qui limitent les ambulacres; 3.° dans le nombre de ces doubles pores qui forment les festons de ces lignes; 4.** dans la forme des auricules servant d'insertion aux muscles de l'appareil den- taire; 5." enfin , dans la disposition des bords de l'orifice buc- cal : il en résulte que , quoique nous ayons presque doublé le nombre des espèces indiquées par M. de Lamarck, elles sont beaucoup plus faciles à reconnoître. On trouve des espèces de ce genre dans toutes nos mers ; la Méditerranée en contient même de fort belles espèces très-communes. Elles vivent parfaitement libres dans le fond de la mer à d'assez grandes profondeurs, ou même sur les rivages dans les rochers , au milieu des fucus. Ce sont des animaux éminemment carnassiers. Ils pondent une quantité innombrable d'œufs. Outre les espèces vivantes que nous avons définies dans le Dictionnaire des sciences naturelles, à l'article Oursin, M, Risso en définit deux autres, l'une sous le nom d'E. purpureus ; et d'£. Irevispinosus; mais, comme à son ordinaire, si incom- plètement, qu'on ne peut dire ce que c'est, M. Desmarets distingue treize espèces de ce genre à l'état fossile et provenant de terrains antérieurs et postérieurs à la craie. M. Risso en ajoute une nouvelle des environs de Nice, et M, Goldfuss neuf d'Allemagne, 231 CiDARiTE, Cidaris. Corps bien circulaire, bien régulier, de forme plus ou moins élevée ou déprimée, composé de plaques polygones, cou« vertes de tubercules mamelonnés, constamment perforés au sommet et portant des épines de deux sortes : les unes très -longues et très-aiguës, les autres courtes et presque squameuses. Amhulacres complets , au nombre de cinq. Bouc/te inférieure , centrale, pourvue de cinq dents aiguës. j4nus supérieur et central. Pores génitaux au nombre de cinq. A. Espèces suhsphéroïdales et même plus élevées que larges^ a aires amhulacraires très-étroites ; les lignes de doubles pores si- nueuses. ( Les Tdrbans. ) Le CiDARiTE IMPÉRIAL : Ciduris imperialis, de Lamk. , Anim. sans vert. , tom. 5 , p. 64 , n.** i ; Cidaris papillata major, Leske, Klein , p. 126, t. 7; copiée dans l'Enc. œéth., pi. i36, fig. 8: Echin, cidaris, var. a, Sowerby , Br, Anim,, tab. 44; Cidaris papillata, Flemm., Brit. anim., p. 477' Le C. PORC-ÉPic : C. hjstrix, id. , ibid, , p. 55 , n.° 3; Cidaris papillata, var. 3 , Leske, Klein, p. 129 , t. 7, fig. B, C; cop. dans l'Enc. méth. , pi. 1 36 , fig. 6 et 7. ( Atlas , pi. 20 , fig. 5. ) (De la Méditerranée.) Le C. BEC-DE-GRUE : C. geranioides , id., ibid., p. 56, n.° 5; Echinometra singularissima , Séba, Mus,, 3 , tab. 10 , fig. 8; cop. dans l'Enc. méth., pi. i36, fig. 1. Le C. pisTiLLAiRE : c. pistillaris , de Lamk., ibid., page 55 , n.° 2 ; cop. dans l'Enc. méth., pi. 157. B. Espèces orbiculaires , déprimées ; aires ambulacraires moins étroites, bordées par des ambulacres droits; épines ordinaire- ment jistuleu ses, (G. DiADEMA , Gray. ) Le C. DIADÈME : C. diadema , Linn. , Gmel. , page3i75, n.° 7 ; Leske , Klein , pag. 1 00 , tab. ùj , fig. 1 et 2 ; cop. dans l'Enc. méth., pi. i33, fig. 10. (Atlas, pi. 20, fig. 6.) Le C. PORTE-CHAUME : C. calamaria , Pallas, Spicil, zooL, 10, page 5i , tab. 2 , fig. 4 — 8 ; cop. dans l'Enc, méth,, pi. i34, fig. 9 — 11. 232 Le CiDARiTE PORTE-QUILLE: C. metularia ^ de Lamk. , An, sans vert., tom. 3 , p. 56, n.*' 7; Séba, Mus., 3, t. i3, fig. 10 j cop. dans l'Enc. méth., pi. 104? fig* 8» C. Espèces orhiculaires , très - déprimées ; les aires interambula' craires égalant la moitié des autres , et hordées par des amhu' lacres droits et fort larges, ( G. Astropyga, Gray. ) Le CiDARiTE RAYONNÉ : C. radiata, Leske, Klein, page 116 , tab. zj4, lig. 1 ; cop. dans l'Encycl. méthod., pi, 140, fîg. 5 et 6. (Atlas, pi. 20, tig. 7.) Ohserv, Ce genre, établi par M. de Lamarck pour des échinides que Klein et Leske confondoient avec les véritables oursins sous le nom coininun de Cidaris, n'offre réellement pour caractère constant que la perforation des tubercules, qui ne sont pourtant pas perforés d'outre en outre, comme le dit M. de Lamarck. 11 faut cependant ajouter que presque toujours il y a deux espèces bien différentes de piquans , dont les uns deviennent de véritables baguettes quelquefois fistuleuses. M. Gray a cru devoir former un genre distinct des dia- dèmes de M. de Lamarck , parce qu'en général la forme est plus surbaissée et que les baguettes sont fistuleuses ; mais sont-ce des caractères suffisans pour l'établissement d'un genre? Quant ù celui qu'il a cru devoir former avec l'espèce qui entre dans la division C, il y a évidemment des difierences plu» importantes dans la forme, dans la mollesse du têt^ qui rap- pelle un peu les astéries placentiformes; mais nous ne croyons cependant pas qu'elle doive former un genre distinct. On connoît quelques espèces de ce genre à l'état fossile dans la craie et dans des terrains antérieurs. M. Defrance en reconnoît trois, mais à peine sïl les caractérise, et M. Risso en ajoute deux nouvelles; mais j'en trouve quatre de mieux indiquées dans l'ouvrage de M. Flemming , et dix-neuf figurées et caractérisées dans celui de M. Goldfuss. Quoique la plupart des échinides, qui entrent dans ce genre, soient des mers de l'hémisphère austral, on en con^ noît cependant déjà deux espèces dans nos mers : l'une très- commune dans la Méditerranée; l'autre, sur les côtes d'Ecosse, où elle parott être bien plus rare. 233 Ordre III. STELLÉRIDES, Stelleridea, (Genre Asterias, Linn.) CoT'pi généralement déprimé, large, et régulièrement formé à sa circonférence en angles plus ou moins aigus, souvent prolongés en lobes ou rayons parfaitement semblables, cou- vert d'une peau plus ou moins soutenue par des pièces calcaires. Canal intestinal pourvu d'un seul orifice buccal, non armé, mais entouré de suçoirs tentaculifornies. Ovaires rayonnes et s'ouvrant à la marge de la bouche. Ohserv, Cet ordre, extrêmement naturel, correspond pres- que exactement au genre Asterias de Linné. On a cependant été obligé d'y réunir les Encrines, dont cet auteur faisoit des Isis ou des Pennatules. Sa caractéristique ne peut guères porter que, i.** sur la na« ture de la peau , qui est toujours plus ou moins flexible , quoique solidifiée par des pièces calcaires très-diversiformes , et qui, à la face buccale, présentent une sorte de disposition vertébrale, servant en effet à la locomotion ; 2.° sur l'absence d'anus au canal intestinal, qui n'est plus qu'un estomac plus ou moins lobé à sa circonférence; 3.* sur la terminaison cons- tante des ovaires, disposés en rayons, à la circonférence de la bouche. Quant à la forme du corps, il faut convenir qu'elle est souvent très-différente, quoiqu'elle soit toujours au moins régulièrement polygonale ; en effet, ses angles, qui sont quel- quefois très-obtus, peuvent se prononcer au point que, dans la famille des Ophiures et des Comatules, ce sont de vérita- bles appendices en forme de longs rayons, quelquefois même divisés ou dichotomisés. C'est cette disposition qui a fait com- parer ces animaux à des étoiles , et qui leur a valu le nom d'asterias, Nous avons parlé des principaux points de l'organisation des Stellérides dans les généralités sur les Actinozoaires. Nous nous bornerons à faire observer que ces animaux sont évidem- pient plus inférieurs que les Échinides , puisque l'appareil nutritif est considérablement simplifié, n'y ayant plus de ma^se buccale, plus d'intestin proprement dit, plus d'anus, 234 plus de cœur, et encore moins d'appareil respirateur distinct. Aussi les fonctions de ces animaux offrent-elles des dififérences analogues. ' On trouve des Stellérides dans toutes les mers et génëra- le-nent sur les rivages; mais en plus grand nombre cependant dans les mers des pays chauds. Toutes jouissent de la faculté de locomotion générale à un assez haut degré; il faut cependant en excepter les Comatules jusqu'à un certain point, et surtout les Encrines , qui sont constamment fixées. Elles se nourrissent toutes d'animaux morts ou vivans , qu'elles font pénétrer tout entiers dans leur estomac. Au printemps et au commencement de l'été leurs ovaires se gonflent, et elles jettent leur frai dans des lieux convena- bles, et surtout sur \ts plages sablonneuses, exposées au so- leil. C'est ce frai qui , dit-on , rend les moules dangereuses à manger. Nous ne connoissons rien sur le développement des Stellé- rides et sur la durée de leur vie. L'espèce humaine n'en tire aucun avantage que de s'en ser- vir quelquefois comme engrais. Y.ts> auteurs qui se sont le plus occupés de ces animaux , sont Gaëde, Monro, Spix, Delle-Chiaje, pour l'organisation; Link , de Lamarck, pour la connoissance des espèces. Le nombre paroît en être assez considérable; malheureu- sement on les conserve assez difficilement dans les collections, à cause de l'eau de mer qui les imprègne, et qui les rend susceptibles d'attirer long-temps l'humidité de l'air. M. de Lamarck a suivi à peu près les erremens de Link dans la distribution systématique des Stellérides. En faisant concorder l'étude de l'organisation de ces animaux avec celle de leurs mœurs, on peut trouver à l'extérieur de fort bons caractères pour les partager en trois familles bien natu- relles , dans lesquelles les genres sont cependant assez peu nombreux. Quant à la distinction des espèces, les principes qui doi- vent guider, varient assez dans chaque famille , pour que nous devions remettre à en parler à l'article de chacune d'elles. Voici les noms et la table synoptique des familles et des genres rides : 235 ou sous -genres qui constituent Tordre des Stella- Oreillers. stelUforme. I Paluiastéries. Fam. I."^* AsTÉRiDES . (Platastéries. Pentaxtéries. Corps disclforme. Fam. II. AsTÉROPHIDES libres cupuliforme. Fam. III. AsTÉREKCRiNirss^ fixés Solastéries. Ophiure. Euryale. Comatule. ^Encrine. Phytocrine. Pentacrine. Apiocrinite. Potérocrinite. Cyathocrinite. Aotinocrinite. Rhodocrinite. Platycrinite. Carpocrinite. Marsupite. VPentremite. Fam. I/* AsTÉRiDES, Asteridea, Corps large, polygonal ou multilobé, traversé inférieurement par des sillons étendus de la bouche à l'extrémité des an- gles ou des lobes, et contenant plusieurs rangées de suçoirs tentaculiformes. Un tubercule madréporiforme sur le dos. Observ. Cette famille comprend les véritables Astéries, celles que Ton peut souvent comparer, avec assez de raison, à des Etoiles par la manière dont le corps est divisé , plus ou moins profondément, à sa circonférence en cinq lobes ou da- vantage. Astérie, Asterias. Corps régulier, déprimé, stelUforme, pentagonal ou plus ou moins profondément et régulièrement divisé à sa circon- férence en lobes ou rayons , convexe en dessus , constam- ment aplati en dessous, avec autant de sillons profonds, convergeant de la circonférence au centre , qu'il y a d'an- gles ou de rayons ; ces sillons remplis de suçoirs. Bouche centralç. 236 Orijîce des ovaires double pour chaque lobe ou rayon situé à leur base. Un /u&ercu/emadrép cri forme à la partie supérieure du corps. Obser^. J'ai observé un assez grand nombre d'espèces de ce genre à l'état vivant ou conservé dans l'esprit de vin , mais malheureusement le plus souvent desséchées. J'en ai étudié l'organisation avec quelque soin; mais il n'en est pas tout-à-fait de même de leur histoire naturelle, sur laquelle on n'a encore que des renseignemens bien incom- plets. Les unes se meuvent fort peu et très-lentement, comme les espèces de la première section, tandis que d'autres nagent avec vitesse, comme celles de la dernière, et alors elles agi- tent leurs rayons. Toutes sont éminemment carnassières; j'ignore de quels ani- maux elles se nourrissent principalement. Comme il est à peu près certain qu'elles sont pourvues à la fois des deux sexes, il doit y avoir une sorte d'accouple- ment, et en effet Othon Fabricius dit qu'au mois de Mai on les trouve réunies deux à deux, face à face, et d'une ma- nière très-forte. A la même époque on trouve leurs ovaires gonflés d'œufs, qui m'ont paru composés comme ceux des holothuries; mais j'ignore combien de temps ils sont à éclore, à quel état sort le jeune animal, la durée de son accroissement et par con- séquent celle de sa vie. On trouve des espèces d'astéries dans toutes les mers d'Eu- rope, dans la Manche, dans l'Océan et surtout dans la Médi- terranée ; mais les plus grandes existent dans les mers des pays chauds, dans l'archipel Indien et dans l'Amérique méridio- nale. Leur distinction est véritablement assez difficile; d'abord parce qu'il est fort rare qu'elles existent bien complètes dans nos collections, et surtout parce qu'elles y sont desséchées et par conséquent entièrement décolorées. Les figures assez nom- breuses qui ont été données dans les ouvrages de Link et de Séba, copiées dans l'Encyclopédie méthodique, ont été faites d'après des exemplaires desséchés. 2â7 Le meilleur caractère que nou5 ayons encore trouvé pouf distinguer les astéries, est la forme du tubercule madrépori- forme de leur dos; tubercule qui est certainement en rapport avec la génération, mais dont nous ignorons encore l'usage spécial. Le nombre des espèces de véritables astéries actuellement connues, soit récentes, soit fossiles, est assez considérable pour nécessiter entre elles une distribution systématique qui en puisse faciliter la connoissance. Celle que nous proposons, qui est à peu près celle de Link, est jusqu'à un certain point artificielle; cependant, dans bien des cas, elle les groupe assez naturellement et dénote même des mœurs et des ha- bitudes un peu différentes. Elle repose essentiellement sur la forme générale du corps , pentagonal , pentalobé ou pluriradié , et dans ce dernier cas, en ayant égard au nombre des rayons. A. Espèces dont le corps est pentagonal et peu ou point lolé à sa circonférence ; les angles étant fissurés, (Les Oreillers.) L'Astérie lune : Asteria luna ^ Linn., Gmel., p. 3 160, n." i; d'après Linné, Aman. acad. ^ 4, p. 266, t. 3, fig. 4. L'A. discoïde: a. dioscoidea, de Lamk., Anim. sans vert., tom. 2 , pag. 554, n.° 7 ; cop. dans l'Enc. méth., pi. 97 , fig. 3, et pi. 99, fig. 1. (Atlas, pi. 25, fig. 1.) L'A. GRANULAIRE : A. granularis , Linn., GmeL , p. 0164, n." 28; diaprés Retzius, iNot^. act. Stockh., 1783 , p. 23i , n.°j; Link, Stell. mar.<, p. 20, tab. i3, fig. 22. L'A. PENTAGONULE; A, pentagonula , de Lamk. , loc. cit., n.^Q. B. Espèces pentagonales , minces et comme membraneuses. (G. Palmipes, Link; les Palm astéries.) L'A. patte-d'oie : A. memhranacea, Linn., Gmel., p. 8164, n.** 27; d'après Retzius, JSov. act, Stockh. , 1783, p. 236, n.** 6; Link , tab. 1 , fig. 2. (Atlas, pi. 23 , fig. 2.) L'A. rosacée : A. rosacea, de Lamk., ibid,, n." 19 ; cop. dans l'Enc. méth., pi. 99, fig. 2, 5. L'A. éperon; a. calcar , de Lamk., n.® 17. L'A. coussinet : A,pulvillus, Linn., Gmel., p. 3 160, n." 18; d'après Muller, Zool, Dan,, 1, pag. 64, n.°26, tab. 19, fig. 1 et 2 ; cop. dajis l'Enc. méth. , pL 107, fig. 1 à 3. ^38 C. Espèces quinquélohées et non articulées à la circonférence 6 L'i\sTÉRiE EXIGUË: A. minuta, Linn. , Gmel., page 3i64, ii.° 4; cop. dans l'Enc. méth., pi. loo, fig. i , 2, 3. L'A. GiBBELSE : A. gihhosa , Penn., Brit, zool. , 4, îi." 62 j Pentaceros gibbus plicatus , Link, Stell. , p. 26, t. 3, n.** 20. L'A. gentille; a. pulchella, de Blainv. , Faune franc., Acli- noz. (Atlas, pi. 23, fig. 3.) Petite espèce de la Méditerranée, ayant beaucoup de rap- ports avec VA, minuta, Linn., avec laquelle elle a été con* fondue. D. Espèces pentagonales et plus ou moins lobées et articulées à leur circonférence, (Les Schtastéries , ou Plat astéries.) L'A. PARQUETÉE : A. tessellata, de Lamk. , loc, cit., p. 552, n.**i ; Link, Stell. mar., t. 24, fig. 39; copiée dans l'Enc. méth., pi. 97, iig. 1 , 2 , et Link, tab. 20, n.** oy. (Atlas, pi. 25, fig. 4.) L'A. ÉQUESTRE :